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Liban

Opération « L'aube des jurds » : « Martbaya est tombée, il reste à nettoyer la zone »

Reportage

Dix jours après le coup d'envoi de l'opération « L'aube des jurds », l'armée a organisé hier une tournée à l'intention des médias dans les zones récupérées sur les hauteurs de Ras Baalbeck et de Qaa.

Nada MERHI | OLJ
29/08/2017

« Attention, vous ne devez en aucun lieu quitter le convoi. Ne vous aventurez pas dans les lieux. Les routes sont dangereuses et la région n'a pas été encore entièrement déminée. » D'emblée, le ton est donné à la tournée organisée hier par le bureau d'orientation – commandement de l'armée à l'intention de plus de trente journalistes locaux et étrangers dans les zones récupérées par l'armée après l'opération « L'aube des jurds », lancée il y a dix jours contre les jihadistes du groupe État islamique (EI) sur les hauteurs de Ras Baalbeck et de Qaa. La frénésie est au rendez-vous, mais la vigilance est de mise. Il est impératif de se conformer aux instructions.

La journée a commencé très tôt, vers 8h30. Alors que le village de Ras Baalbeck commence à se réveiller (seules quelques échoppes avaient ouvert leurs portes à cette heure), une activité intense règne devant le siège de la deuxième unité des frontières terrestres à Ras Baalbeck. Les journalistes, impatients de se rendre sur les lieux de combat, discutent entre eux, essayant d'imaginer le programme de la journée.
Leur attente risque toutefois de se prolonger. Ils sont invités à se diriger à l'intérieur de la caserne où ils sont accueillis avec un petit-déjeuner libanais. « Je vous conseille de manger un bout avant de partir. La journée sera longue et la route difficile. Il ne faut pas partir le ventre creux », lance l'un des responsables de la tournée. La collation fut brève, accompagnée de quelques instructions d'ordre logistique. Le responsable ne manque pas de réitérer ses conseils : il ne faut surtout pas sortir du convoi.

 

(Lire aussi : Quand l'État s'efface devant le Hezbollah)

 

Visite de quatre collines
À 11h tapantes, le convoi prend la route des jurds de Ras Baalbeck et de Qaa. Les véhicules de l'armée, dans lesquels sont répartis les journalistes, empruntent les routes tortueuses, sablonneuses et montagneuses des hauteurs. Pour le plus grand bonheur des reporters, qui peuvent enfin visualiser les lieux où les jihadistes du groupe EI ont essuyé leur défaite. L'ascension est longue et difficile. La chaleur n'aide pas. Plus d'une heure plus tard, le convoi atteint la colline de Ekab el-Ech, première étape de la tournée. « C'était l'une des principales positions des jihadistes, souligne un officier sur les lieux. C'était un point de jonction qui menait à d'autres collines où ils étaient retranchés. Notre mission consistait à la récupérer, justement pour couper les voies de communication. » L'officier survole les détails de l'offensive qui a duré de 3h30 à l'aube jusque tard dans la nuit, puis cap sur la colline de Ras el-Kaf, « le plus haut point de la région à partir duquel les jihadistes contrôlaient toutes leurs opérations d'attaque et de défense, qui représentait l'une de leurs principales positions ». À juste titre, puisque la vue est dégagée sur une grande partie de la région. « Il était impératif de récupérer cette colline pour anéantir l'ennemi et affaiblir ses autres positions », insiste l'officier, expliquant les étapes suivies à cet effet. Sur cette colline, se trouvent également le plus grand nombre des grottes naturelles et artificielles dans lesquelles les jihadistes se retranchaient. Dans certaines d'entre elles, les affaires laissées par ces derniers lors de leur fuite sont toujours là.

La route qui mène à Ras el-Kaf était tout aussi longue, tortueuse et pénible. Les véhicules de l'armée chevauchent – non sans peine – le terrain, laissant dans leur sillage des nuages de poussière et de sable. Tout au long de la tournée, des deux côtés des routes, se trouvent des véhicules détruits ayant appartenu aux jihadistes. Sur le sommet de certaines collines, sont également visibles les traces des obus lancés par l'armée au cours des combats. Sont également visibles les fortifications militaires de la troupe, ainsi que les pièces d'artillerie.

 

(Lire aussi : Nasrallah célèbre la « seconde libération » du Liban, « que le gouvernement la reconnaisse ou pas »...)

 

Exposé militaire
La tournée s'est achevée vers 18h30, après la visite de deux autres collines, dont Hkab Khazaal. L'officier chargé d'exposer les faits aux journalistes explique que les unités de l'armée menant l'offensive « étaient aux aguets et sur le point d'attaquer la dernière colline, Halimet Kara, et de nettoyer la vallée de Martbaya lorsque la décision du cessez-le-feu a été prise ». « Nous étions sur le qui-vive pour avancer, lorsque les ordres ont été donnés », affirme-t-il.

La tournée avait été précédée par un exposé des différentes étapes de l'offensive, présenté par le général Fadi Daoud, commandant de la sixième brigade, qui dirige les opérations militaires. Dans la salle des opérations à la caserne de Ras Baalbeck, debout devant une grande maquette représentant les champs de bataille, il indique « les points dans lesquels étaient positionnés les jihadistes de l'EI ». Il explique qu'ils « connaissaient bien le terrain et savaient l'utiliser d'un point de vue militaire ». « Ils avaient occupé les postes stratégiques et contrôlaient tous les points de passage, poursuit-il. Leurs postes étaient disposés de manière à se soutenir mutuellement. »

Montrant les deux points de force des jihadistes, le général Daoud explique que la première étape de l'offensive avait pour objectif de « contrôler une zone qui nous permettait d'avoir un avantage d'un point de vue militaire sur l'ennemi ». Il s'étend sur les détails de la bataille et la stratégie suivie jusqu'à la récupération des 100 km² de terrain. Et de conclure : « Sur le plan militaire, la vallée de Martbaya est tombée. Il reste à nettoyer la zone. »

 

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PAS TOMBEE ! ABANDONNEE...

FAKHOURI

Bravo l'armée !
vous êtes loin des victoires "divines"
Dieu merci
C'est votre réponse à la milice armée qui joue à l'armée libanaise

gaby sioufi

croyez le mes amis : l'armee n'a pas- plus besoin de propagande pour confirmer quoique ce soit .
officiers, ss officiers et soldats savent tres bien ce qu'ils sont et ce qu'ils doivent faire.
notre probleme est la caste politique.
notre probleme C justement cette caste surdivisee quant a divers poles /sponsors -parrains .
nous menant a des actes ,des decisions contradictoires.
agit selon ses objectifs propres(celui du parrain) et reussi, d'autres fois C l'autre qui reussi son coup a lui.
l'interet du LIBAN etant determine par ceux la , par leurs interets a eux

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