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Économie

Le gouvernement force la main de la DDA sur le dossier des barges

Électricité

La Direction des adjudications est tenue de lancer au plus vite l'appel d'offres pour la location des navires-centrales malgré les irrégularités relevées dans le cahier des charges.

16/09/2017

Le feuilleton du dossier des navires-centrales s'est-il terminé en queue de poisson ? C'est en tout cas l'impression dégagée par la décision prise jeudi par le Conseil des ministres d'ordonner à la Direction des adjudications (DDA) de lancer l'appel d'offres pour la location temporaire de deux barges de 400 mégawatts chacune pour combler le déficit de production d'Électricité du Liban.

« Le Premier ministre, Saad Hariri, a demandé hier au directeur de la DDA, Jean Ellieh, de lancer la procédure au plus vite en se basant sur le cahier des charges adopté le 24 août par le Conseil des ministres », a indiqué une source proche du dossier à L'Orient-Le Jour. « La DDA est désormais tenue de s'exécuter sans tenir compte des irrégularités qu'elle avait elle-même relevées dans le cahier des charges élaboré par le ministère de l'Énergie et de l'Eau. Ce qu'elle va certainement faire », a ajouté la source précitée. « La décision d'un ministre a donc primé sur le respect des règles de procédure », lâche-t-elle.
La DDA n'était pas joignable pour répondre aux questions de L'Orient-Le Jour, tandis que le service de presse du ministère de l'Énergie s'est contenté de renvoyer à la décision du Conseil des ministres. Contacté par L'Orient-Le Jour, le ministre d'État à la Planification, Michel Pharaon, déplore pour sa part « la politisation du dossier » et demande qu'il soit « géré avec plus de transparence ».

 

(Pour mémoire : Navires-centrales : l'appel d'offres relancé... mais sans garanties)

 

Modifications rejetées
La location de navires-centrales est l'un des axes du plan de « sauvetage » du secteur de l'électricité approuvé par le Conseil des ministres fin mars. La mise en œuvre de cette solution, jugée trop coûteuse par plusieurs responsables, a fait l'objet d'un premier appel d'offres piloté dès avril par le ministère de l'Énergie et annulé au courant de l'été par le Conseil des ministres, après que la DDA a souligné que le cahier des charges enfreignait à plusieurs reprises le code des marchés publics. La DDA avait notamment constaté que le cahier restait trop favorable à l'un des candidats. Selon plusieurs sources concordantes, il s'agirait de l'opérateur turc Karadeniz à qui l'État loue deux barges depuis 2013 et jusqu'en 2018.

Affirmant tenir compte de ses remarques, le Conseil des ministres a alors ordonné le 24 août au ministère de l'Énergie d'inclure certaines modifications dans le cahier des charges avant de le soumettre à un nouvel examen de la DDA. Mais le document modifié a reçu peu ou prou la même appréciation que le premier avant d'être renvoyé au ministère fin août. La question, qui n'était pas programmée à l'ordre du jour de jeudi, a ensuite fait l'objet d'un débat houleux en Conseil des ministres. « Le ministre de l'Énergie, César Abi Khalil, a simplement présenté un extrait des conclusions de la DDA, laissant les ministres opposés au projet avec peu d'éléments pour juger de la gravité des irrégularités soulevées », a encore dit la source précitée.

« Le plus grave, c'est que le Conseil des ministres a également refusé de tenir compte des modifications proposées par la DDA et qui auraient eu pour effet de renforcer la concurrence entre les candidats », poursuit-elle. La DDA aurait par exemple proposé d'étendre le délai de remise des offres à 1 mois et demi (au moins) au lieu de trois semaines ou de retirer certains documents administratifs jugés inutiles au regard des exigences légales pour ce type de marché public. « Certains documents sont tout simplement impossibles à obtenir dans des délais inférieurs à trois mois, ce qui démontre clairement que le cahier des charges a été rédigé pour correspondre à l'offre de l'un des candidats », s'indigne encore la source.

Il reste que la DDA devrait, sauf surprise, lancer le nouvel appel d'offres dès qu'elle aura reçu « une demande rédigée par le ministère de l'Énergie qui la déresponsabilise sur le plan légal vis-à-vis des infractions au code des marchés publics qu'elle va devoir enfreindre », toujours selon la source précitée. M. Abi Khalil a affirmé hier sur la LBCI que les documents nécessaires avaient été envoyés hier en fin de journée – tandis que la DDA ferme ses portes à 14h le vendredi.

Si aucune estimation officielle n'a circulé concernant le montant de ce marché, plusieurs sources concordantes ont évoqué un montant proche de 2 milliards de dollars sur cinq ans, carburant exclu.

 

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Saliba Nouhad

Le hic de l'histoire, c'est de tourner autour du pot et ne pas expliquer c'est quoi le problème au juste!
Irrégularités, absence de compétition, un seul candidat qui impose donc les prix faramineux qu'il veut, des ministres au comportement louche, et qui trouvent la facture à payer justifiée, et le cirque continue....
Corruption, magouilles, dessous de table, sont devenus la norme dans notre pays et vous avez le choix: soit vous criez dans le désert, soit vous rejoignez le bal, car le renard passe passe, à chacun à son tour, avec impunité garantie!

NAUFAL SORAYA

Ah, ces sempiternelles magouilles...

Marionet

Ça, c'est ce qu'on appelle le respect des process ! En somme, la DDA est là pour faire "joli sur la photo" mais faut pas qu'elle s'mêle de ce qui la regarde.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DE L,ARGENT JETE PAR LA FENETRE ET QUI VA GONFLER LA DETTE DEJA DANGEREUSE ET QUI RISQUE D,EXPLOSER EN FAILLITE !

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