Culture

Dans la forêt éternelle de Michel Pelloille...

Exposition

À l'espace 3 Beirut et à l'initiative de Fadi Mogabgab, une sélection des peintures de l'artiste français autour d'un thème unique : les arbres.

13/10/2017

On entre dans l'espace 3 Beirut comme on entre dans une forêt enchantée. Impressionnants par leurs dimensions, les tableaux de Michel Pelloille invitent les visiteurs à plonger, la tête la première, entre les couches de peinture, de résine et d'autres matières, mais aussi à travers les copeaux de bois, les morceaux d'écorce et autres insectes embourbés dans la toile. Par la représentation de ces arbres et de paysages aux univers surprenants, l'artiste transmet son amour authentique pour le pays du Cèdre.

Cette exposition est le fruit d'une rencontre fortuite il y a une vingtaine d'années, et de l'amitié construite entre deux hommes qui partagent une vision similaire de l'art. Michel Pelloille est mi-français mi-irlandais, Fadi Mogabgab est libanais. C'est à Paris que les deux hommes se rencontrent, et c'est au Liban, dans la maison familiale de Mogabgab, au Chouf, que le peintre, amoureux de la terre et des paysages libanais, trouve un refuge pour son art. Cette demeure devenue résidence d'artistes est, selon le galeriste, un lieu en parfaite concordance avec son approche de l'art. « Quand j'invite des artistes à venir en résidence chez moi, c'est pour qu'ils y travaillent et donnent le meilleur d'eux-mêmes, sans contraintes financières. Ils ne sont pas obligés de faire de la peinture commerciale, des choses nécessairement séduisantes, qui se vendent ou qui sont à la mode. Je ne travaille pas avec des fonctionnaires de l'art. »

À l'entrée de l'exposition, une série de dessins en noir et blanc, réalisés au fusain et selon le procédé de la gravure, se démarque des autres tableaux explosant de couleurs et de lumière, tous plus exubérants les uns que les autres. Ce sont ces traits sur papier, que Michel Pelloille décrit comme « des études », qui ont séduit le galeriste. En effet, si le coup de foudre pour ses toiles ne fut pas immédiat, Fadi Mogabgab a très vite remarqué le « talent flagrant » dans les dessins de Michel Pelloille qui, selon lui, se fait de plus en plus rare aujourd'hui. « Le dessin, c'est le squelette d'un tableau. C'est très important, et aujourd'hui la plupart des peintres ne savent pas dessiner, ils badigeonnent leur toile à l'aveugle », explique-t-il.

Avec sa résidence d'artiste et sa petite galerie à Gemmayzé, ce mécène des arts contemporains tente de lutter contre l'obsolescence générale de notre société qui, à force, a fini aussi par atteindre l'art. Selon lui, une œuvre qui suscite encore des réactions positives après des années est un signe de qualité et de consistance. « Une peinture qui a une véritable richesse n'est pas consommée, digérée et évacuée comme tout autre image que l'on consomme au quotidien, dont l'art fait de plus en plus partie ». Pendant les vingt années qui suivent leur rencontre, la virtuosité de son ami a fréquemment rejoint les attentes de Fadi Mogabgab. N'essayant pas de rentrer dans le moule de l'art d'apparence et de la tendance, la peinture de Michel Pelloille n'est pas facilement accessible. Mais une fois domptée par les yeux des fins observateurs, elle se transforme en interprétation riche de la nature et du patrimoine libanais, résistant à l'épreuve du temps.

* 3 Beirut, Souks de Beyrouth. Jusqu'au 19 octobre, de 14h à 20h.

 

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