Liban

L’iftar de Baabda, une opportunité pour la réconciliation entre Aoun et Berry

Éclairage
01/06/2017

La naissance d'une nouvelle loi électorale sera-t-elle annoncée aujourd'hui à l'occasion de l'iftar organisé à Baabda où est prévue, en marge, une rencontre entre le président, le chef du Parlement et le Premier ministre ?

Par la même occasion, le chef de l'État Michel Aoun va-t-il prendre l'initiative en demandant l'ouverture d'une session extraordinaire habilitant ainsi le Parlement qui, à partir d'aujourd'hui, ne peut plus tenir des réunions plénières pour adopter la réforme électorale ?
Autant de questions auxquelles les réponses ne pourront être apportées qu'à l'issue du rendez-vous de ce soir.

M. Berry avait, rappelons-le, anticipé l'ouverture d'une séance extraordinaire en tenant compte des informations selon lesquelles le président et le Premier ministre, Saad Hariri, se préparaient à l'adoption d'un décret dans ce sens.

Dans les milieux de la coalition chrétienne, on estime que l'initiative de M. Berry et l'argumentation avancée par ce dernier recèle un message politique de défi au sexennat actuel, alors que dans les milieux du 8 Mars, on considère la mesure prise par le chef du législatif comme une incitation aux forces politiques à parvenir à un accord autour de la réforme de la loi électorale afin d'éviter le vide législatif et d'empêcher le retour à la loi de 1960. Ces milieux font d'ailleurs remarquer que la date de la tenue d'une réunion de la Chambre, fixée par M. Berry au 5 juin, est susceptible d'être reportée si d'ici là les protagonistes ne sont pas parvenus à un accord.
Pour ce qui est des tractations en matière de réforme électorale, on affirme dans les milieux des Forces libanaises que les contacts vont bon train et qu'un accord est déjà conclu autour du mode de scrutin, de la proportionnelle et du nombre des circonscriptions, 15 au total, une formule que toutes les parties ont avalisée à ce jour. Pour l'instant, les tractations portent sur les détails de cette réforme, principalement sur la technique à adopter pour le décompte des voix au niveau du caza et leur répartition selon les communautés ainsi que le seuil de qualification (le minimum de voix requis pour le passage d'une liste ), des éléments d'une technicité pointue sur laquelle planchent actuellement les experts des différents protagonistes pour parvenir à une entente.

 

(Lire aussi : Pour Hariri, le cabinet est « tout entier responsable » de la réforme électorale)

 

Le chef des FL a évoqué la veille une progression de 95 % en direction d'un accord, les 5 % restant étant d'ordre purement technique et ne pouvant en aucun cas saboter l'accord de principe. Cela revient à dire que le retour au texte de 1960 actuellement en vigueur est désormais éliminé.
Du côté du Courant patriotique libre, on assure que cette formation soutient l'accord de principe de la proportionnelle, un projet que M. Aoun a été le premier à avaliser à la réunion de Bkerké, rappelle-t-on. On souligne cependant que le CPL tente actuellement d'obtenir des garanties susceptibles d'améliorer la représentation chrétienne de manière à mettre fin aux bulldozers électoraux tout en restituant aux chrétiens leur place et leur rôle dans la vie politique en tant que partenaires à part entière. C'est donc au député des FL, Georges Adwan, qu'a échue la mission de négocier au nom de la coalition chrétienne et la tâche d'améliorer la représentation des chrétiens.

Pour sa part, le président de l'Assemblée attend que se décantent les dernières touches techniques relatives à la réforme, pour en être informées et réagir en fonction.
De sources proches des FL on indique que le chef du CPL, Gebran Bassil, a informé, durant la réunion qui a regroupé les représentants des deux partis chrétiens de la coalition, de ses réserves sur le mécanisme du décompte des voix envisagé.

 

(Lire aussi : Une nouvelle loi électorale dans dix jours ?)

 

Sur un autre plan, et pour ce qui est du bras de fer qui oppose Aïn-el Tiné à Baabda, on indique dans les milieux de la coalition chrétienne que cet antagonisme, de nature politique par excellence, ne devrait en aucun cas entacher les développements réalisés au niveau de la loi électorale et doit être traité séparément. Nombreux sont ceux qui misent sur l'iftar présidentiel d'aujourd'hui qui, croit-on, offrira une opportunité propice à un règlement de fond d'autant que les visites du chef du législatif au palais se sont raréfiées depuis l'accès de M. Aoun à la présidence.

Une fois cette crise et les détails de la loi électorale résolus, il reste à voir le temps requis et les délais pour la mise en place de la logistique de l'organisation du scrutin, qui, de l'avis du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, nécessitera une période de plus trois mois. Un laps de temps qui supposera un report technique du mandat du Parlement.

 

Lire aussi

Harb : Les plaintes d'Abi Khalil, une grave déviation de notre système et de nos valeurs

Du jamais-vu dans l'histoire du Liban : 44 postes d'ambassadeur vacants

La proportionnelle se confirme, mais des détails restent à régler

Quelle formule pour le vote préférentiel et le décompte des voix ?

Les joumblattistes d’accord avec toute entente interlibanaise sur une réforme électorale

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

C.K

Mais qu'est ce qui NOUS réconciliera avec eux?

Irene Said

Donc, ce soir se donne un iftar à Baabda, et on a l'espoir que ces beaux messieurs, incapables de s'entendre avant, auront...le ventre bien rempli...enfin la force de se faire risette et de s'entendre sur une loi électorale !?
Sinon...nous restent encore pas mal d'iftars d'ici la fin du Ramadan pour espérer un miracle...non ?

Et si il n'y avait pas d'iftars pour arranger les choses et les relations entre ces beaux messieurs...
que deviendrait le Liban ?
Irène Saïd

Henrik Yowakim

L’iftar de Baabda, une opportunité pour la réconciliation entre Aoun et Berry

AU LIBAN LA BONNE BOUFFE A TOUJOURS ETEE ET SERA

LE MEILLEUR MOYEN DE RESSOUDER LA SAINTE ALLIANCE

ENTRE LES GARGANTUA COMMUNAUTAIRES DU PAYS

COMME LE DISAIT ASTERIX LE GAULOIS : C'EST LE BON MOMENT POUR PARLER AFFAIRES ET POUR SE GOINFRER

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.