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À La Une - Liban

La nouvelle loi électorale sur les rails

Michel Aoun a signé le décret d'ouverture d'une session extraordinaire du Parlement.

De gauche à droite : Le président du Parlement libanais Nabih Berry, le président de la République Michel Aoun et le Premier ministre Saad Hariri, au palais de Baabda, le 1er juin 2017. Photo Dalati et Nohra

Le président libanais, Michel Aoun, a signé jeudi en fin d'après-midi le décret d'ouverture d'une session extraordinaire du Parlement, consacrée au vote d'une nouvelle loi électorale sur laquelle un accord pourrait être trouvé dans les prochains jours, selon les déclarations de plusieurs responsables à leur arrivée au palais présidentiel de Baabda où un iftar était organisé en présence des principaux leaders politiques du pays et lors duquel le chef de l'État s'est exprimé.

"Rendre la représentation populaire plus équilibrée"
"Oui, il existe des désaccords politiques. Oui, il y a des oppositions et des rivalités. Mais notre unité reste notre priorité, notre unité est notre refuge", a déclaré M. Aoun lors d'un discours prononcé pour l'occasion aux côtés du Premier ministre Saad Hariri et du président du Parlement, Nabih Berry. "Afin de renforcer cette unité, plusieurs lacunes dans notre système politique doivent être comblées. Il faut établir un état d'équilibre et l'enrichir en regroupant nos caractéristiques positives plutôt que de le dévaluer avec nos traits négatifs", a-t-il ajouté.

"Comme l'affirme la devise de notre gouvernement actuel, l'objectif principal de cette alliance est d'édifier un État fort et de restaurer la confiance", a-t-il poursuivi. "Un État fort est un État qui jouit de la confiance de ses citoyens et l'État que nous envisageons se doit de tenir ses promesses et remplir ses obligations", a-t-il ajouté.

"Parvenir à une loi électorale dans les jours à venir marquera le début du rétablissement de la confiance car ceci démontrera la volonté d'améliorer la représentation populaire et de rendre cette dernière plus équilibrée, horizontalement entre les diverses composantes du peuple Libanais et verticalement au sein de chaque composante", a-t-il indiqué.

"Nous nous sommes accordés sur une loi électorale basée sur la proportionnelle et le découpage en 15 circonscriptions", a de son côté déclaré Saad Hariri à la presse après le discours de M. Aoun. "Il reste certains détails qui seront réglés dans les deux jours qui viennent. "L'atmosphère est positive", a pour sa part indiqué Nabih Berry. Les deux hommes et Michel Aoun se sont entretenus avant le début de l'iftar.

Le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a lui aussi affiché son optimisme, affirmant que les protagonistes "parviendront à une nouvelle loi électorale". "Il n'y aura ni une nouvelle prorogation ni un retour à la loi 1960 (actuellement en vigueur), a-t-il assuré à l'issue d'un bref entretien avec M. Aoun.

 

(Lire aussi : Une nouvelle loi électorale dans dix jours ?)

 

Adwan : "Nous avons une nouvelle loi"
Avant le discours du chef de l'État, le vice-président des Forces libanaises, le député Georges Adwan, a implicitement déclaré qu'une nouvelle loi électorale avait été entérinée. "Nous pouvons dire qu'il y a une nouvelle loi électorale", a déclaré M. Adwan à son arrivée au palais présidentiel de Baabda

Même son de cloche de la part d'Ibrahim Kanaan, député membre du Courant patriotique libre, qui a affirmé de Baabda que "nous sommes à deux doigts d'aboutir à une nouvelle loi électorale".

"Nous aurons une nouvelle loi électorale avant le 19 juin", a de son côté déclaré le leader des FL, Samir Geagea, à son arrivée à Baabda, exprimant son optimisme au vu des discussions entre les formations politiques "qui traitent les dossiers stratégiques avec une grande responsabilité". "La proposition dont il est question est la meilleure sur laquelle nous puissions nous entendre", a-t-il ajouté.

Les formations politiques examinent notamment la possibilité de transférer des sièges chrétiens d'une circonscription à l'autre et les modalités de décompte des voix. Dans l'après-midi, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, s'est entretenu avec Nader Hariri, conseiller de Saad Hariri.

 

Session extraordinaire du 7 au 20 juin
Les déclarations des responsables FL et CPL interviennent plus de deux heures après la signature par le chef de l'Etat d'un décret d'ouverture d'une session extraordinaire du 7 au 20 juin compris. Ce décret avait préalablement été signé vendredi dernier par le chef du gouvernement.

 

 

Le chef de l'Etat s'était jusqu'ici abstenu de signer un décret d'ouverture d'une session extraordinaire, la session ordinaire ayant, en principe, expiré le 31 mai.

Ces derniers jours, un bras de fer s'est engagé autour des prérogatives du chef de l'État et opposant Michel Aoun à Nabih Berry. Ce dernier avait défendu la tenue d'une séance plénière de la Chambre, prévue le 5 juin prochain, consacrée au vote d'une prorogation de la législature ou d'une nouvelle loi électorale. Il a expliqué qu'en suspendant d'un mois les réunions de la Chambre en recourant à l'article 59 de la Constitution, le chef de l'État lui "devait" encore un mois de législature ordinaire. La date du 7 juin pose dans ce contexte une question sur la constitutionnalité de la séance convoquée par M. Berry deux jours plus tôt.

Les législatives étaient programmées pour le mois de juin, mais en l'absence d'accord sur une nouvelle loi électorale, le scrutin ne peut plus se tenir avant la fin du mandat des députés, le 20 juin.

 

(Lire aussi : L'iftar de Baabda, une opportunité pour la réconciliation entre Aoun et Berry)

 

Machnouk à Baabda
Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk, avait prévenu qu'il était impossible d'organiser les élections législatives d'ici trois mois, dans le cas où le mode de scrutin proportionnel est adopté.

"Une prorogation +technique+ est requise pour la familiarisation avec le dépouillement électronique et les listes de candidats", a expliqué le ministre, à l'issue d'un entretien avec le chef de l'État au palais de Baabda. Le dépouillement électronique n'existe toujours pas à ce jour. Nohad Machnouk a également fait savoir qu'il avait transmis au président Aoun une étude relative aux législatives, un document qu'il va également envoyer à Saad Hariri et à Nabih Berry.

"Ne perdez pas votre temps, allez au Parlement, débattez, et votez une loi électorale car le peuple réclamera des comptes", a martelé le chef des Kataëb, Samy Gemayel. Il a ainsi insisté pour que le scrutin se déroule en vertu d'un nouveau code, alors que celui qui est en vigueur, dit de 1960, basée sur un mode de scrutin majoritaire, est critiqué, du moins publiquement, par la plupart des formations politiques.

 

 

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Le président libanais, Michel Aoun, a signé jeudi en fin d'après-midi le décret d'ouverture d'une session extraordinaire du Parlement, consacrée au vote d'une nouvelle loi électorale sur laquelle un accord pourrait être trouvé dans les prochains jours, selon les déclarations de plusieurs responsables à leur arrivée au palais présidentiel de Baabda où un iftar était organisé en...

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Mais quelle drôle de tête ils font! Ils feraient mieux de mimer les 3 singes de la sagesse, ça leur donnerait une contenance, au moins.

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22 h 10, le 01 juin 2017

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Commentaires (1)

  • Mais quelle drôle de tête ils font! Ils feraient mieux de mimer les 3 singes de la sagesse, ça leur donnerait une contenance, au moins.

    Je partage mon avis

    22 h 10, le 01 juin 2017

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