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Loi électorale

Les dernières revendications de Bassil compliquent de nouveau la situation…

Le dossier de la réforme électorale ne figure pas à l'ordre du jour de la séance gouvernementale prévue demain.

La loi électorale était hier au menu d’un entretien entre le président de la Chambre, Nabih Berry, et le député Robert Ghanem. Photo ANI

À une semaine de la séance parlementaire consacrée à l'examen de la nouvelle loi électorale, conformément au décret d'ouverture de la session extraordinaire signé par le président de la République, Michel Aoun, les contacts se poursuivent afin d'aplanir les obstacles techniques entravant encore l'élaboration du nouveau texte. Des sources politiques confirment à L'Orient-Le Jour que ces obstacles portent principalement sur le découpage des circonscriptions, le mode de calcul des voix et le vote préférentiel.

À l'heure où l'on s'attendait à une séance gouvernementale principalement consacrée à la question de la loi électorale, de nouvelles embûches auraient empêché d'atteindre ce but. On en veut pour preuve le fait que l'ordre du jour de la séance du Conseil des ministres, demain, n'inclut pas le dossier de la réforme du système électoral.

Des sources proches du dossier indiquent à L'OLJ que les choses se sont compliquées à nouveau. Et pour cause : le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, continue de tirer des « lapins de son chapeau », comme le relèvent ces sources avec ironie. M. Bassil plaide en effet pour des réformes qui remettraient en cause certaines dispositions de l'accord de Taëf : il prône notamment un bicaméralisme confessionnel, et cela contredit l'article 95 de la Constitution (portant sur l'abolition du confessionnalisme politique).

Dans les mêmes milieux, on fait savoir que le ministre des Affaires étrangères veut consacrer un seuil confessionnel d'éligibilité et reste attaché à l'idée de transfert des sièges, malgré le veto catégorique de la majorité des formations politiques.

En dépit de ce tableau, le vice-président des Forces libanaises (FL), Georges Adwan, poursuit ses rencontres avec les parties concernées afin de défaire les nœuds techniques empêchant encore l'adoption de la formule électorale tant attendue. M. Adwan s'est entretenu hier avec le Premier ministre Saad Hariri, en présence de Nader Hariri, directeur de cabinet du chef du gouvernement.

À l'issue de la rencontre, Georges Adwan a indiqué avoir informé M. Hariri du bilan des réunions multipartites concernant la nouvelle loi. « D'autant que le temps presse, et que nous sommes tenus de finaliser les détails pour qu'ils soient discutés au Parlement et en Conseil des ministres », a-t-il souligné.

Sur un ton visiblement optimiste, le vice-président des FL a assuré que l'atmosphère est « positive », indiquant que des efforts sont déployés actuellement pour inclure quelques réformes à la nouvelle mouture. Selon M. Adwan, « une réunion cruciale devrait se tenir dans les deux prochains jours, avant de passer à la pratique ».

 

(Lire aussi : L’informatisation du scrutin, une fausse promesse ?)

 

« Il ne faut pas vendre la peau de l'ours... »
Si Georges Adwan tient à se monter optimiste, un cadre FL se veut beaucoup plus pragmatique. Joint par L'OLJ, il assure que M. Adwan poursuivra ses contacts pour faciliter l'élaboration du nouveau texte. À la faveur de son pragmatisme, il se dit convaincu que « dans un pays comme le Liban, il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ». Il aurait ainsi laissé entendre que le retour au texte de 1960 reste possible.

Quant aux aounistes, et en dépit du forcing effectué par le président de la République, Michel Aoun, pour une prochaine adoption du texte, ils restent attachés à des garanties à même d'assurer la bonne représentativité des chrétiens. Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion mensuelle de son conseil politique, le CPL a réitéré son attachement aux garde-fous en vue de l'application de la proportionnelle ainsi qu'« aux réformes électorales nécessaires et qui complètent toute loi électorale ».

Si certaines parties estiment qu'à travers ce genre de demandes, le courant aouniste bloque le processus d'adoption du nouveau texte, le ministre d'État pour la Lutte contre la corruption, Nicolas Tuéni, y voit pour sa part « une preuve de sérieux dans les négociations autour de la nouvelle loi ». Interrogé par L'OLJ, M. Tuéni fait savoir qu'une réunion portant sur la loi électorale devrait se tenir dans les prochains jours, notant par la même occasion que Saad Hariri pourrait soulever la question de la législation électorale en dehors de l'ordre du jour de la séance gouvernementale prévue demain au Sérail.

La tenue du Conseil des ministres au siège de la présidence du Conseil et non au palais présidentiel serait une indication que la loi électorale bute encore sur certains obstacles. Mais des sources politiques citées par notre correspondante Hoda Chédid préfèrent se montrer plus prudentes, expliquant que le retard à étudier le dossier en Conseil des ministres revient au fait que le mécanisme de la nouvelle loi n'a pas encore pris forme.

Dans les mêmes milieux, on souligne qu'Alain Aoun, député CPL de Baabda, est chargé de rédiger le texte de la législation électorale. Celle-ci serait le résultat de la combinaison des projets Mikati (proportionnelle à 15 circonscriptions) et de la commission Fouad Boutros (mixte avec 77 députés à la majoritaire et 51 à la proportionnelle).

 

(Lire aussi : Les débats « techniques » se poursuivent... pour faciliter la tâche au gouvernement et à la Chambre)

 

Les Kataëb : Gare au compromis
Pour ce qui est de « l'opposition », les Kataëb ont mis en garde, à l'issue de la réunion hebdomadaire de leur bureau politique à Saïfi sous la présidence de Samy Gemayel, contre « des règles taillées sur mesure qui torpilleraient la proportionnelle à 15 circonscriptions ». Le parti a, en outre, insisté sur l'importance des réformes électorales, dont le quota féminin et la participation des émigrés, appelant à « discuter de la loi électorale au sein des institutions, à l'heure où le pouvoir politique a sciemment laissé les choses à la dernière minute pour conclure un marché douteux ».

 

 

 

 

 

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À une semaine de la séance parlementaire consacrée à l'examen de la nouvelle loi électorale, conformément au décret d'ouverture de la session extraordinaire signé par le président de la République, Michel Aoun, les contacts se poursuivent afin d'aplanir les obstacles techniques entravant encore l'élaboration du nouveau texte. Des sources politiques confirment à L'Orient-Le Jour...

commentaires (4)

Vive nos tribus qui divisent et qui multiplient leurs gains avant de vendre la peau de l'ours. Vraie mascarade.

Antoine Sabbagha

18 h 45, le 06 juin 2017

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Commentaires (4)

  • Vive nos tribus qui divisent et qui multiplient leurs gains avant de vendre la peau de l'ours. Vraie mascarade.

    Antoine Sabbagha

    18 h 45, le 06 juin 2017

  • Lorsque le renard est votre guide, il vous mènera à un poulailler. Lorsque vous confiez à un recalé deux fois aux élections législatives le soin d'élaborer une loi électorale, il la fera taillée à sa taille.

    Honneur et Patrie

    17 h 32, le 06 juin 2017

  • "...les lapins..." que Mini-Blanc-Bec "...tire de son chapeau..." ne viennent certainement pas de son propre élevage de lapins, mais lui sont imposés par tous ceux qui ne veulent pas d'une nouvelle loi électorale, car l'actuelle, dite de 1960, leur convient parfaitement pour leurs intérêts personnels... Et nous, le petit peuple...on n'a rien à dire...n'est-ce pas ! Irène Saïd

    Irene Said

    10 h 07, le 06 juin 2017

  • J,AI DIT QUE LES VIPERES NICHENT DANS LES DETAILS ! RIEN N,EST ENCORE AGREE A 100PCT...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 02, le 06 juin 2017