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Moyen Orient et Monde

Damas parachève la reprise de Palmyre

Conflit

« Le régime et l'EI sont tous les deux des terroristes. C'est la seconde fois que nous voyons Palmyre changer de mains. Suivre le jeu d'Assad à Palmyre, c'est comme regarder "Tom et Jerry" », ironise Nasser al-Hariri à Genève.

OLJ
03/03/2017

Les forces du régime de Damas ont repris hier, selon Moscou et l'armée syrienne, la ville historique de Palmyre aux jihadistes du groupe État islamique qui essuient ainsi un nouveau revers militaire.
Cette oasis située dans le centre de la Syrie change une nouvelle fois de mains. Elle avait été conquise en mai 2015 par l'EI, reprise par le régime en mars 2016 avant de retomber dans les mains des jihadistes en décembre. Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a informé le président Vladimir Poutine que les forces syriennes avaient achevé l'opération visant à reprendre Palmyre, a indiqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences russes. L'armée syrienne a, dans un communiqué, confirmé la reprise de la ville.
Appuyées par les frappes de l'armée russe qui soutient activement le régime depuis septembre 2015, les forces syriennes avaient pénétré mercredi dans la ville. « En coordination avec les forces alliées, l'armée syrienne a regagné le contrôle de Palmyre et ses environs après une série de succès militaires avec l'appui des aviations syrienne et russe. C'est un coup sévère porté à Daech, qui a commencé à battre en retraite et à s'effondrer », ajoute le texte. « L'EI s'est totalement retiré de Palmyre », a également confirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). « Mais l'armée syrienne est toujours en train de déminer les banlieues et ne s'est pas encore installée dans l'ensemble de la ville », a affirmé Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.
L'aviation gouvernementale syrienne a également conduit hier huit frappes aériennes dans le district d'al-Waer, à Homs, selon le Hezbollah, qui précise que les bombardements visaient des rebelles, dont certains ont été blessés. Si la ville de Homs est aux mains des forces de Damas depuis 2014, certains de ses faubourgs-ouest échappent encore à son contrôle.
Dans le nord de la Syrie, la situation continue de se complexifier une semaine après la prise de la ville d'al-Bab, bastion de l'État islamique, par les troupes turques et leurs alliés rebelles syriens (voir par ailleurs).

Blocage des négociations à Genève
Le régime et l'EI « sont tous les deux des terroristes. C'est la seconde fois que nous voyons Palmyre changer de mains. Suivre le jeu d'Assad à Palmyre, c'est comme regarder Tom et Jerry », le célèbre dessin animé des aventures du chat et de la souris, a ironisé lors d'une conférence de presse le chef des négociateurs de l'opposition aux pourparlers de Genève, Nasser al-Hariri.
De leur côté, le régime et son allié russe ont respectivement accusé hier l'opposition syrienne de « prendre en otage » et de « saboter » les pourparlers de paix entamés à Genève le 23 février mais qui piétinent depuis. L'opposition souhaite aborder les questions relatives à la transition politique, alors que le régime veut prioritairement parler de la lutte contre le terrorisme. Se félicitant de la reprise de Palmyre par l'armée syrienne, et assurant que le régime continuerait à se battre jusqu'à la reprise totale du pays, Bachar al-Jaafari, le chef de la délégation du régime de Damas, a fustigé le refus de l'opposition d'inclure la question du terrorisme à l'ordre du jour des pourparlers. Il s'exprimait après avoir rencontré l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura, qui fait la navette entre les parties à Genève.
« Vous avez entendu ou lu les déclarations de la plate-forme de Riyad (autre nom donné à l'opposition du Haut Comité des négociations, HCN) qui refuse d'inclure la question du terrorisme. Ce n'est pas étonnant, vu que la plate-forme de Riyad inclut des groupes terroristes. Certains combattent aux côtés de l'envahisseur turc (NDLR : Ankara intervient militairement dans le nord de la Syrie), d'autres prennent leurs ordres d'États qui exportent le terrorisme », a accusé M. Jaafari. « Certains sont en cheville avec Israël, ce qui représente la pire forme de trahison, d'autres avec les Saoudiens, d'autres avec les Turcs. Ces groupes ne sont pas indépendants, et nous les considérerons comme terroristes jusqu'à preuve du contraire », a-t-il ajouté sans citer les noms des groupes en question.
(Sources : agences)

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