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À La Une - Irak

Les déplacés de Mossoul n'ont pas le cœur à rentrer

"Je ne veux plus de sectarisme comme avant. Je veux quelque chose de mieux, ne pas répéter le passé", confie Oum Youssef.

Des déplacés dans le camp de Hammam al-Ali, à lest de Mossoul, en Irak, le 13 juillet 2017. REUTERS/Thaier Al-Sudani

Oum Youssef, qui a fui sa maison de Mossoul pendant l'opération de reconquête des forces gouvernementales irakiennes, n'a aucune intention de revenir chez elle dans un avenir proche. Cette mère de cinq enfants, âgée de 27 ans, attend avec son mari que la situation se stabilise. Pour l'heure, la famille vit dans un camp de déplacés géré par les Nations unies à l'est de la deuxième ville d'Irak.

"On ne retournera pas maintenant, on ne se sentirait pas à l'aise. Je veux juste de la sécurité", confie-t-elle jeudi, entourée de ses jeunes enfants. "Je ne veux plus de sectarisme comme avant. Je veux quelque chose de mieux, ne pas répéter le passé."

Le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi a annoncé lundi la victoire des forces gouvernementales et la défaite de l'Etat islamique à Mossoul après environ neuf mois de combats urbains dévastateurs, mais des affrontements sporadiques restent signalés dans la ville en ruines. Les autorités n'ont toujours pas préparé de plan pour gérer la ville et assurer la sécurité.

Oum Youssef est informée de la situation locale par des proches restés en ville. Ils lui déconseillent de revenir. "A Mossoul, quand le soleil se couche, tout le monde s'enferme à double tour et personne ne sort", dit-elle.

Sa maison, comme beaucoup d'habitations de la vieille ville, a été sévèrement endommagée dans les affrontements mais elle ne désespère pas de la réparer. Des snipers ont tiré à travers une chambre du haut transformée "en passoire" et une bombe a explosé sur le palier du voisin, raconte-t-elle. Un voisin a été tué par les mortiers tirés par les djihadistes pour dissuader les civils de fuir.

La famille a passé ses deux derniers jours à Mossoul enfermée dans une cave avec dix autres civils, trop terrifiée pour sortir, avec de l'eau et un peu de blé pour seule nourriture.

 

(Lire aussi : À Mossoul, c’est lorsqu’ils se déshabillent qu’on reconnaît les résistants à l’EI...)

 

Insécurité quotidienne
Depuis la chute de l'EI, de nouvelles forces de police ont été déployées dans la ville et des travaux de reconstruction ont été entamés.

Mais l'insécurité reste quotidienne. Des voitures piégées ont récemment explosé dans des quartiers déclarés "libérés". Les forces de sécurité, s'appuyant sur une liste de noms et de témoignages pour identifier des membres présumés de l'EI, interpellent chaque jour des hommes qui ont réussi à se fondre dans la population civile.

Oum Horeb, une femme de 60 ans de la tribu Jabour, semble traumatisée par ces mois de violences, allongée sur le sol de sa tente. Ses deux pieds sont bandés. Elle a été blessée par des éclats d'obus qui ont tué tous les hommes de sa famille. Alors que les jihadistes se retranchaient dans la ville, elle a dû changer plusieurs fois d'abri, avant d'atterrir dans le quartier de Maydan où quelques insurgés luttaient jusqu'à la mort. Elle en a été évacuée il y a quatre jours et veut désormais vivre avec des proches dans le Kurdistan autonome irakien. "Mossoul nous a épuisés. Je ne voudrai jamais y retourner. Je n'ai plus personne à Mossoul", dit-elle.

Quant à Oum Youssef, sa vie est difficile, peu confortable, mais au moins est-elle en sécurité. Malgré la canicule - la température approche régulièrement les 50° Celsius, elle peut manger, dormir, et même envoyer ses enfants à l'école. Est-elle optimiste pour l'avenir? "Je dois l'être, pour mes enfants."

 

 

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Oum Youssef, qui a fui sa maison de Mossoul pendant l'opération de reconquête des forces gouvernementales irakiennes, n'a aucune intention de revenir chez elle dans un avenir proche. Cette mère de cinq enfants, âgée de 27 ans, attend avec son mari que la situation se stabilise. Pour l'heure, la famille vit dans un camp de déplacés géré par les Nations unies à l'est de la deuxième ville...
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