Liban

On ne voit toujours pas la lumière au bout du tunnel

L’éclairage
26/04/2017

On n'est pas encore sortis du tunnel. Avec le coup de grâce donné hier par Nabih Berry au projet de nouvelle loi électorale de Gebran Bassil, les cadavres de projet (au total 28) commencent à bien encombrer le sol de l'hémicycle. Le rejet du leader du mouvement Amal a de quoi surprendre, puisqu'il intervient alors même que M. Bassil affirmait que le Hezbollah « ne s'y opposait pas, bien qu'il ne l'ait pas affirmé publiquement... »

Mais comme l'amour, la vie politique locale a des raisons que la raison ne connaît pas, et les euphémismes et understatements ne se comptent plus dans cette foire d'empoigne qu'est devenue la recherche d'une nouvelle loi électorale, avec des projets qui naissent et meurent dans une totale opacité et au mépris le plus total de l'opinion. Car enfin, si elle n'était pas totalement ignorée, celle-ci aurait pu être consultée, ne serait-ce que sous la forme d'un sondage d'opinion.

Pour un ancien ministre de l'Intérieur, il paraît « évident » que « personne ne veut d'élections législatives, mais que personne n'ose l'affirmer à voix haute et que chacun cherche à en faire assumer le naufrage à quelqu'un d'autre ».

Si les divers camps voulaient d'une nouvelle loi électorale, ils s'y seraient pris autrement, ajoute la source ministérielle citée, qui avance comme preuve de ce qu'elle avance les observations faites par le patriarche maronite au cours des deux derniers jours.

Ce dernier a tenu à corriger, hier, ce que la presse lui fait dire à tort. Le patriarche a donc tenu à préciser qu'il n'est pas favorable à la loi électorale de 1960, mais qu'il se contente de rappeler que cette loi est en vigueur, et que faute d'une entente sur une nouvelle loi, elle pourrait faire l'affaire, sachant que ce serait un moindre mal, en comparaison avec une prorogation de la législature qui serait une véritable « usurpation de pouvoir » ou d'un vide législatif inconcevable.

Du reste, Bkerké dénonce le double langage de certains qui diabolisent publiquement la loi électorale de 1960 et s'y montrent, en secret, attachés. Le siège patriarcal maronite fait observer aussi que « personne n'est pressé » d'organiser des élections représentatives, que personne ne recherche l'intérêt du Liban et des électeurs et que les projets proposés ne sont que des simulations bien étudiées dont le but est de produire un rapport de force avantageux pour celui qui les avance.

Les FL font assumer au Hezbollah la responsabilité de l'impasse, relevant que l'obsession exclusive de ce parti est de disperser et d'affaiblir ses adversaires par une proportionnelle intégrale, sachant pertinemment l'hostilité qu'elle soulève chez certains.
Selon ces sources, cette obstination s'explique par le fait que le Hezbollah ne souhaite tout simplement pas d'élections, à un moment où ses forces sont dispersées et où il fait l'objet de sanctions économiques de la part des États-Unis.

Pour les FL, il ne fait pas de doute que le Hezbollah est en faveur d'une certaine « obscurité constructive », sauf pour lui-même. Et de laisser entendre qu'une nouvelle initiative électorale des FL est à l'étude. Toutefois, compte tenu de l'obstructionnisme dont tout le monde semble avoir fait preuve depuis quelques semaines, voire quelques mois, le seul filet de sécurité certain tendu sous les voltiges électorales des uns et des autres reste celui que Bkerké tend à tous.

 

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Le Faucon Pèlerin

A chacun sa chanson, la mienne veut dire que je préfère la loi électorale de 1960 plutôt que toutes les lois mijotées par Gébran Bassile.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,EDITORIAL DE MONSIEUR ISSA GORAIEB EST REVELATEUR EN LA MATIERE... JE CONSEILLE A TOUS DE LE LIRE ET DE NOTER BIEN LES DEUX DERNIERES LIGNES !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL N,Y A PAS DE TUNNEL... C,EST UNE CAVE D,ALI BABA OU TOUS LES ALIBABISTES JOUENT AUX ECHECS !

gaby sioufi

il est pueril d'accuser les uns et les autres de chercher leurs interets .
C'est tout a fait normal apres tout.
L'anormal est d'accuser les autres de le vouloir.

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