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Liban

Les travaux sur la plage de Ramlet el-Baïda interrompus depuis le week-end

contestation

La société civile a exprimé hier sa satisfaction au cours d'un sit-in devant le chantier de l'Eden Bay Resort, où toute activité était arrêtée.

13/03/2017

Une fois n'est pas coutume: les militants de plusieurs organisations de la société civile affichaient hier dimanche, au cours d'un sit-in devant le chantier de l'Eden Bay Resort à Ramlet el-Baïda (dernière plage de sable de Beyrouth), des mines décontractées, après s'être enfin assurés de l'arrêt des travaux sur ce projet touristique controversé.

Le Conseil d'État avait pris lundi sa seconde décision consécutive d'arrêt des travaux sur ce chantier, dans le cours d'un procès intenté par l'association Green Line en coopération avec l'Agenda légal: les associations demandent l'annulation du permis de construire accordé par le mohafez de Beyrouth Ziad Chbib à l'entrepreneur du projet Mohammad Wissam Achour, sur base du fait que le terrain est « privé ».

 

 

 

 

Une première décision d'arrêt des travaux prise par le Conseil d'État le 22 février s'était heurtée aux allégations du mohafez selon lesquelles le permis de construire avait été modifié en date du 19 janvier, d'où le fait que le premier permis avait été « de fait » annulé. Le Conseil d'État a répondu favorablement aux arguments de la société civile qui argue qu'une modification de permis ne signifie pas une annulation du permis initial, d'où la seconde décision juridique confirmant la première. Or, les travaux sur le chantier ont tardé à s'interrompre cette semaine, bien que le mohafez de Beyrouth ait assuré avoir pris la décision d'exécuter ce jugement, soulignant que le processus prendrait du temps (lire notre édition du 10 mars).

 

(Lire aussi : L’arrêt des travaux se fait toujours attendre sur le chantier de l’Eden Bay)

 

Finalement, ce n'est que samedi matin que les travaux se seraient interrompus définitivement. Selon une source de Green Line, les ouvriers s'activaient toujours vendredi en soirée. À la demande du directeur général de l'Agenda légal, l'avocat Nizar Saghieh, un expert mandaté par le juge des référés pour effectuer un bilan des travaux (afin de rédiger un rapport d'état des lieux qui fera référence par la suite en cas de reprise illégale du chantier), a entrepris sa tournée samedi en matinée. Toujours selon la source de Green Line, cet expert a pu constater que du béton avait été coulé très récemment, comme si le chantier avait été abandonné tel quel à la hâte. L'association s'est assurée auprès des forces de l'ordre du fait que les travaux sont définitivement arrêtés.

 

 

 

 

Toutefois, l'avocat de la société Eden Rock propriétaire du projet, interrogé hier par la LBC, a donné un tout autre son de cloche. Selon lui, l'arrêt des travaux n'est dû qu'au chômage du dimanche (sachant que selon les militants, l'activité est interrompue depuis samedi et que celle-ci était incessante sur le chantier ces dernières semaines, soirées et dimanches inclus). L'avocat a argué que « la société n'a pas été officiellement notifiée de la décision de justice, et que lorsqu'elle le sera, elle prendra les dispositions qui s'imposent afin de demander des dommages et intérêts pour interruption de la construction ». Comment expliquer que la société n'ait pas encore été notifiée d'une décision de justice la concernant ? La décision confirmée deux fois par le Conseil d'État sera-t-elle mise en péril par de nouveaux atermoiements ?

 

(Pour mémoire : Nouvelle victoire des ONG contre la construction d’un projet sur la plage)

 

Deux recours
Interrogée par L'OLJ sur la suite attendue au processus légal engagé entre les deux parties, une source de Green Line affirme s'attendre à un long débat avec les parties mises en cause: d'une part, la municipalité de Beyrouth dont l'autorité exécutive, le mohafez, a accordé le permis à l'entrepreneur, et d'autre part, la société propriétaire du projet.

Selon elle, l'action légale se poursuivra à un double niveau: d'un côté, le recours continuera d'être examiné par le Conseil d'État, et la société civile insistera pour qu'une étude d'impact environnemental soit présentée et planchera sur les cartes et les documents fournis par la partie adverse dans le cadre de sa réponse au tribunal. D'un autre côté, l'Agenda légal a porté plainte auprès du juge des référés pour dénoncer un empiétement sur les biens-fonds publics maritimes dans le cadre de la construction du projet. Ce point est crucial, selon la source précitée, afin de pousser le ministère des Travaux publics et des Transports à l'action, puisque celui-ci ne peut entreprendre une action sans une preuve de cet empiétement.

Quoi qu'il en soit, les militants se sont réunis hier dans le calme pour savourer leur victoire après cette décision de justice enfin appliquée. En espérant que ce respect sera durable...

 

 

Pour mémoire

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ILS REPRENDRONT... GAGE !

George Khoury

Un grand bravo a tout les citoyens qui ce sont implique dans ce projet. Il faut maintenant demonter cette horreure

Mounir Doumani

Felicitation a M. Al Darwiche de Green Line Me. Saghieh du Legal Agenda.

Un grand merci aussi aux juges du Conseil d'Etat qui ont pris une decision independante des enormes interets en jeu

Merci au activistes de Dalieh et Raouche qui ont commence ce mouvement

Finalement, merci aux partis et mouvements politiques qui se mobilisent...dans ce cas selon la photo: Mouwatinoun wa Mouatinoun fi Dawla

La construction d'un etat ne peut que passer par une branche judiciaire forte. Il est temps que les juges rendent a cette branche la consideration qui est sienne. il faut sortir du "ihbat" ambiant et rejoindre les forces du changement

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