Poignée de main entre le Premier ministre libanais, Nawaf Salam (g.), et le président syrien, Ahmad el-Chareh, à Damas, le 9 mai 2026. Photo tirée du compte Telegram de la présidence syrienne
A l’aube d’une semaine charnière, qui culminera avec une première rencontre entre les délégations libanaise et israélienne à Washington, jeudi et vendredi prochains, les regards au Liban étaient rivés ce samedi sur la visite effectuée par le Premier ministre, Nawaf Salam, en Syrie. Cette visite, à laquelle participait une importante délégation ministérielle, ouvre une nouvelle ère de relations normales et équilibrées entre les deux pays voisins, fondée sur le respect mutuel de leur souveraineté et de leurs frontières, ainsi que sur une coopération dans les domaines sécuritaire, politique, économique et commercial. Les résultats devraient bientôt se concrétiser sur le terrain à travers une série de projets communs dans plusieurs secteurs.
Le champ des discussions entre le Nawaf Salam et le président syrien Ahmad el-Chareh était en effet large. Le Premier ministre a d'ailleurs insisté, à son départ de la capitale syrienne après une journée d'échanges avec les autorités sur l'importance des relations « d’État à État », qui ouvrent selon lui la voie à des partenariats tous azimuts, évoquant tour à tour questions sécuritaires et dossiers socio-économiques. Depuis l'aéroport de Damas, avant son retour à Beyrouth, il a affirmé que les relations libano-syriennes reposent sur « la confiance et le respect mutuel de la souveraineté » des deux pays, après des décennies de relations avec l'ex-régime Assad marquées par une mainmise syrienne sur la politique libanaise. Depuis la chute de Bachar el-Assad, les autorités des deux pays voisins s'efforcent de travailler sur de nombreux dossiers avec des contacts et réunions directes au niveau ministériel.
Conseil d’affaires libano-syrien
Le traitement des dossiers « communs, notamment ceux restés en suspens » a connu au cours de cette journée des « progrès importants », a affirmé Nawaf Salam, qui espère des « résultats concrets qui apparaîtront prochainement. » Outre ces dossiers lancés il y a plus d'un an, des discussions ont également été engagées sur de « nouvelles initiatives ».
MM. Salam et Chareh, ainsi que plusieurs ministres présents, ont notamment examiné les suites de l'accord judiciaire pour le transfert de détenus syriens au Liban, le retour des réfugiés et le « sort des personnes disparues et victimes de disparition forcée dans les deux pays ». Concernant la frontière commune des deux pays, connue pour sa porosité et dont la totalité n'est pas officiellement délimitée, les deux parties ont « insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle de cette démarcation et de lutter contre la contrebande sous toutes ses formes », selon le Premier ministre. En parallèle, ils ont examiné les questions liées au transport terrestre, alors qu'un mécanisme provisoire est en vigueur pour le transit des marchandises, ainsi que la possibilité d'une « liaison ferroviaire. » Au niveau du commerce, il a été décidé de « développer les échanges préférentiels et d'encourager les investissements ». Pour ce faire, un « Conseil d’affaires libano-syrien » devrait être rapidement créé et tenir « dans les prochaines semaines » sa première réunion à Damas, a affirmé M. Salam.
« Défis » régionaux et coopération sécuritaire
Les discussions ont en outre porté sur l'amélioration des réseaux électriques entre les deux pays pour « faciliter l'approvisionnement du Liban en électricité depuis la Syrie et via celle-ci, ainsi que sur la conclusion d’un accord de transit de gaz naturel », a-t-il poursuivi.
MM. Salam et Chareh ont aussi évoqué les « grands défis auxquels le Liban et la Syrie sont confrontés dans le contexte des développements régionaux accélérés sur plusieurs plans », a affirmé le Premier ministre, qui a précisé que les consultations se poursuivront à ce sujet. Un communiqué de la présidence syrienne faisait, lui, état de discussions sur un « renforcement de la coordination sécuritaire » face à ces « défis ».
Le déplacement de la délégation libanaise de haut rang a eu lieu alors que Damas accuse régulièrement le Hezbollah d’être impliqué dans des projets d’attaques sur le territoire syrien, ce que le parti chiite dément, et que l'armée israélienne occupe des territoires syriens et libanais.
La délégation libanaise comprenait le vice-Premier ministre Tarek Mitri, les ministres de l’Économie et du Commerce Amer Bsat, des Travaux publics et des Transports Fayez Rassamny, de l’Énergie et de l’Eau Joe Saddi, ainsi que la conseillère du Premier ministre, l’ambassadrice Claude Hajal.



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Les bonnes relations avec les pays voisins et moins proches reposent sur le respect de la souveraineté des pays concernés. Cela va dépendre de nos dirigeants et de la façon dont ils mèneront les négociations sans cliver l’échine ni troquer notre souveraineté, quelqu’en soit le prix. Commençons donc par le commencement en empêchant toute ingérence des pays dans nos affaires intérieures pour se faire respecter par tous les autres pays. On ne peut pas prétendre à une souveraineté et consulter des pays étrangers sur la politique à suivre pour le sauver. C’est du non sens.
12 h 17, le 11 mai 2026