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Liban

Nasrallah célèbre la « seconde libération » du Liban, « que le gouvernement la reconnaisse ou pas »...

Partis
OLJ
29/08/2017

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a annoncé hier une « seconde libération » du Liban – après le retrait des forces israéliennes en mai 2000 – avec l'évacuation des derniers miliciens du groupe État islamique (EI) encore présents sur le territoire libanais, dans le cadre d'un accord avec le Hezbollah.
« Le 28 août 2017 est une date à marquer d'une pierre blanche. Il s'agit de la seconde libération du pays, que le gouvernement libanais la reconnaisse ou pas – c'est son affaire », a déclaré Hassan Nasrallah dans une allocution télévisée, appelant à l'organisation d'une fête jeudi prochain à Baalbeck, dans la Békaa, pour célébrer l'événement.
Selon lui, « la guerre contre l'EI a rempli tous ses objectifs ». « L'EI et Fateh el-Cham (ex-Front al-Nosra) ne sont plus présents sur le territoire libanais et dans le Qalamoun syrien. Les frontières du Liban avec la Syrie sont sécurisées, notamment dans la Békaa. L'armée libanaise peut désormais se déployer sur tous ces territoires », a-t-il indiqué. « 670 personnes, 331 civils, 308 combattants et 26 blessés de l'EI ont été évacués », a noté Hassan Nasrallah, précisant que 11 combattants du parti chiite et sept soldats de l'armée syrienne avaient été tués.

De mai 2000 à août 2017
Le leader du Hezbollah a marqué la comparaison entre 2000 et 2017, établissant une continuité, voire une complémentarité entre les deux.
« En 2000, les Libanais avaient célébré la victoire. Ils étaient joyeux, sauf ceux qui avaient parié sur l'Armée du Liban-Sud d'Antoine Lahd. Les habitants du Liban-Sud étaient les plus heureux. Aujourd'hui, c'est une victoire nationale, et tous les Libanais sont heureux, mais plus particulièrement les habitants de la Békaa, qui font la fête. Quant à ceux qui sont tristes, ce sont ceux qui ont parié sur l'EI », a-t-il indiqué, dans une accusation implicite à l'encontre de ses contempteurs.
« Jour après jour, nous sommes de plus en plus certains que l'EI et tous les groupes takfiristes sont un produit américain au service d'Israël. Cette victoire s'inscrit dans la lutte contre l'État hébreu. L'EI a été créé par l'administration américaine pour servir le projet génocidaire israélien. (...) Celui qui pleure l'EI en Irak, en Syrie et dans le jurd, c'est Benjamin Netanyahu », a souligné Hassan Nasrallah.

« On n'accuse pas le Hezbollah de chantage »
Le secrétaire général du Hezbollah est revenu dans la première partie de son intervention sur les discussions entre son parti et l'EI dans les derniers jours de l'offensive contre le groupe jihadiste. Il s'en est pris aux voix qui l'ont accusé de se livrer à un « chantage » à travers le dossier des militaires otages, pour obliger l'État libanais à reprendre contact avec Damas. « Après mon dernier discours, on a dit que je portais atteinte à l'armée, au Liban et aux militaires otages, en expliquant qu'il fallait coopérer avec Damas. Ces accusations sont fausses », a-t-il dit.
« Nous avons rempli notre mission et avons révélé le sort des soldats kidnappés par l'EI. Ce n'est pas le Hezbollah qu'on accuse de chantage. Ceux qui disent cela sont soit des ignorants de la langue arabe, soit des êtres immoraux », a-t-il lancé.
« Nous avons assumé nos responsabilités et avons été aux négociations dès le premier instant. L'EI a réclamé un cessez-le-feu. Nous ne voulions pas accepter, l'armée syrienne et l'armée libanaise non plus. Lorsque l'EI s'est retrouvé retranché dans son dernier carré, il était contraint de se rendre et a accepté nos conditions après quelques atermoiements. Nous avons toujours considéré que le sort des militaires otages était la première condition avant toute négociation », a poursuivi Hassan Nasrallah.
« Nous n'accepterons pas facilement l'accusation de chantage », a lancé Hassan Nasrallah à l'encontre de ses détracteurs. « Cela, nous ne pourrons le pardonner. Il s'agit d'une atteinte à la crédibilité du Hezbollah » « (...) Je n'ai jamais obligé l'État libanais à négocier avec le régime syrien. Le Hezbollah ne l'a pas fait. Nous n'avons rien demandé au gouvernement libanais », a-t-il ajouté.

Le dossier des militaires otages
Hassan Nasrallah a indiqué qu'avant l'offensive lancée par l'armée libanaise, son parti avait eu en sa possession des informations selon lesquelles les soldats auraient été tués et enterrés tous au même endroit. La Sûreté générale en a aussitôt été informée. Des recherches avaient été effectuées durant l'offensive contre l'EI, selon lui, sans résultats, mais elles étaient risquées et trop proches de la ligne de démarcation avec l'EI.
Il a estimé que l'un des objectifs de la bataille avait été de retrouver les corps des soldats, d'où la lenteur du processus militaire. « Nous aurions pu poursuivre la bataille mais nous aurions pris le risque d'éliminer les individus qui savaient où se trouvaient les corps », a-t-il souligné. « La solution était d'accentuer la pression militaire et les négociations pour parvenir à ce résultat, connaître le sort des militaires et le lieu où ils ont été enterrés », a-t-il encore dit.
« En ce qui concerne (le soldat) Abbas Medlej, nous détenons la personne qui a des informations à son sujet », a indiqué Hassan Nasrallah. Dans les négociations, le sort de Samir Kassab, journaliste libanais disparu depuis quatre ans en Syrie, et celui des évêques Boulos Yazigi et Youhanna Ibrahim, disparus en Syrie depuis 2013, ont été également évoqués. « Mais l'EI nous a dit qu'il ne savait rien à ce sujet », a-t-il ajouté.

« Demandez plutôt des comptes aux pôles politiques «
Hassan Nasrallah s'en est enfin pris à ceux qui reprochent au Hezbollah d'avoir conclu un marché avec l'EI, laissant les jihadistes coupables du rapt et de l'exécution de soldats libanais quitter le territoire libanais.
« Au nom de la religion et de la morale, nous avons conclu un accord à ce niveau. Nous ne pouvions pas faire acte de traîtrise, poignarder dans le dos ou jouer des tours à qui que ce soit, même à ceux-là que l'Amérique a importés. Nous devions remplir les conditions requises, qui n'ont rien à voir avec la loi du talion. Nous refusons les appels à la vengeance ou à la trahison », a-t-il souligné.
Et de poursuivre : « Il faut plutôt aller à la recherche de ceux qui ont abandonné les soldats à leur sort au lieu de condamner la partie qui s'est battue et qui a contribué à cette glorieuse libération. Prenez-vous-en au gouvernement et au Parlement. Réclamez l'ouverture d'une enquête sur ce qui s'est produit lorsque les soldats ont été abandonnés aux mains de l'EI et d'al-Nosra ! »
» Nous avons toujours cru en la capacité de l'armée à mener les batailles (...). Qui a empêché l'armée libanaise de combattre les jihadistes et de reprendre les militaires otages ? Allez plutôt demander des comptes aux pôles de décisions politiques froussards et soumis ! » a-t-il conclu.

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AIGLEPERçANT

En effet la seule chose qui pourra te tuer cher résistant libanais du hezb résistant c'est ta modestie.

Il y'a eu 2000 , 2006 , 2008 et 2017 et 2017 bis .

QUE DIEU TE GARDE AVEC A TES CÔTÉS TON COMPAGNON DE ROUTE LE PHARE AOUN , COMMANDANTE KHENERAL .

gaby sioufi

nasrallah n'en est pas a sa 1ere contradiction, surtout pas a montrer son arrogance. passons, C legitime, il fait la loi chez ns ds une TROP GRANDE MESURE.
comment le contrer et contrer ses parrains?
en unifiant le front serieusement, et honnetement avec une transparance a 100%( ce qu'on n'a encore temoigne qu'1 seule fois, mars 2005).
j'ose dire que meme cela risque de ne nous voir perdre a le confronter.... car trop faibles vue , pr ex que 2 poles chretiens ,importants , le soutiennent

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CE DISCOURS CONTREDIT EN PLUSIEURS POINTS CELUI QUI L,A PRECEDE CAR IL AVAIT BEL ET BIEN INVITE L,ETAT A DISCUTER AVEC CELUI DE BACHAR POUR LE DEVENIR DES SOLDATS ENLEVES... ET JE PASSE SUR LES AUTRES POINTS ...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA SECONDE LIBERATION FUT CELLE DU RETRAIT DE L,OCCUPATION SYRIENNE QU,ON VEUILLE L,ADMETTRE OU NON ! AUJOURD,HUI IL FAUT PARLER D,UNE VICTOIRE SUR DES BANDES DE TERRORISTES PERCHES SUR LES FRONTIERES DU PAYS ET DE RIEN D,AUTRE...

Yves Prevost

La seconde libération ? Il ne sait plus compter jusqu'à 3? Il oublie la plus importante, celle de l'occupation syrienne.

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