Une pharmacie au Liban. Photo OLJ/Joao Sousa
Le ministère de la Santé libanais a lancé lundi la version actualisée de son application gratuite MOPH, qui permet désormais de vérifier le prix et l’authenticité des médicaments « en un clic » ou « en une seule touche ». Ce lancement a eu lieu dans les locaux du ministère, en présence du ministre de la Santé publique, le Dr Rakan Nassereddine, ainsi que des représentants de l’Union européenne et de l’Organisation mondiale de la santé, partenaires de l’initiative.
L’objectif de cette fonctionnalité est « de lutter contre la contrefaçon et l’importation illégale de médicaments susceptibles de représenter un danger pour la santé publique », un fléau qui sévit depuis de nombreuses années au Liban, et particulièrement depuis la crise financière de 2019. Le Syndicat des importateurs de médicaments et des propriétaires de dépôts au Liban (LPIA) a salué dans un communiqué le lancement de l’application, qui a été « développée et lancée en partenariat avec le syndicat ». MOPH offre également la possibilité de géolocaliser les établissements de santé les plus proches, de se tenir informé des dernières actualités en matière de santé et d’obtenir des informations sur les garderies, selon un communiqué du ministère de la Santé.
Historique du médicament
Le ministère a publié un tutoriel d’utilisation de l’application sur son site : https://www.moph.gov.lb/. Concernant le volet dédié à la différenciation des médicaments authentiques de ceux issus de la contrebande, la nouvelle version de l’application du ministère de la Santé (MOPH) permet en théorie « de suivre l’historique des médicaments », c’est-à-dire le lieu et la date de fabrication ainsi que la date d’importation, via le système de traçabilité MediTrack.
« Chaque personne peut saisir le code-barres bidimensionnel d’un médicament et s’assurer de son enregistrement et de sa date d’expiration auprès du ministère de la Santé », a expliqué à L’Orient-Le Jour le président de l’Ordre des pharmaciens du Liban, le Dr Abdel Rahman Markabaoui, saluant au passage les nouvelles fonctionnalités de l’application.
Cela garantit également que le médicament est « soumis au contrôle du ministère de la Santé publique et dûment enregistré conformément aux procédures en vigueur », précise le communiqué. Une garantie de qualité des produits. « L’application permet aussi de connaître le prix réel d’un médicament – qui est réglementé par le ministère au Liban. Au cas où le prix n’est pas à la portée du patient, une liste de médicaments fabriqués localement et de génériques est alors disponible », a-t-il ajouté. « Cette initiative protège les pharmaciens intègres et les importateurs de médicaments respectueux de la législation. Elle protège aussi les patients », relève le pharmacien Nadim Abou Fadel, également membre du Conseil de l’Ordre.
Le déclenchement de la crise économique en 2019, marqué par l’effondrement de la livre libanaise, a entraîné l’essor fulgurant de la contrebande de médicaments, profitant du vide laissé par la disparition de certaines marques dans les pharmacies. « Avec l’importation illégale de médicaments de Turquie, d’Égypte, d’Iran et de Syrie, le marché de la contrebande avait alors atteint 50 à 60 % du volume du marché du médicament », détaille le Dr Markabaoui, assurant qu’il ne représente pas plus de 20 % aujourd’hui. Il n’existe cependant pas de données officielles actualisées sur l’ampleur du phénomène.
En mai dernier, un vaste réseau impliquant des médicaments contrefaits ou périmés a également été découvert. Il s’agit généralement de particuliers introduisant dans des valises ces médicaments importés de l’étranger, de trafiquants sévissant sur les réseaux sociaux ou parfois de pharmaciens soutenus politiquement. En septembre, les procédures de dédouanement des marchandises ont été durcies à Beyrouth et à Tripoli à la suite d’une décision du ministère des Finances après la saisie de plusieurs cargaisons de marchandises illégales, notamment de drogues et de médicaments de contrebande.
Le LPIA assure de son côté que la lutte contre la contrebande « constitue une priorité absolue » et a réaffirmé son engagement à coopérer totalement avec le ministère de la Santé publique et l’ensemble des parties concernées, afin de renforcer la confiance dans le marché pharmaceutique légal, de protéger la santé des citoyens et de refonder un système pharmaceutique libanais sûr, transparent et conforme à la loi.



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04 h 40, le 16 décembre 2025