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L'EI mène en Syrie et en Irak une politique de la terre brûlée

conflits

Les jihadistes s'efforcent aussi de détruire des infrastructures situées sur des territoires qu'ils ne contrôlent plus.

OLJ/reuters/Ali Abdelaty
23/03/2017

A mesure que son territoire est grignoté en Irak et en Syrie, l'organisation Etat islamique laisse derrière elle un paysage dévasté et s'attache à détruire systématiquement les infrastructures et ouvrages qu'elle ne pourra conserver.

Cette tactique de la terre brûlée a récemment trouvé une illustration lorsque l'armée syrienne appuyée par l'aviation russe a repris aux jihadistes la cité antique de Palmyre. L'état-major de l'EI a alors ordonné à ses combattants de saccager tous les gisements pétroliers et gaziers avant de battre en retraite.

"C'est désormais le devoir des moujahidine d'étendre leurs opérations aux actifs économiques des régimes infidèles afin de priver de ressources les croisés et les gouvernements apostats", pouvait-on lire le 2 mars dernier dans al-Nabaa, un hebdomadaire en ligne de l'organisation jihadiste.

L'article explique que les opérations menées par l'EI dans la zone de Palmyre et autour de la ville ont "montré les effets que peuvent avoir les opérations contre l'économie des infidèles, semant la confusion dans leurs rangs et les précipitant dans des batailles pour lesquelles ils ne sont pas préparés."

"Aux premiers jours de la deuxième conquête de Palmyre, lorsque les combattants se sont emparés de la ville et d'autres zones comprenant les dernières ressources pétrolières du régime alaouite (...), ce régime et ses alliés se sont précipités dans la profondeur du désert pour les reprendre", écrivait al-Nabaa.

"Mais les soldats du califat les ont battus à plate couture et ont complètement détruit les puits et les raffineries afin que les ennemis ne puissent en tirer profit et que leur crise économique dure le plus longtemps possible."

 

(Lire aussi : Guerre en Syrie An VI : que reste-t-il de l'État syrien ?)

 

Politique de destruction de masse
A l'apogée de sa puissance, l'EI contrôlait un vaste territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak, qu'il a peu à peu perdu en même temps que ses troupes subissaient de lourdes pertes.

L'armée irakienne a repris la majeure partie de Mossoul, plus grande ville jamais contrôlée par l'EI et d'où le califat a été proclamé par son dirigeant Abu Bakr al-Baghdadi. En Syrie, les jihadistes ont perdu Palmyre et leur bastion de Raqqa est encerclé.

En plus de leur politique de la terre brûlée, les jihadistes s'efforcent de détruire des infrastructures situées sur des territoires qu'ils ne contrôlent plus, notamment en Irak.

"Toute atteinte aux intérêts économiques de ces deux gouvernements les affaiblira, qu'il s'agisse d'un pylône électrique à Diyala, d'un puits de pétrole à Kirkouk, d'un réseau téléphonique à Bagdad ou d'une zone touristique à Erbil", disait l'article d'al-Nabaa.

Selon un conseiller du gouvernement irakien, le montant des dégâts provoqués par l'EI s'élèvent à environ 30 milliards de dollars (27,75 milliards d'euros) depuis 2014.

"Daech a recouru à une politique de destruction massive, visant les usines et les bâtiments afin de pénaliser autant que possible l'activité économique irakienne", a souligné Djafar al-Ibrahimi. "Plus de 90% des infrastructures qu'ils ont contrôlées sont détruites. Daech a incendié tous les puits de pétrole du gisement de Kayyara." Ils ont également détruit des sucreries et des cimenteries et en ont transféré les équipements vers la Syrie, a-t-il encore indiqué.

En Syrie, les combattants de l'EI ont détruit la centrale gazière d'Hayan à plus de 65%, a récemment déclaré le ministre syrien du Pétrole. Le gisement d'Hayan, situé dans la province de Homs, comme Palmyre, produisait 3 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour.

 

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