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L'armée israélienne prête à coopérer avec Riyad pour "faire face à l'Iran"

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Gadi Eisenkot indique qu'Israël "n'a aucune intention de lancer une offensive contre le Hezbollah au Liban".

OLJ/AFP
16/11/2017

Israël est prêt à coopérer et à échanger des renseignements avec l'Arabie saoudite "pour faire face à l'Iran", a déclaré le chef d'état-major israélien Gadi Eisenkot dans un rare entretien, publié jeudi, avec le site d'informations Elaph, un média arabe indépendant, fondé par un homme d'affaires saoudien et basé en Grande-Bretagne.

"Nous sommes prêts à échanger notre expérience et les informations provenant du renseignement avec les pays arabes modérés pour faire face à l'Iran", a déclaré le lieutenant-général Eisenkot au site Elaph, qui avait été bloqué à Riyad entre 2006 et 2009. "Nous sommes prêts à partager l'information si nécessaire", a-t-il insisté alors qu'Elaph lui demandait si Israël avait partagé du renseignement récemment avec Riyad.

Un responsable de l'armée israélienne a confirmé à l'AFP la teneur des propos de l'officier. Il a ajouté que l'entretien, effectué à Tel-Aviv avec un correspondant du site d'informations privé, était le premier du genre pour un chef d'état-major en exercice avec un média arabe depuis 2005.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre les deux poids lourds de la région, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite. L'Arabie saoudite n'a pas de relations diplomatiques avec Israël. L'Iran est quant à lui le grand ennemi d'Israël.

Les dirigeants israéliens répètent à l'envi que le renforcement iranien et les inquiétudes qu'il suscite parmi certains pays de la région créent une nouvelle convergence d'intérêts. Ils laissent entendre qu'il pourrait conduire à une reconfiguration diplomatique dans une région où seuls deux pays arabes, la Jordanie et l'Egypte, ont fait la paix avec Israël.

"Avec le président Donald Trump, il y a la chance d'une nouvelle alliance internationale dans la région et d'un plan stratégique majeur pour faire cesser la menace iranienne", a dit le général Eisenkot.

 

(Lire aussi : Israël va-t-il s'inviter dans la danse de mort régionale ?)

 

"Aucune intention" de frapper le Hezbollah au Liban
Dans cet entretien, Gadi Eisenkot a accusé l'Iran de "déstabiliser la région en construisant des usines de fabrication d'armes et en faisant parvenir des armes modernes à des groupes terroristes à travers le Moyen-Orient". "Téhéran veut prendre le contrôle du Moyen-Orient, en créant un croissant chiite du Liban jusqu'à l'Iran et du Golfe persique jusqu'à la Mer rouge, a-t-il poursuivi. Nous devons prévenir cela".

Le général israélien a toutefois indiqué que son pays "n'a aucune intention de lancer une offensive contre le Hezbollah au Liban". "Mais nous ne pouvons pas accepter les menaces stratégiques venues de là-bas", a-t-il ajouté. "Je suis très heureux de voir régner le calme de part et d'autre de la frontière depuis 11 ans (et la guerre du Liban de 2006). En revanche, nous assistons à des tentatives iraniennes d'escalade", a-t-il dit.


Les propos du général israélien interviennent deux jours après des informations rapportées par le quotidien israélien Jerusalem Post et selon lesquelles le ministre israélien des Communications, Ayoub Kara, a invité le Grand mufti d'Arabie saoudite, Abdel Aziz al-Cheikh, à se rendre en Israël. "J'invite le mufti à se rendre en Israël où il sera accueilli avec tous les honneurs", a affirmé le ministre israélien. Celui-ci a également salué, selon le Jerusalem Post, les propos du mufti condamnant "la guerre et l'assassinat des juifs".

Israël promeut avec insistance l'idée que l'influence de l'Iran et les nouvelles réalités régionales annoncent une embellie de ses relations avec les pays arabes. Une reconnaissance d'Israël par ces pays arabes paraît encore lointaine, mais cela n'empêche pas l'émergence de discrètes coopérations, selon experts et responsables. Ces coopérations sont très difficiles à confirmer de manière indépendante tant le sujet est sensible.

Ces propos interviennent, en outre, quelques jours après la démission surprise du Premier ministre libanais, Saad Hariri, depuis Riyad. Cette démission a très rapidement été perçue comme un nouveau bras de fer entre Riyad et Téhéran. Le chef du gouvernement démissionnaire, protégé de Riyad, a plusieurs fois dénoncé les ingérences de l'Iran et du Hezbollah dans les conflits qui ravagent le Moyen-Orient, notamment en Syrie et au Yémen. Dimanche, dans une première interview télévisée depuis sa démission, il avait évoqué la possibilité de revenir sur sa démission, à condition que le Hezbollah cesse d'intervenir dans les conflits régionaux.

Mercredi, le président iranien Hassan Rohani avait dénoncé l'ingérence "flagrante" et "sans précédent" de Riyad "dans un pays comme le Liban", en poussant son Premier ministre à démissionner. "Il est choquant qu'un pays musulman demande à Israël de bombarder le Liban", a-il également déclaré en référence à certaines informations faisant état d'un rapprochement entre l'Arabie saoudite et Israël. "Ce comportement tend à montrer que les gens qui dirigent ce pays (l'Arabie saoudite, ndlr) sont immatures", a-t-il ajouté.

Et la semaine dernière, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait lancé une attaque verbale virulente contre l'Arabie saoudite, répétant que celle-ci a forcé le Premier ministre libanais. Le leader chiite avait également affirmé que Riyad a demandé à Israël de frapper militairement le Liban.

 

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Talaat Dominique

l'arabie saoudite a jeté son masque
la traitrise est là

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,IRAN A PRIS LA PLACE D,ISRAEL COMME ENNEMI NUMERO 1 DES ARABES...

Fredy Hakim

Et la boucle est bouclée! C'est une forte envie qui ronge nos amis petro-monarchiques depuis longtemps! Mais nous avons le devoir de leur rappeler notre propre experience au Liban de "coopération" avec Israel et du prix fort que nous avons payé!

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