Portrait présumé du commandant de la force al-Radwan, Ahmad Ballout. Photo tirée des réseaux sociaux
Tué mercredi dernier dans une frappe israélienne ciblée contre un appartement à Ghobeiry, dans la banlieue sud de Beyrouth, le corps d'Ahmad Ghaleb Ballout a-t-il été exhumé des décombres ? Des informations en ligne assurent lundi que la dépouille du commandant de la force al-Radwan, unité d’élite du Hezbollah, aurait été retrouvée par les secouristes. Plusieurs portraits présumés de la victime ont même été publiés par certains comptes iraniens, israéliens ou libanais, sur les réseaux sociaux.
Contactée par L'Orient-Le Jour, une source au sein du Comité sanitaire du Hezbollah révèle que six victimes ont été retrouvées sur les lieux de la frappe, deux le jour même de l'attaque et quatre dimanche. Interrogée sur la présence de Ballout parmi les victimes, cette source explique que les dépouilles ont été envoyées à l'hôpital pour des tests ADN, qui ne sont pas encore sortis. Contacté, un porte-parole du ministère de la Santé a affirmé ne pas disposer de détails sur le nombre de victimes de la frappe sur Ghobeiry.
La frappe de mercredi dernier est la première attaque contre la banlieue sud de Beyrouth depuis le cessez-le-feu. Très peu d’informations sont disponibles sur Ahmad Ballout, dont le nom de guerre pourrait être Malek, à en croire l'un de ses portraits publiés sur les réseaux sociaux.
Selon Ella Waweya, porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ahmad Ballout avait occupé, au fil des années, « une série de postes au sein de l’unité al-Radwan, notamment celui de commandant des opérations ». Elle a également indiqué que, durant la guerre et en particulier récemment, il avait dirigé « des opérateurs de la force al-Radwan et conduit des dizaines d’attaques contre les forces israéliennes au Liban-Sud, notamment des tirs de missiles antichar et l’utilisation d’engins explosifs improvisés ». De son côté, une source proche du Hezbollah citée par la chaîne al-Jazeera la semaine dernière affirmait que « Ballout ne fait pas partie des figures importantes de la structure militaire du groupe ».
L'unité al-Radwan est considérée aujourd'hui comme une unité d'élite du Hezbollah. Ce commando serait né dans les années 1990. Initialement nommée Force rapide d’intervention, Unité d’intervention ou encore Unité 125, l'unité a été rebaptisée al-Radwan, du nom de guerre de Imad Moghniyé, également connu sous le nom de Hajj Radwan, haut commandant du Hezbollah qui avait été tué dans un attentat en Syrie en 2008.
Israël avait assassiné, en novembre 2025, le chef militaire Haïtham Ali Tabatabaï, qui occupait à l'époque les fonctions de commandant d'al-Radwan, et était recherché par les autorités américaines. Outre ce responsable, d’autres importants cadres militaires du Hezbollah ont été tués en 2025, dont Hassan Kamal, responsable des missiles antichars sur le front sud, ou encore Khodr Saïd Hachem, responsable de la force navale de l’unité d’élite al-Radwan, selon un rapport de l’armée israélienne publié en décembre 2025.

