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Liban

Les débats « techniques » se poursuivent... pour faciliter la tâche au gouvernement et à la Chambre

loi électorale

Nabih Berry reporte au 12 juin la séance parlementaire prévue aujourd'hui.

Y.A.A. | OLJ
05/06/2017

À la lumière du décret d'ouverture de la session parlementaire extraordinaire signé par le président de la République Michel Aoun jeudi dernier, le chef du législatif, Nabih Berry, a reporté au 12 juin la séance parlementaire prévue aujourd'hui. La réunion de lundi prochain devrait, tout naturellement, être consacrée à l'étude de la nouvelle loi électorale transmise au Parlement par le gouvernement.
Les regards sont donc braqués sur la séance du Conseil des ministres prévue mercredi au palais de Baabda et au cours de laquelle on s'attend à ce que la nouvelle loi soit approuvée, comme l'a affirmé hier le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk.
Dans certains milieux politiques, on estimait hier que les discussions portant sur certains détails d'ordre technique (notamment le seuil d'éligibilité et le vote préférentiel) devraient s'achever avant la séance gouvernementale de mercredi, afin de faciliter à la Chambre et au cabinet l'adoption du texte. Ainsi, le rythme des réunions multipartites portant sur la loi électorale devrait s'accélérer dans les prochains jours. Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, le vice-président des Forces libanaises, Georges Adwan, et le directeur de cabinet du Premier ministre, Nader Hariri, se sont d'ailleurs entretenus hier à la Maison du Centre. Une autre réunion a eu lieu en soirée au domicile du chef du courant aouniste, Gebran Bassil. Étaient présents MM. Adwan et Nader Hariri, ainsi qu'Ibrahim Kanaan, député aouniste du Metn.
Même son de cloche chez l'écrasante majorité des formations politiques, toutes optimistes quant à une prochaine entente finale autour d'une loi axée sur la proportionnelle appliquée à 15 circonscriptions.
C'est ainsi que Fadi Karam, député des Forces libanaises de Koura, a affirmé samedi à l'agence d'information al-Markaziya que « les petits détails sur lesquels portent les débats aujourd'hui ne sont pas de nature à dynamiter l'entente élargie sur la proportionnelle aux 15 circonscriptions ».
Évoquant la question des garanties exigées par le Courant patriotique libre, M. Karam a souligné qu'« elles visent principalement à rectifier la représentativité (des chrétiens) ».
Du côté de Moukhtara, on se félicite de l'entente sur le principe de la proportionnelle. Interrogé par L'Orient-Le Jour, Zafer Nasser, cadre du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt, estime que les détails techniques « ne sont pas une excuse pour freiner le processus d'adoption d'une nouvelle formule électorale ». « Si la volonté politique de mettre en place une nouvelle loi existe, il est intolérable que ce projet soit entravé », dit-il, révélant que les données dont dispose le PSP permettent de dire que le cabinet parviendra à approuver le nouveau texte.
De même, le mouvement Amal se félicite de l'accord conclu autour de la proportionnelle et semble soucieux de minimiser l'impact des « diables tapis dans les détails » techniques de la nouvelle loi. Une source au sein de la formation dirigée par Nabih Berry va même jusqu'à assurer à L'OLJ que le Parlement adoptera la nouvelle loi lors de sa séance prévue la semaine prochaine, si le gouvernement achève son étude lors de sa prochaine réunion. Dans les mêmes milieux, on tient à minimiser la possibilité d'échec en matière de loi électorale, d'autant que personne ne voudrait rater l'opportunité « historique » d'adopter un nouveau code électoral pour la première fois depuis des décennies.

Le pragmatisme de Allouche
Si le Premier ministre, Saad Hariri, a lié le succès de l'équipe ministérielle qu'il préside à l'adoption d'une loi électorale et assuré à plusieurs reprises que le texte verra le jour prochainement, Moustapha Allouche, coordinateur du courant du Futur à Tripoli, se veut beaucoup plus pragmatique. Joint par L'OLJ, il ne cache pas sa crainte d'un échec à ce niveau. « Les négociations portant sur les petits détails sont les plus difficiles, d'autant que de nombreux paramètres interviennent, explique-t-il. Il s'agit bien évidemment du vote préférentiel, du vote des émigrés (évoqué par le député Ibrahim Kanaan) et d'autres variables. »
« Je suis convaincu que la loi de 1960 est toujours en vigueur, d'autant que plusieurs obstacles entraveront la mise sur pied du texte prévoyant la proportionnelle, mais les partis politiques se montrent optimistes pour ne pas être accusés de blocage », a poursuivi M. Allouche, visiblement plus réaliste que ses collègues. Et concernant le seuil d'éligibilité qui, selon d'aucuns, sera fixé à 10 % des suffrages à la demande de la formation haririenne, il fait valoir que son parti ne s'est jamais prononcé « officiellement » en faveur de ce taux, notant que cette proportion est d'usage dans les pays qui appliquent la proportionnelle pour faciliter la formation des gouvernements.

 

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