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Après la perte de Mossoul, plusieurs zones restent aux mains de l'EI en Irak

Repère

Le groupe jihadistes a perdu beaucoup de terrain depuis sa vaste offensive éclair en juin 2014. 

 

OLJ/AFP
09/07/2017

Malgré la perte de Mossoul, le groupe jihadiste Etat islamique (EI) détient toujours d'importantes portions de territoires en Irak, et menace d'autres zones sous contrôle du pouvoir.

L'EI a perdu beaucoup de terrain depuis sa vaste offensive éclair en juin 2014 qui lui avait permis de s'emparer de vastes régions au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad.

 

Ville de Tal Afar

L'EI s'est emparé en juin 2014 de la ville de Tal Afar (nord), à mi-chemin entre Mossoul et la frontière syrienne, ainsi que de la zone frontalière.

Avec une population alors estimée à 200.000 habitants, Tal Afar était une enclave chiite dans une région essentiellement sunnite peuplée majoritairement de Turkmènes.

"Tal Afar sera un peu comme Mossoul, ce sera une opération de dégagement assez conventionnelle", selon Michael Knights, de l'Institut Washington sur la politique au Proche-Orient. Mais avant toute offensive, d'épineuses questions demeurent: quelles troupes y prendront part? Qui contrôlera la ville une fois reprise?
"L'insistance des milices chiites (progouvernementales) à vouloir contrôler Tal Afar, alors que les Etats-Unis et la Turquie refusent même de laisser ces milices participer" à la bataille, pourrait aboutir à des conflits, selon Patrick Martin, analyste à l'Institut pour l'étude de la guerre.

Tal Afar est située à l'ouest de Mossoul, et les deux villes se trouvent dans la province de Ninive.

 

 

Ville de Hawija

La ville de Hawija, dans la province de Kirkouk, est située à 180 km au sud-est de Mossoul et à près de 300 km au nord de Bagdad. Tombée aux mains des jihadistes en juin 2014, elle est située dans une région plus globalement sous contrôle des Kurdes.

C'est une poudrière depuis des années. La mort de plus de 50 personnes en avril 2013, lors d'une intervention des forces de sécurité contre un campement de militants antigouvernementaux, a participé au long cycle de violences qui a ensanglanté l'Irak, pour culminer avec la prise par l'EI de près d'un tiers du pays en 2014.

Là encore, "les enjeux politiques empêchent tout début d'opération à Hawija", explique Patrick Martin. "La conjonction des Kurdes d'Irak qui veulent contrôler Kirkouk et ses ressources en pétrole, des milices chiites irakiennes qui veulent éviter tout séparatisme kurde, et des forces gouvernementales pourrait mener à l'instabilité". "C'est un nid de risques, un îlot sans gouvernance", souligne Michael Knights pour qui cette zone sera certainement traitée en dernier.

 

 

(Repère : Mossoul, la ville des mousselines et des trésors historiques)

 

 

Province d'Al-Anbar

Dans la province occidentale d'al-Anbar, les forces irakiennes ont repris les deux principales villes de Ramadi et Fallouja. Mais l'EI tient encore une bande de terre dans la partie ouest, le long de la vallée de l'Euphrate, avec notamment la région d'al-Qaïm qui jouxte la frontière de la Syrie plongée dans la guerre.

Même si elles sont reprises, ces zones seront très difficiles à contrôler. "Tenir la frontière en empêchant les incursions (de l'EI) dans les vastes zones désertiques de l'ouest d'al-Anbar avec de faibles effectifs sera un grand défi" pour Bagdad, prévient Patrick Martin.

 

 

Zones sous contrôle gouvernemental

De nombreuses zones tenues par le pouvoir restent sous une menace jihadiste diffuse mais bien réelle.
"Le temps que les zones ouvertement tenues par l'EI soient libérées, il faudra recommencer des opérations ailleurs", dit Michael Knights. Il cite en exemple la province de Diyala (est) où les jihadistes réapparaissent après que les autorités ont annoncé avoir repris la région en 2015.

Plus généralement, le ressentiment persistant des Arabes sunnites contre le gouvernement majoritairement chiite irakien, combiné à la guerre civile en Syrie voisine, semble avoir permis à l'EI d'y reprendre pied.

L'Irak se retrouve par ailleurs confronté à l'impératif d'une reconstruction réussie et d'une certaine réconciliation entre chiites et sunnites s'il veut éviter les résurgences jihadistes.

 

 

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