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Le Hamas place un militaire à sa tête dans la bande de Gaza

Palestine

L'élection de Yahya Sinouar signe le fait que les brigades Ezzedine al-Qassam "ont pris le contrôle" du mouvement, déclare un politologue.

OLJ/AFP
13/02/2017

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a élu lundi à sa tête dans la bande de Gaza un farouche partisan de la lutte armée, augurant d'une ligne plus dure vis-à-vis d'Israël alors que les deux parties se sont livré trois guerres en six ans.

Dans un contexte de tensions persistantes avec Israël, l'élection de Yahya Sinouar reflète une militarisation de la direction du Hamas, disent les experts. M. Sinouar, un des fondateurs de la branche armée du Hamas qui gouverne la bande de Gaza, remplace Ismaïl Haniyeh, tenant, lui, de la ligne de la diplomatie.

Le Hamas, fondé en décembre 1987 après le début du premier soulèvement palestinien (Intifada) contre l'occupation israélienne et dont la charte prône la destruction d'Israël, renouvelle depuis plusieurs mois son bureau politique.
A l'issue de ces élections internes, le poste de Khaled Mechaal, à la tête du mouvement depuis l'assassinat en 2004 par Israël de cheikh Ahmad Yassine puis de son successeur Abdelaziz al-Rantissi, pourrait aussi être remis en jeu. Son successeur le plus probable est M. Haniyeh. Le processus se déroule dans le plus grand secret. Les résultats qui en filtrent indiquent cependant que les militaires pèsent de plus en plus lourd dans le bureau politique.

 

(Lire aussi : Réconciliation Hamas-Fateh : les Cisjordaniens plus sceptiques que jamais)

 

Yahya Sinouar, emprisonné plus de 20 ans par les Israéliens et libéré uniquement à la faveur d'un échange de prisonniers, est l'exact opposé de MM. Haniyeh et Mechaal, qui incarnent les efforts pour replacer le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, dans le jeu des négociations internationales.

L'élection de M. Sinouar signe le fait que les brigades Ezzedine al-Qassam, bras armé du Hamas, "ont pris le contrôle" du mouvement, dit le politologue gazaoui Moukhaïmer Abou Saada. "Le Hamas s'est militarisé" et pourrait se diriger vers "une escalade" avec Israël, dit-il à l'AFP.

Israël et le Hamas observent depuis la guerre dévastatrice de 2014 un cessez-le-feu tendu de part et d'autre de la barrière israélienne qui ferme hermétiquement les frontières. Ce cessez-le-feu a encore été mis à l'épreuve la semaine passée quand Israël a répondu lourdement à une roquette et des tirs en provenance de l'enclave palestinienne.

M. Sinouar "représente la ligne la plus radicale et la plus extrémiste du Hamas", dit Kobi Michael, ancien responsable des Affaires palestiniennes au sein du ministère israélien des Affaires stratégiques. Il prône "la résistance armée, ne croit en aucune coopération avec Israël ou les Egyptiens et la seule chose qui l'intéresse vraiment, ce sont les capacités militaires du Hamas".

 

(Lire aussi : Deux visions irréconciliables ?)

 

Sur les listes "terroristes" américaines
Le parcours de M. Sinouar, dont l'élection comme chef du bureau politique a été annoncée sous le couvert de l'anonymat, a de quoi alerter les Israéliens: leurs services de renseignements l'accusent d'être mêlé à l'enlèvement du soldat franco-israélien Gilad Shalit -- contre lequel il a ensuite été échangé, avec un millier de prisonniers palestiniens, dont beaucoup ont ensuite été de nouveau arrêtés.

Washington l'a placé en septembre 2015 sur sa liste de "terroristes internationaux", aux côtés de deux autres cadres du Hamas et de sa branche armée, et l'accuse de continuer à prôner l'enlèvement de soldats israéliens pour servir de monnaie d'échange contre des prisonniers palestiniens.

Yahya Sinouar, né en 1962 dans le camp de réfugiés de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, a dirigé, lors de sa licence en langue arabe, le conseil étudiant de l'Université islamique de Gaza, considéré comme tenu par le Hamas. Il a ensuite fondé la section "Majd", présentée comme une unité de renseignements au sein des très secrètes brigades Qassam.

Arrêté par Israël en 1988 pour "activité terroriste", il a été condamné à quatre peines de perpétuité avant d'être libéré en octobre 2011 contre la remise en liberté du soldat Shalit détenu pendant cinq ans par le Hamas. Après sa libération, il a multiplié les apparitions publiques pendant plusieurs mois, avant de disparaître des regards. Il passait alors comme commandant des unités d'élite des Qassam.

L'élection de M. Sinouar intervient à un moment où Israël et le Hamas semblaient discuter indirectement l'échange de trois civils israéliens et des corps de deux soldats israéliens. M. Sinouar défend une position intransigeante dans ces discussions, rapportait le quotidien israélien Haaretz dimanche.

 

 

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HADDAD Fouad

La réalité tend à lui donner raison, car l'autorité palestinienne en Cisjordanie malgré la collaboration n'enraye pas la colonisation, qui croit encore en la création d'un état palestinien par la voie diplomatique.....
L'épuration ethnique est en cour, il suffit de se référer aux chiffres de l'UNRWA pour voir que les palestinien imigrent en masse à la recherche d'un avenir...

M.V.

Un militaire ..? diplômé de quelle école militaire..?

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