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Campus

Laïcité, démocratie et justice sociale au cœur du Secular Club

USJ

Les membres de ce club sont de jeunes étudiants de la génération d'après-guerre.

07/10/2017

« Bâtir une société laïque étroitement liée à la justice sociale, une société où tous les Libanais possèdent les mêmes droits, indépendamment de leur confession et de leur appartenance religieuse, et où les jeunes défendent leurs propres idées et non celles de leurs partis » : tel est le but du Club laïc de l'USJ. Car, pour ses jeunes membres, farouches défenseurs d'une société démocratique, laïcité, droits de l'homme et démocratie, naturellement, sont étroitement liés.

« Il n'est pas du ressort des religieux de parler de politique internationale ou régionale, mais bien plus de foi, de religion et d'amour de l'autre, martèle doucement la présidente du Secular Club de l'USJ, Rim Zargouni, étudiante en 4e année de droit. Or, au Liban, tous les statuts personnels sont régis par les religieux qui posent les lois, décident des cas, traitent des divorces, gèrent les héritages personnels, selon la religion et l'appartenance confessionnelle de chacun, et cela, un grand nombre de jeunes l'ignorent. »

En 2013, les étudiants qui partagent les mêmes valeurs de laïcité décident de créer un club laïc au sein de leur université. Conscients qu'ils ne peuvent pas combattre le confessionnalisme politique, ils remettent en question le confessionnalisme culturel, celui qui défend les droits de chaque confession et non pas les droits communs à tous les Libanais. En partenariat avec le club de débats et le club féministe de l'USJ, ils organisent des débats, éveillent ces jeunes sur des questions qu'ils ignorent souvent et qui ont trait à la religion, le droit commun, la laïcité... Ils invitent un cheikh et un religieux chrétien pour débattre de la question de cette laïcité au Liban, traitent du problème de la censure avec l'association March.

Le but de ces débats ? « Pousser les jeunes de cette génération à sortir de leurs carcans confessionnels et partisans, les inciter à réfléchir en tant que citoyens libanais et non pas en tant que citoyens maronites, sunnites, du 8 Mars ou du 14 Mars, et surtout les éveiller sur l'importance de la laïcité, qui entraîne des valeurs d'égalité et de libertés individuelles. »

 

Penser par soi-même
Il y a un an, les membres de ce club décident de se présenter aux élections de l'université et présentent une liste d'étudiants indépendants pour tester la réceptivité de ces jeunes à cette nouvelle idéologie loin d'un parti politique. Les résultats du scrutin sont surprenants : 3 sièges à la faculté de droit pour les indépendants à la rue Huvelin. « Une vraie réussite pour une jeunesse imprégnée par l'esprit et les idéologies de leurs parents et qui s'accroche à leur parti politique aveuglément », affirme Rim Zargouni.

Encouragés par ces résultats, les membres du Secular Club de l'USJ décident d'élargir leurs relations et s'unissent avec les autres jeunes des clubs laïcs des universités libanaises, qui partagent la même vision et les mêmes buts. Un mouvement d'étudiants qui dépasse le confessionnalisme et l'appartenance à un parti politique précis voit alors le jour. Ces jeunes se sont alors mobilisés tous ensemble en 2015 lors des manifestations qui ont secoué la rue. Ils ont défendu des causes qui les concernent, combattu celles qui leur semblent corrompues : la hausse des taxes, le renouvellement des élections législatives ou encore le problème des déchets.

« Pour la première fois, ces étudiants ont pris conscience de l'existence d'une société civile indépendante, composée de jeunes comme eux, qui éprouvent le besoin de se détacher des idéologies de ces partis et surtout qui tendent vers une nouvelle autonomie et une autre alternative », rappelle la jeune présidente du club de l'USJ. Ils comprennent alors qu'ils doivent commencer par penser par eux-mêmes et remettent en question leur attachement aveugle à leurs leaders qui souvent défendent leurs propres intérêts et non pas celui du peuple.

 

Le changement est-il possible ?
Croient-ils en un changement dans un pays si divisé ? « Oui, répond sans hésiter la présidente du Secular Club de l'USJ. Il y a un nouveau mouvement qui se crée dans cette génération et qui est très prometteur. Il ne faut pas oublier que nous ne faisons pas partie de la génération qui a vécu la guerre comme nos parents, nous ne véhiculons pas les mêmes traumatismes et le même attachement souvent émotionnel à ces anciens leaders. Il est beaucoup plus facile pour nous de nous détacher de tous ces leaders et de réfléchir par nous-mêmes. L'an dernier, nous avons unifié notre mouvement, cette année, nous allons préciser un peu plus notre feuille de route, pour véhiculer une meilleure vision de notre programme à travers les autres universités et dans tout le pays. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes ont compris qu'il est temps de militer pour leur cause et non plus pour un parti. Ils y arriveront à condition de ne pas se laisser décourager par le défaitisme des gens qui pensent que cela ne mènera à rien et que c'est une cause perdue d'avance ! »

Pour en savoir plus sur le Secular Club de l'USJ : https ://www.facebook.com/USJsecularclub/

 

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