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Au Ritz-Carlton de Riyad, pas de réservation possible avant... février 2018

Arabie saoudite

Une purge royale et une "prison cinq étoiles".

OLJ/AFP/Anuj CHOPRA
10/11/2017

Il y a quelques semaines, le gratin du business mondial se réunissait sous les chandeliers de ses salles de bal. Aujourd'hui, après des purges sans précédent en Arabie saoudite, le palace Ritz-Carlton de Riyad semble s'être transformé en prison... dorée.


Le procureur général saoudien avait promis dimanche qu'il n'y aurait pas de traitement spécial pour les personnes interpellées au sein des cercles du pouvoir dans le cadre d'une enquête anticorruption. Parmi les suspects figurent des ministres, ex-ministres ou le prince milliardaire Al-Walid ben Talal. Mais, ironisaient des internautes sur les réseaux sociaux, l'hôtel Ritz-Carlton avec ses suites majestueuses, ses corridors aux tons pastels et ses statues en bronze semble bien loin des prisons traditionnelles réservées au commun des Saoudiens.
"Prenez-nous avec vous!" plaisantaient certains internautes se disant rêveurs de connaître un tel luxe. D'autres spéculaient sur qui sera ajouté à la "liste d'invités".

Les personnes arrêtées, membres de l'élite saoudienne, "sont aussi douces que du beurre et ne pourraient pas survivre dans une prison classique", a écrit un Saoudien sur Twitter.

 

(Lire aussi : Purge en Arabie : quand les réseaux sociaux se mêlent de politique)


Plus de 200 personnes sont retenues et interrogées pour des faits présumés de corruption d'un montant évalué à 100 milliards de dollars (86,1 milliards d'euros), selon le procureur général saoudien.
Il est impossible de savoir combien de suspects seraient détenus au Ritz-Carlton.
Des voitures de police entourent le complexe hôtelier dont l'imposant portail d'entrée reste clos. Sur le site du palace, un message indique que "les lignes téléphoniques de l'hôtel sont coupées pour l'instant et jusqu'à nouvel ordre".

 

(Lire aussi : Qui sont les hommes visés par la purge en Arabie ?)

 

Hôtel indisponible
Officiellement, aucune information n'a filtré sur la durée de détention des suspects avant une éventuelle inculpation puis un procès.
Dimanche, la page de réservation en ligne de l'hôtel indiquait qu'il n'y avait aucune disponibilité jusqu'en décembre. Vendredi, le Ritz-Carlton apparaissait indisponible deux mois de plus, jusqu'en février 2018.
Un homme d'affaires saoudien qui devait y organiser un événement ce week-end a été informé que tout était annulé. La direction lui a adressé le message suivant, a-t-il dit à l'AFP: "En raison d'événements imprévus, l'hôtel a dû héberger une délégation gouvernementale de haut niveau depuis le 4 novembre 2017", le jour de la purge.


Une courte vidéo présentée comme tournée à l'intérieur de l'hôtel circule sur internet et montre des gens dormant sur le sol couvert de couvertures colorées et surveillés par des gardes armés. Selon le New York Times, le lieu filmé serait la salle de ball "B", qui servirait de caserne improvisée pour les gardiens.

 

 


L'arrestation de membres importants de la famille royale a suscité une onde de peur dans le royaume.
Les forces de l'ordre ont bloqué au sol des avions privés, visiblement afin d'empêcher des personnes importantes de quitter le pays, a indiqué une source du secteur de l'aviation, faisant craindre de nouvelles interpellations.


Il y a à peine quelques semaines, le Ritz-Carlton avait accueilli un sommet d'investisseurs pompeusement baptisé le "Davos du désert". Le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, dont l'emprise sur le pouvoir est croissante, y avait présenté d'ambitieux plans de développement économique et promis de favoriser une Arabie saoudite "tolérante" et "modérée", un changement de cap dans ce royaume ultraconservateur qui applique une version rigoriste de l'islam.
Quelques jours plus tard, le 4 novembre, il était nommé à la tête d'une nouvelle commission anticorruption, les purges étaient lancées, changeant également le quotidien du Ritz Carlton.

 

Lire aussi

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