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Liban

Faire la fête pour redonner de l’espoir aux agriculteurs

Village préféré des Libanais

Pour sa première édition officielle, le Festival de la pomme de Aqoura se donne pour objectif de redynamiser la région.

01/08/2017

À quelque 2 000 mètres d'altitude, presque juchés au milieu des nuages, les paysages qui mènent à Saydet el-Qarn sont loin, bien loin du bruit et de la fureur de Beyrouth. Sur le chemin sinueux qui mène à Laqlouq, les vallons remplacent les immeubles et la chaleur insupportable de la capitale cède la place à la fraîcheur montagnarde qu'accentue un ciel nuageux. L'atmosphère est brumeuse, et l'ambiance mystique.

Cap sur le lieu où le Festival annuel de la pomme, parrainé par le ministre du Tourisme, Avédis Guidanian, est organisé. L'endroit est niché sur un bout de terre qui donne sur les lacs. Le froid est saisissant, les festivaliers et bénévoles sont emmitouflés dans des vêtements chauds, pendant que les visiteurs non avertis s'empressent d'acheter des plaids mis à disposition. Du café chaud est proposé à l'entrée, des sandwichs et autres manakiche aussi. En attendant le début du spectacle, les familles et amis discutent dans une atmosphère conviviale et joyeuse.

Les jeunes bénévoles prennent à cœur leur mission et veulent se présenter comme des ambassadeurs modèles de Aqoura. « Nous voulons aider notre région », affirment deux jeunes filles du village. Maria et Rafqa, âgées respectivement de 16 et 15 ans, aident « à l'organisation de l'événement en plaçant les invités ». Les invités d'honneur, dignitaires politiques et religieux côtoient les populations locales.

Les conversations s'interrompent subitement lorsque le spectacle commence. La troupe de danseurs de dabké d'Alain Merheb enflamme la foule par ses rythmes entraînants, suivie de la chanteuse Aline Lahoud.

Le Festival de la pomme de Aqoura a un double objectif, selon Alaa el-Hachem, en charge de l'organisation de l'événement : « Encourager le tourisme dans la région » et « trouver des solutions alternatives aux problèmes liés à la culture de la pomme », notamment la fermeture de marchés extérieurs pour l'exportation, que ce soit à cause de la guerre, comme c'est le cas pour la Syrie et l'Irak, ou à cause des normes fixées par certains États.

D'après l'ingénieur agricole Ghassan Feghali, qui a prononcé un discours pendant l'événement, les pommes libanaises sont interdites de vente dans les pays du Golfe notamment « parce que les normes sont strictes, comme c'est le cas à Dubaï par exemple ».

Même sur le marché libanais, les pommes de Aqoura ne sont pas écoulées facilement, à cause de la concurrence des fruits importés. Selon Alaa el-Hachem, « les autorités préfèrent avoir recours à l'importation plutôt que de puiser dans le marché libanais ». « Notre campagne sert donc aussi de tremplin pour introduire des solutions alternatives pour cultiver des pommes de meilleure qualité », souligne-t-il.

Ce sont donc 700 000 caisses produites, soit 15 % de la production libanaise, qui trouvent difficilement des acquéreurs. « En deux ans, le prix du kilo est passé de 1 500 livres à 300 livres », déplore Nidal el-Hachem, directrice du festival. « Nous voulons éviter que les pommiers meurent, que les agriculteurs les laissent à l'abandon. Nous organisons alors ce festival pour redonner de l'espoir, pour faire la fête et pour donner envie à nos agriculteurs de continuer à cultiver leurs pommiers », ajoute-t-elle. « Soigner la dépression » dont souffre la région est donc l'objectif que se donne Nidal el-Hachem en organisant cet événement. Pour Alaa el-Hachem « tous les gens issus de la région, qu'ils soient devenus juges ou autres, sont à l'origine des agriculteurs ». « C'est pour eux que nous agissons », martèle-t-il.

Aqoura fait partie, avec Anjar, Beit Chabeb, Bhamdoun, Hasroun, Maasser el-Chouf, Qleilé, Sir el-Denniyé, Tannourine et Tebnine, des 10 villages sélectionnés par L'Orient-le Jour pour le concours « Le village préféré des Libanais ». Pour voter, il suffit d'aller sur le site www.lorientlejour.com/village. Les résultats seront annoncés le 18 août.

 

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