La Dernière

Prendre le petit déjeuner avec Gavin Ford

Radioscopie

Il nous réveille chaque jour de sa voix enjouée et dynamique. Gavin Ford, devenu aussi libanais que british, rafraîchit nos journées depuis 20 ans sur Radio One.

21/02/2017

Réveillez-vous ! semble-t-il dire chaque matin de 7 heures à 10 heures, tous les jours du lundi au vendredi. Au lever du lit, sous la douche ou encore en voiture, « le plus probablement en conduisant », dit-il, il est le peps de nos journées, le fuel à nos moteurs léthargiques. Depuis une vingtaine d'années avec son Breakfast show, il est la vitamine C des Libanais qui se branchent sur les ondes de 105.5. Comment cet Anglais a-t-il débarqué au pays du Cèdre, et plus précisément dans le petit village de Beit Méry, où la station a installé son antenne ?

« J'étais à Chypre à cette époque et j'écoutais cette radio que je trouvais étonnante de qualité. C'est par curiosité et durant des vacances au Liban que j'ai rencontré son directeur d'alors, Raymond Gaspard. Tout est donc parti de là. On m'avait proposé au début une émission de chansons d'amour. Je m'y ennuyais à mourir. Un an plus tard, je créais mon propre programme, qui allait perdurer. »

C'est en effet le plus ancien show radiophonique après celui de Tanguy, qui a 25 ans d'âge. L'animateur radio au corps d'athlète et aux yeux bleu eau, que la radio dissimule, bien sûr (et malheureusement), n'avait donc que sa voix pour séduire et attirer une audience qui grossissait de jour en jour. Mais surtout une expérience dont il est très fier. Passionné depuis son enfance, il avait, confie-t-il, installé son propre studio et enregistrait sur cassette des émissions fictives qu'il offrait à ses parents. « Cela les rendait fous, ils m'avaient puni et interdit de chansons et de radio durant six mois. » Le jeune adolescent se formera à la National Broadcasting School à Londres, « des études qui vous enseignent jusqu'au moindre petit détail, notamment les lois de l'éthique de la radio, ce qu'on peut et qu'on ne peut pas dire ». Malgré ce cursus qui n'était pas « aussi fun » qu'il l'imaginait plus jeune, il poursuivra jusqu'au bout sa formation d'animateur. « J'étais très passionné. Ce sont peut-être les boutons qu'on manipulait qui me fascinaient le plus. » Cette passion est demeurée intacte chez Gavin Ford, qui organise sa journée au millimètre près. « Je dois préparer l'émission très tôt le matin, mais comme je suis un oiseau de nuit, je le fais la veille, très tard. Je peux ainsi arriver au studio frais et dispos. »

 

« Cette langue est trop difficile... »
Son Breakfast show est un dialogue continu avec une présentatrice libanaise. « Je dois probablement avoir un sale caractère, avoue-t-il, puisque ces animatrices ne durent pas très longtemps avec moi ! Nous parlons de la pluie et du beau temps, des nouvelles des stars libanaises ou internationales. Parfois, je panache avec des scoops d'ordre scientifique, culinaire et autres. » La raison de la longévité de son émission, il la doit à ce renouveau et ce refresh, comme celui qu'on fait souvent aux logiciels d'ordinateur. « Je suis très soucieux de ne pas ennuyer l'auditoire. C'est pourquoi il faut savoir à quelle audience s'adresser. Une émission doit être comme un cocktail où il faut retrouver des multitudes de saveurs. » Mais attention !

Jamais de politique. « Bien que je sois parfois tenté de raconter des histoires croustillantes, surtout concernant Trump, qui est une excellente matière. Tant qu'il était un personnage public, on pouvait le faire, mais à présent, c'est du domaine de l'interdit. » Très exigeant envers lui-même, « je ne me permets aucune erreur. Si je trébuche avec un mot, je me mets en colère », il est aussi maître de l'humour de la « coolitude ». Enfin, il aime à se définir comme perfectionniste mais jamais parfait. « J'essaye tous les jours de l'être. » L'animateur, qui vit aujourd'hui à Broummana, a installé un studio dans sa maison où il prête sa voix à des publicités internationales. « Lorsque je pars en vacances à Londres, il me tarde de revenir au Liban. Je m'y sens chez moi. J'ai un seul regret, n'avoir pas réussi à apprendre l'arabe malgré quelques tentatives. Cette langue est trop difficile. »

L'animateur ne semble cependant pas s'inquiéter pour l'avenir: « Quand les gens auront des radios connectées à internet dans la voiture, ils auront le choix entre des centaines de chaînes. Ce sera difficile pour la station de garder une immense audience... » Mais il se reprend: « En attendant, continuons à nous divertir ! » Avant de le rendre à son antenne, on lui demande ce que ça lui fait d'être anonyme, sans visage ? « Mais je ne suis pas sans visage, répond-il. Depuis que je suis sur Facebook, on me reconnaît quand on me croise dans la rue et cela me fait immensément plaisir. »

 

 

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