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Le gouvernement nomme la commission chargée de superviser les législatives

Liban

Nouvelle réunion prévue dimanche à 18h afin de poursuivre l'étude du dossier de l'électricité.

M. K. | OLJ
14/09/2017

Le gouvernement libanais présidé par Saad Hariri a tenu jeudi un Conseil des ministres au palais de Baabda, sous la présidence du chef de l'Etat, Michel Aoun, abordant 34 points inscrits à son ordre du jour. Lors de cette réunion, la commission de supervision des élections législatives prévues en mai 2018 a vu le jour. Cette décision a été prise en dehors de l'ordre du jour.

L'annonce a été faite à l'issue du Conseil par le ministre de l'Information, Melhem Riachi. La commission sera présidée par Nadim Abdelmalak, et Nohad Jaber a été nommé vice-président. Les autres membres sont : Aouni Ramadan, Philippe Abi Akl, Mouaffak Yafi et Atallah Ghacham.

Le vice-Premier ministre et ministre de la Santé, Ghassan Hasbani, affilié aux Forces libanaises, avait insisté avant le début du Conseil sur la nécessité de former cette commission. Le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, a assuré pour sa part que les obstacles apparus lors des discussions autour de la nouvelle loi électorale ont été surmontés au sein de la commission gouvernementale en charge du sujet.

Le leader des FL, Samir Geagea, a publié de son côté un communiqué dans lequel il a appelé à adopter le préenregistrement des électeurs, afin de pallier la non-adoption des cartes électorales magnétisées qui coûteraient 130 millions de dollars, selon le leader chrétien.

Quant à la question des élections législatives partielles qui devraient se tenir à Tripoli et dans le Kesrouan afin de pourvoir les sièges vacants de Michel Aoun (élu président de la République le 31 octobre 2016), de Robert Fadel (qui a présenté sa démission le 30 mai 2016) et de Badr Wannous (décédé le 5 janvier 2017), le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk, a fait savoir que la question n'a pas été débattue, "faute de temps".

 

(Lire aussi : Réformes électorales : des débats techniques pour des motifs politiques ?)

 

Enquête "nécessaire"
En début de séance, le président Aoun a abordé la victoire de l'armée libanaise à l'issue de l'opération de "L'aube des jurds", qui a permis de chasser les jihadistes du groupe Etat islamique, fin août dernier, retranchés à la frontière libano-syrienne depuis plusieurs années. Un accord controversé avait été conclu entre le Hezbollah et les jihadistes. Cet accord a permis l'évacuation de ceux-ci vers la Syrie, en échange d'informations qui ont permis de localiser les corps de dix militaires libanais qui avaient été kidnappés en août 2014 par l'EI avant d'être tués.

Commentant l'enquête en cours sur les circonstances de l'enlèvement et de la mort des militaires et les personnes qui doivent en être tenues responsables, M. Aoun a souligné que cette enquête "est nécessaire". Il s'est dit étonné des tentatives de "politiser" l'enquête. "Celle-ci est dirigée par des militaires et ne cible personne et a pour but de rassurer les familles des militaires tués", a-t-il insisté.

Le chef du gouvernement, Saad Hariri, a estimé, quant à lui, que les objectifs "ont été atteints au moindre coût", et a lui aussi appelé à mettre un terme à la polémique politique concernant le déroulement de la bataille.

Sur un autre plan, le président Aoun a rappelé que deux plaintes contre Israël ont été déposées à l'Onu par le Liban, suite à un survol israélien du Liban, après des bombardements aériens israéliens contre le Syrie, effectués à partir de l'espace aérien libanais.

Revenant sur son entretien, mercredi, avec le nouveau chef de la mission du Fonds monétaire international à Beyrouth, Chris Jarvis, Michel Aoun a fait savoir que la délégation du FMI s'est dite "rassurée au sujet de la politique anti-corruption adoptée par le Liban".

Toujours dans le volet financier, le président Aoun a dit espérer que l'avant-projet de budget pour l'année 2018 soit envoyé au gouvernement puis au Parlement afin qu'il soit adopté dans les délais prévus par la loi. Le projet de budget de 2017 est actuellement entre les mains des parlementaires qui doivent bientôt se prononcer sur le texte.

Sur un autre plan, le président Aoun a demandé au ministre de l'Education, Marwan Hamadé, de poursuivre le dialogue autour de la question des augmentations des frais de scolarité dans les écoles privées, suite à l'adoption de la nouvelle grille des salaires qui concerne également les salaires des enseignants du privé.

 

Visite à Moscou
Saad Hariri a pour sa part évoqué sa visite à Moscou qu'il a clôturée hier après un entretien avec le président russe Vladimir Poutine. M. Hariri a rappelé que la Russie s'est montrée enthousiaste quant à une coopération avec le Liban en matière d'économie, de tourisme et d'investissements dans les énergies. Le chef du gouvernement s'est également dit "rassuré" quant à une future coopération militaire avec Moscou.

En début de réunion, Melhem Riachi a démenti l'information selon laquelle le président russe Vladimir Poutine aurait demandé à Saad Hariri de normaliser les relations du Liban avec la Syrie en vue d'une solution concernant le dossier des réfugiés syriens. Le ministre de l'Information faisait partie de la délégation ministérielle présidée par le chef du gouvernement qui a effectué une visite officielle en Russie.

M. Riachi a aussi affirmé que M. Poutine avait assuré à M. Hariri que les investissements que la Russie compte effectuer en Syrie dans le cadre de la reconstruction du pays ne se feront pas aux dépens du Liban.

De son côté, le ministre de l'Économie, Raëd Khoury, qui faisait également partie de cette délégation, a affirmé que le Liban a exprimé son intention d'être "la base pour la reconstruction de la Syrie". Il a pour cela expliqué avoir demandé une coopération entre les secteurs privés libanais et russe via des zones franches.

Pour sa part, le ministre d'État aux Affaires du Parlement, Ali Kanso, chef du Parti syrien national social, a déclaré que "toute participation à la reconstruction de la Syrie passe par une coopération avec Damas".

Les relations entre le Liban officiel et le régime syrien de Bachar el-Assad font l'objet de grandes divergences entre les formations politiques libanaises.

 

(Lire aussi : Hariri clôt sa visite en Russie par un entretien avec Poutine)

 

"Fête de la victoire"
Concernant la "fête de la victoire" devant célébrer la bataille remportée par l'armée libanaise contre le groupe État islamique à la frontière libano-syrienne, Ghassan Hasbani a fait savoir avant la réunion que les FL allaient demander des clarifications au sujet du report sine die de l'événement. Hussein Hajj Hassan a rappelé que le report était survenu pour des raisons d'ordre "logistique". "Ceux qui se posent des questions doivent s'adresser aux ministres concernés" (la Défense et le Tourisme), a dit M. Hajj Hassan. Melhem Riachi a également fait état de considérations d'ordre logistique, en réponse aux questions des journalistes.

Enfin, le dossier de la production d'énergie électrique a aussi été débattu en réunion. Les ministres FL ont demandé la publication des échanges entre le ministère de l'Energie et la Direction des adjudications au sujet de l'appel d'offres pour les navires-centrales devant produire de l'électricité. "Il faut conclure cet appel d'offres le plus vite possible, à un coût minimum, et selon les meilleurs standards", a souligné M. Hasbani.

Le gouvernement a annoncé qu'il se réunira à nouveau dimanche à 18h au Grand sérail afin de poursuivre l'examen du dossier de l'électricité.

 

 

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Antoine Sabbagha

Le gouvernement nomme la commission chargée de superviser les législatives et la commission pour créer la caisse pour les anciens locataires promise depuis plus de six mois toujours reportée à la st Glin Glin .Triste .

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