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Liban

Polémique Machnouk-Khatib sur les travaux des carrières

Exécutif
11/05/2017

Parmi les 114 points de l'ordre du jour approuvés par le Conseil des ministres hier au Grand Sérail, figure la décision de rouvrir les carrières légales et d'autoriser aux carrières sans permis de liquider leurs stocks au cours du mois à venir. Les secondes disposent en outre d'une semaine pour soumettre au Conseil national des carrières une demande de régularisation de leur statut, qui serait examinée au cas par cas, selon les explications du ministre de l'Environnement, Tarek al-Khatib hier à la OTV.

La décision d'hier annule celle du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, le 20 avril dernier, de stopper pendant un mois l'exploitation des carrières et le transport des matériaux issus de cette exploitation sur l'ensemble du territoire.

La réactivation des carrières n'a pas été sans provoquer un clash hier en Conseil des ministres entre M. Machnouk, opposé à la réouverture, et M. Khatib, qui l'a accusé d'avoir appliqué « sélectivement » la décision de suspension. Il a fallu l'intervention du Premier ministre Saad Hariri pour mettre un terme à la polémique.

Justifiant ensuite à la OTV la réactivation des carrières, M. Khatib a précisé que le Conseil des ministres n'a fait qu' « entériner la décision du comité ministériel compétent présidé par le Premier ministre ». Ce faisant, « nous avons mis un terme à l'approche sélective et caractérielle de l'activité des carrières, les limitations imposées à certaines, la liberté donnée à d'autres à des timings variables », s'est-il félicité.

Ce que M. Machnouk conteste en revanche est le volet de la décision relatif aux carrières illégales et précisément l'autorisation qui leur a été donnée de liquider leurs stocks, explique une source proche du ministère de l'Intérieur.

Le risque serait en effet que les stocks, d'ailleurs souvent aménagés à proximité des terrains d'extraction des roches, ne soient indéfiniment renfloués, sans contrôle préalable de leur contenu, selon le point de vue d'un technicien. Permettre aux carrières illégales de liquider leurs stocks serait en somme une autorisation maquillée de réactivation. C'est d'ailleurs sans y aller par quatre chemins qu'un ministre informé du dossier déclare à L'OLJ que « cette décision ne fera que rétablir le chaos des carrières ».

 

(Lire aussi : La réouverture des sites légaux se fait attendre, les chauffeurs protestent)

 

Navires-centrales : possible révision des adjudications
C'est au contraire un ajustement qui serait envisagé sur un autre plan, celui de la mise en œuvre du plan d'urgence pour l'électricité. Les adjudications portant sur la location de deux navires-centrales auraient de fortes chances d'être revues, apprend-on de sources ministérielles concordantes.

La réunion d'ouverture des plis avait eu lieu la veille au siège du ministère de l'Énergie. Plusieurs parties en dénoncent les irrégularités, qui prouvent qu'un possible « marché » aurait été conclu entre les camps aouniste et haririen. Ces irrégularités – à l'origine de divergences même au sein du courant du Futur – avaient été dénoncées la veille par les ministres FL lors d'une conférence de presse. Des accusations relayées par le président de la Chambre, Nabih Berry, et hier par le député Walid Joumblatt.

Ce n'est que marginalement que cet épineux dossier a été ouvert hier en Conseil des ministres, en dehors de l'ordre du jour, à l'initiative du ministre Marwan Hamadé. « Le souci manifeste était d'éviter que ce dossier problématique soit évoqué sur le fond », rapporte une source ministérielle. Les interventions en la matière se sont limitées à la forme. M. Hariri a déploré le fait que ce dossier soit évoqué sur les tribunes médiatiques, en dehors du Conseil des ministres, au risque de menacer la cohésion du cabinet. Ce à quoi le vice-président du Conseil, Ghassan Hasbani, aurait répondu en rappelant « avoir soumis il y a deux semaines à la présidence du Conseil une demande écrite d'insérer le plan pour l'électricité à l'ordre du jour. Une demande restée sans réponse », rapporte une source proche des FL.

La conférence de presse conjointe des ministres du parti, avec Michel Pharaon, aurait marqué un point de non-retour, selon le ministre d'État au Plan : « Il est désormais inenvisageable que les adjudications actuelles soient menées à terme. » Et cela, même si le ministre de l'Énergie a tenté hier de mettre ses collègues devant le fait accompli en déclarant aux médias à son arrivée au Grand Sérail que « les adjudications sont achevées et que le ministère prépare un rapport à remettre à la présidence du Conseil ». Il doit en tout cas prendre part aujourd'hui à la réunion de la commission des Finances. Autant les adjudications en cause que le choix même des navires-centrales pourraient être réexaminées.

 

(Lire aussi : Pour Samy Gemayel, le dossier de l’électricité est douteux)

 

Le dossier de la loi électorale n'a pratiquement pas été évoqué, si l'on exclut l'intervention de politique générale faite par le Premier ministre à l'ouverture de la séance. Il a appelé à « la solidarité ministérielle » et a préconisé de poursuivre l'examen d'une réforme électorale « en insistant sur la nécessité d'un heureux dénouement », selon le procès-verbal laconique dont a donné lecture le ministre de l'Information, Melhem Riachi. Le chef du parti Kataëb, le député Samy Gemayel, n'a pas manqué de contester hier, sur son compte Twitter, l'occultation de la loi électorale et du plan pour l'électricité en Conseil des ministres.

Notons enfin que le Premier ministre a momentanément interrompu la réunion du cabinet dont il s'est retiré avec une poignée de ministres pour suivre en direct, sur des écrans connectés au mohafazat de la Békaa, une simulation du « plan de désastre et de crise pour Baalbeck-Hermel », en coordination avec le mohafez Bachir Khodr. Cette manœuvre faite selon un scénario d'inondation sur les rives du fleuve al-Assi au Hermel a été organisée par l'Unité de gestion des risques de catastrophes du PNUD.

Le Premier ministre a pu communiquer à travers l'écran avec les responsables présents dans la salle des opérations du Hermel et de la Békaa, dont il a salué les efforts. L'Unité de gestion des risques de catastrophes à la présidence du Conseil des ministres, financée par l'Union européenne, le Koweït et l'ambassade des Pays-Bas, renforce les capacités du Liban à faire face aux risques de crises naturelles causées par l'homme sur les plans national, sectoriel et local.

 

 

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Gros Gnon

J'ai une suggestion.

Que nos chers (c'est vrai qu'ils nous coutent cher) politiciens de tous bords établissent chacun une liste des problèmes des libanais qui leur tiennent à coeur.

Ensuite qu'ils comparent leurs listes.

S'ils consacraient un jour par semaine, un seul, pour faire avancer tous les points communs à toutes les listes, et gardaient le reste de la semaine pour se disputer sur les autres points, le Liban fera un grand pas en avant.

Irene Said

Combien de temps ces "soi disant responsables" de notre pays perdent-ils en polémiques, querelles et accusations réciproques ?
Usant leur énergie pour des problèmes qui sont avant tout personnels= ces fameux dollars qui devraient tomber dans leurs poches...et qui finissent...dans d'autres.
Et pendant ce temps les soutions des problèmes urgents du pays sont continuellement renvoyés...à plus tard !
Irène Saïd

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