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Moyen Orient et Monde

Londres pourrait « reconsidérer » sa politique sur la Syrie

Conflit
OLJ
27/01/2017

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a déclaré hier que le Royaume-Uni pourrait « reconsidérer » sa politique sur la Syrie en s'alliant avec la Russie et en acceptant le maintien de Bachar el-Assad au pouvoir. « Je reconnais les inconvénients et les risques d'une volte-face complète, consistant à soutenir les Russes et Assad. Mais je dois aussi être réaliste sur le fait que la situation a changé et il se pourrait que nous devions reconsidérer notre façon d'aborder » le conflit syrien, a déclaré M. Johnson devant la Chambre des lords. « Nous récitons inlassablement notre mantra exigeant le départ d'Assad, sans jamais être en position de l'obtenir », a-t-il dit. De nouvelles élections en Syrie « sous la supervision de l'ONU », ce serait « une manière d'avancer », a-t-il ajouté. À la question de savoir si cela voudrait dire qu'Assad pourrait se représenter, Boris Johnson a répondu : « Oui. »
Jusqu'à présent, Londres a toujours dit qu'un départ du président syrien était un prérequis non négociable au règlement du conflit syrien qui a fait plus de 310 000 morts et des millions de réfugiés depuis 2011.
M. Johnson a par ailleurs ouvert la porte à un accord avec la Russie pour lutter de concert contre les jihadistes de l'État islamique en Syrie, au moment où la Première ministre britannique Theresa May se rendait aux États-Unis. « Trouver un accord avec les Russes pour attaquer Daech (le groupe État islamique) et le rayer de la carte, comme l'a dit le président (Donald Trump), pourrait être une solution », a souligné Boris Johnson.

Zones de sécurité ?
Sur un autre plan, le porte-parole du Kremlin a affirmé hier que la nouvelle administration américaine n'a pas consulté la Russie avant d'annoncer son projet de création de « zones de sécurité » pour les réfugiés en Syrie et aucun contact direct n'a du reste été établi depuis l'investiture de Donald Trump. « Non, nos partenaires américains ne nous ont pas consultés », a répondu Dmitri Peskov, interrogé lors d'une conférence de presse téléphonique sur le projet de Washington. « C'est une décision souveraine », a-t-il poursuivi, ajoutant : « Il est important qu'elle n'exacerbe pas la situation avec les réfugiés, mais probablement toutes les conséquences ont-elles été pesées. »
Donald Trump avait annoncé mercredi soir sur ABC qu'il « ferait sans nul doute des zones de sécurité en Syrie » pour les réfugiés fuyant la guerre civile. Jeff Davis, le porte-parole du Pentagone, a néanmoins indiqué hier que le département de la Défense n'avait pas reçu « d'ordre ou de directive » pour préparer des zones de sécurité en Syrie.
La création de zones de sécurité pour les civils dans le nord de la Syrie, qui supposerait en principe d'empêcher les bombardements de l'aviation syrienne, est réclamée de longue date par la Turquie, qui a accueilli sur son territoire le plus grand nombre de réfugiés syriens.
Ankara a indiqué hier qu'il suivrait de près le projet évoqué par le président américain. « Nous suggérons (la création de zones de sécurité) depuis le début. Jarablous en est le meilleur exemple », a déclaré lors d'une conférence de presse à Ankara Hüseyin Müftüoglu, porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, affirmant que des milliers de Syriens étaient en train de retourner dans cette ville reprise en août à l'EI par les rebelles syriens soutenus par l'armée turque.

Nouvelles frappes aériennes russo-turques
Sur le terrain, dans la région d'Alep, les aviations russe et turque ont de nouveau effectué ensemble des frappes aériennes contre des positions de l'EI à al-Bab, a annoncé hier le ministère russe de la Défense. « Cette opération aérienne, en accord avec la partie syrienne, a engagé des bombardiers Su-24M et des chasseurs Su-35S de l'aviation russe en compagnie d'avions de combat F-16 et F-4 de l'aviation turque », précise le communiqué russe.
En outre, l'armée syrienne a repoussé hier au sud-est d'Alep une attaque de l'EI qui avait momentanément coupé la seule voie d'approvisionnement des forces gouvernementales syriennes entre Alep et le reste des territoires sous leur contrôle, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
(Sources : agences)

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