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Hariri : L'armée mènera une opération planifiée dans le jurd de Ersal

Liban

"Parler avec le régime syrien ne résoudra pas la question des réfugiés (...) Nous voulons le feu vert des Nations unies", indique le chef du gouvernement.

OLJ
18/07/2017

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a confirmé mardi que l'armée allait mener une opération "minutieuse" dans le jurd de Ersal, alors qu'une bataille contre les jihadistes qui sévissent sur les hauteurs de cette localité frontalière de la Syrie semble imminente selon diverses sources concordantes.

"Il n'y a pas de cellule de coordination entre les armées libanaise et syrienne, et nos troupes vont mener une opération planifiée dans le jurd de Ersal, elles ont le feu vert du gouvernement pour cela", a annoncé le Premier ministre, en s'adressant aux députés lors de la séance plénière du Parlement.

Ces déclarations interviennent alors que les spéculations sur une prochaine offensive de l'armée contre des groupes armés syriens dissimulés dans le jurd de Ersal se multiplient dans les médias, attribuées le plus souvent à des sources "proches du commandement du Hezbollah". Est évoquée à cet égard une éventuelle coopération entre l'armée libanaise et l'armée syrienne d'Assad, au même titre que la coopération de la première avec le Hezbollah.

Dans ce contexte, l'aviation syrienne bombarde quasi-quotidiennement depuis une semaine des positions du Front al-Nosra dans le jurd de Ersal. Mardi, de nouveaux raids ont été menés par l'armée syrienne contre des positions jihadistes.

Le 30 juin, l'armée avait mené des opérations dans deux camps de réfugiés dans la région de Ersal. Cinq kamikazes s'étaient fait exploser au cours de l'opération, tuant une fillette et blessant sept soldats. Des dizaines d'arrestations de ressortissants syriens avaient eu lieu, notamment celle d'Ahmad Khaled Diab, meurtrier du lieutenant-colonel Noureddine Jamal, tué lors des combats ayant opposé l'armée à des jihadistes en août 2014.

 

(Lire aussi : La manipulation du dossier des réfugiés au service du régime Assad)

 

"Nous voulons le feu vert des Nations unies"
Le Liban accueille plus d'un million de réfugiés ayant fui le conflit en Syrie voisine, beaucoup vivant dans des camps. Une relance de dialogue direct avec le régime de Damas avait été suggérée il y a quelques jours par le Hezbollah et les partis pro-Assad comme passage obligé au retour des déplacés. Cette proposition fait depuis polémique, les parties anti-Assad estimant qu'elle profitait au régime syrien.

Cette polémique s'est gravement amplifiée, ouvrant la voie à des accusations de racisme, doublées d'une dangereuse montée en flèche de la tension entre Libanais et Syriens. Une tension dont devaient témoigner deux manifestations qui étaient prévues aujourd'hui mardi dans le centre-ville de Beyrouth, l'une en solidarité avec les réfugiés syriens, l'autre avec l'institution militaire. Mais le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a annulé les deux manifestations.

"Parler avec le régime syrien ne résoudra pas la question des réfugiés, sinon cela aurait été le cas pour l’Égypte, la Jordanie et l'Irak", a estimé M. Hariri, en allusion à ces pays qui eux aussi accueillent des réfugiés syriens. "Nous voulons le feu vert des Nations unies", a fait savoir le chef du gouvernement.

De son côté, le président de la République, Michel Aoun, a prévenu mardi que le Liban ne pouvait plus supporter le poids des réfugiés syriens. "Nous œuvrons au retour des déplacés chez eux, car le Liban ne peut plus supporter ce fardeau, mais répandre la haine est inacceptable, et les conséquences de ce comportement sont lourdes pour les populations des deux pays", a dit le chef de l'Etat.

Au sujet de la descente menée le 30 juin dernier par l'armée et la mort de quatre détenus syriens arrêtés par les militaires, M. Hariri a affirmé que l'institution militaire "enquête sur ces faits en collaboration avec trois médecins civils. Le rapport sera publié bientôt et les Libanais pourront le consulter".

Les images des détenus avaient provoqué une vive controverse au Liban. L'armée a annoncé le décès de quatre d'entre eux affirmant qu'ils souffraient déjà avant leur détention de problèmes de santé chroniques, mais des ONG ont appelé à l'ouverture d'une enquête indépendante, laissant supposer qu'ils avaient pu être soumis à un interrogatoire musclé.

 

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