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Aoun à l'ONU : Non à la naturalisation des réfugiés et des déplacés au Liban

Liban

"Certains disent +retour volontaire+ des déplacés syriens. Nous disons +retour sécurisé+ et nous faisons une différence entre les deux", insiste le président libanais.

OLJ
21/09/2017

Le président libanais, Michel Aoun, a insisté jeudi à l'ONU sur le fait qu'il était urgent d'organiser le retour des déplacés syriens au Liban vers leur pays, alors que plus d'un million d'entre eux se trouvent au pays du Cèdre en raison du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011. Le chef d'Etat libanais a également répété le refus de son pays de toute naturalisation de réfugiés palestiniens ou de déplacés syriens.

"Le poids que le Liban supporte en raison de la guerre en Syrie dépasse ses capacités, mais le peuple libanais a fait preuve d'humanité et de responsabilité en accueillant les Syriens durant les dernières années", a rappelé le chef de l'Etat libanais, dans une allocution prononcée au siège de l'ONU à New York, dans le cadre de la 72e session de l'Assemblée générale des Nations unies.

"Mais cela a aggravé le chômage au Liban (...) et notre économie a gravement souffert (...)", a ajouté lé président Aoun. "Pour deux Libanais, il y a un déplacé Syrien au Liban", a affirmé M. Aoun.

 

(Lire aussi : À New York, Michel Aoun « esquive » Donald Trump)

 

"Retour volontaire" contre "retour sécurisé"

"Il est urgent d'organiser le retour des déplacés syriens" dans leur pays, a-t-il insisté.

"Certains disent +retour volontaire+ des déplacés syriens. Nous disons +retour sécurisé+ et nous faisons une différence entre les deux, à l'instar du groupe de soutien au Liban", a rappelé le président libanais.

"Nous parlons de déplacés et non de réfugiés, car ces individus sont venus en masse au Liban, sans l'accord du pays hôte. Actuellement, 85% du territoire syrien est sous contrôle du gouvernement. Et ce gouvernement est en train de conclure des accords de réconciliation avec les villages rebelles", a fait savoir le président Aoun.

Le chef de l'Etat libanais a ainsi répondu, sans le mentionner, au président américain, Donald Trump, qui a appelé lors de son discours à l'ONU, mardi, à la "relocalisation" ("resettlement") des déplacés dans "les zones proches de leur pays".

En plus des déplacés syriens, le président Aoun a rappelé que "le Liban supporte le fardeau de 500.000 réfugiés palestiniens qui ont été expulsés de leur pays depuis 69 ans, alors que l'Unrwa (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) est sur le point de s'effondrer, et nous ne voyons aucune volonté de la part de l'ONU d'assurer la mise en place de la solution à deux Etats, palestinien et israélien". "Cela vise à (...) naturaliser les réfugiés, chose à laquelle le Liban s'oppose. Qu'il s'agisse de réfugiés ou de déplacés, quel qu'en soit le prix. La décision concernant cette question revient au Liban et à nul autre", a-t-il martelé.

 

(Lire aussi : Aoun s’entretient avec Abbas et Abdallah de Jordanie)

 

11 Septembre

Le président libanais a entamé son discours en saluant les familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001 perpétrés contre les Etats-unis par el-Qaëda. 

"Il y a seize ans, avaient lieu les attentats du 11 Septembre. Nous réitérons notre solidarité avec les familles des victimes des ces attentats. Ces attaques ont signé le début de la guerre contre le terrorisme, ce qui a enflammé de nombreux pays du Moyen-Orient", a dit le président Aoun. 

"Ce terrorisme a par la suite frappé sur les cinq continents, faisant fi de toutes les règles internationales. Nul ne sait quand ou comment ce terrorisme prendra fin. Le Liban était voué à tomber entre les mains de ce terrorisme mais il s'en est sorti grâce à son unité nationale, en dépit des dissensions politiques internes, car nul n'a transgressé la ligne rouge, préservant les Libanais et leur sécurité, malgré des attaques terroristes contre certains villages", a-t-il ajouté.

"Le Liban a remporté des victoires éclatantes contre les organisations terroristes, telles que Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique), Al-Nosra (ex-branche syrienne d'el-Qaëda, actuellement nommée Fateh el-Cham) et autres", a insisté le président Aoun. Il a ainsi évoqué la victoire de l'armée libanaise contre les jihadistes de l'EI à la frontière syrienne, le mois dernier, mettant fin à la présence armée de ces jihadistes au Liban qui, selon le chef de l'Etat, s'étaient infiltrés parmi les déplacés syriens.

Le président Aoun a ensuite passé en revue les nombreuses violations israéliennes contre le Liban, en dépit de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU. Le chef de l'Etat libanais a rappelé que son pays a porté plainte à plusieurs reprises contre ces violations, mais a dénoncé l'inaction de l'ONU. 

Enfin, le président Aoun a présenté à l'ONU la candidature du Liban pour être un "centre permanent pour le dialogue entre les civilisations, les religions et les races", en tant qu'institution onusienne.

A l'issue de son discours, le président Aoun s'est entretenu avec le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

M. Gueterres a exprimé le soutien de l'ONU au Liban et a estimé que la coopération entre la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) et l'armée libanaise est un acquis nécessaire pour que le Liban puisse exercer sa souveraineté sur la totalité de son territoire. Le patron de l'ONU a également espéré une coordination entre l'organisation et Beyrouth en matière de sécurité et d'application de la résolution 1701.

Le président Aoun a pour sa part assuré que le gouvernement libanais comptait accroître le nombre de ses militaires au Liban-Sud aux côtés de la Finul.

 

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DAMMOUS Hanna

Définition de l'ONU:
l'ONU est une organisation qui sert comme un tremplin pour employer et rémunérer des hommes politiques en déclin et empêcher leur éventuelle nuisance interne ou garder leur adhésion, quand on ne leur trouve plus de place dans les ministères des affaires étrangères. Ils rédigent des textes qui soutiennent la politique des forts et des textes sans mise en œuvre pour faire plaisir aux faibles.

Chammas frederico

Insensé de penser que le Liban pourrait "naturaliser , en masse. Palestiniens et syriens...sans exploser"
Ce pays vit déjà dans un équilibre précaire entre communautés, du fait de la différence des taux de natalité de ces communautés...injecter une masse de "nationalisés palestiniens et syriens" romprait définitivement l'équilibre et conduirait le pays à la syrianisation
Mais qui donc est derrière cettee idée absolus urne...et à qui profiterait un tel "crime"?

C.K

Il a déjà pactisé avec le diable une fois, résistera t'il à renflouer les comptes familiaux contre la natura

Ma Fi Metlo

Confions ce dossier aux LIBANAIS, les vrais , ceux qui se mouillent la chemise , ceux qui ont les cartes de la résistance entre les mains , ceux qui sentent et se sacrifient pour le Liban, ceux qui connaissent mieux que quiconque ce qu'il faut faire, et le problème sera résolu demain matin l'aube .

Quel onu quel machin ??? Perte de temps , les VAINQUEURS ont les cartes entre leurs mains qu'ils les jouent à fond . Et au diable trump-pète , l'amérique l'angletere ou la France , ces pays sont de meche avec les bacteries wahabites , ils dlirtent avec elles , comment voudraient ils penser a nos interets de libanais , je parle des vrais de vrais .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE PETIT LIBAN A PARLE PAR LA BOUCHE DE SON PRESIDENT ... MAIS HELAS, DANS LE MONDE LA RAISON DU PLUS FORT EST TOUJOURS LA MEILLEURE !

Antoine Sabbagha

Bravo pour ce Non à la naturalisation des réfugiés et des déplacés, quel qu'en soit le prix, oui le Liban ne peut plus supporter ce nombre de syriens .

Sarkis Serge Tateossian

L'ONU ...(tous parlaient de conflits)
Contrairement à tous les autres chefs d'état du monde, le président libanais a mis en évidence la principale préoccupation du pays, à savoir le défi d'organiser le retour des réfugiés (déplacés, peut-être plus juste).

Il a raison le chef de l'état de souligner également la générosité du pays et le sens d'humanisme qu'il a fait preuve, envers les syriens en difficultés.

Il est dans l'intérêt de tous les réfugiés de regagner leur patrie en toute sécurité, c'est leur droit premier et leur espérance surement....il y va également de l'intérêt vital du Liban, car notre cher patrie ne pourra pas supporter une telle charge supplémentaire, hélas.

Imaginons, quelques 18 millions de réfugiés arrivés en masse en deux ans en FRANCE...
Que se passera-t-il ?

Sans compter que le Liban est infiniment moins riche et moins organisé de point de vu des infrastructures d’accueil.

Voilà à quoi le chef de l'état parlait ...à l'ONU

En toute fraternité envers nos voisins, Syrie et autres

Espérons pour le Liban et la Syrie des jours meilleurs et moins pénibles.
Vive le Liban

Bouez Chahine

Ö combien, le général de Gaulle, avait raison de nommer le 10 septembre 1960 à Nantes l'ONU : "Le machin qu'on appelle ONU". Son prédécesseur SDN, basé à Genève n'avait pas empêché le 2ème Guerre mondiale et l'ONU n'a empêché aucune des guerres qui se déroulent de temps en temps à travers le monde. Si les Libanais attendent que l'ONU intervienne pour le retour des déplacés Syriens chez eux, ils peuvent attendre que l'herbe repousse.

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