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Économie

Abi Khalil lance un plan pour développer les énergies renouvelables au Liban

Électricité

La feuille de route présentée hier par le ministre de l'Énergie et de l'Eau vise à porter la part du renouvelable à 12 % de la demande d'électricité à l'horizon 2020.

13/01/2017

Alors que le Liban reste confronté à une forte pénurie d'offre d'électricité depuis la fin de la guerre civile, les pouvoirs publics continuent de miser notamment sur le développement des énergies renouvelables pour y remédier.

« Après l'adoption la semaine dernière de deux décrets sur le gaz et le pétrole offshore (...), le ministère de l'Énergie et de l'Eau concrétise une nouvelle réalisation avec le lancement du plan national pour les énergies renouvelables », s'est félicité hier le ministre de l'Énergie et de l'Eau, César Abi Khalil, lors d'une conférence de presse organisée à l'hôtel Hilton Metropolitan de Sin el-Fil. Cette feuille de route, intitulée « The National Renewable Energy Action Plan for the Republic of Lebanon 2016-2020 » (NREAP), a été préparée par le Centre libanais pour la conservation de l'énergie (LCEC) – affilié au ministère de l'Énergie. « Cette feuille de route s'inscrit dans le cadre du plan global pour l'énergie lancé par Gebran Bassil et adopté en Conseil des ministres en 2010. La préparation de cette feuille de route a commencé durant le mandat de l'ancien ministre Arthur Nazarian, qui a fourni tous les moyens, le soutien et le suivi nécessaires à l'équipe du LCEC », a rappelé le ministre Abi Khalil.

Nécessitant un investissement de départ estimé à environ 1,7 milliard de dollars – dont une partie sera assurée par le privé –, ce plan vise à porter la part des énergies renouvelables à 12 % de la demande d'électricité en 2020. Un objectif similaire à celui du plan global pour l'énergie, mais néanmoins plus ambitieux dans la mesure où celui-ci fixait ce ratio à 12 % de la production d'électricité et non de la demande. Cette dernière devrait par ailleurs augmenter de 7 % par an d'ici à 2020, selon le plan présenté hier. En 2015, la part des énergies renouvelables représentait 4,1 % de la production totale d'électricité, selon une étude publiée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en septembre 2016.

 

 

(Lire aussi : L’Italie veut renforcer sa coopération avec le Liban en matière d’économie verte)

 

 

Quelque 640 heures de courant supplémentaires
Ce plan détaille plusieurs mesures et projets à mettre en place d'ici à 2020, en fonction des différents types d'énergie renouvelable présentée (énergie éolienne, énergie solaire photovoltaïque (PV) ou thermique, énergie hydraulique, biomasse et géothermie). Au total, la mise en place de ces projets permettra d'ajouter plus de 640 heures d'électricité en 2020.

« Outre les heures supplémentaires d'électricité, cette hausse de la production d'énergies renouvelables permettra aussi de faire des économies équivalentes à 767 kilotonnes de pétrole (ktep) », a expliqué César Abi Khalil à L'Orient-Le Jour. Sur ce surplus de production électrique généré par les énergies renouvelables, 35 % seront obtenus à partir d'énergie solaire, 27 % proviendront d'énergies hydrauliques, 21 % seront issus de la biomasse (à partir du recyclage de déchets, par exemple) et 17 % seront fournis par de l'énergie éolienne.

S'agissant de l'énergie solaire, elle pourrait être produite selon différents procédés : soit avec des panneaux solaires PV centralisés (dont l'énergie produite est ensuite redistribuée via le réseau national) ou décentralisés (utilisés directement par ses bénéficiaires) ; mais aussi via l'installation de chauffe-eau solaires ou encore à travers la mise en place d'une centrale solaire thermique à concentration (qui concentre les rayons du soleil à l'aide de miroirs). Outre les 3 mégawatts (MW) déjà produits via la mise en place de trois parcs solaires – sur le fleuve de Beyrouth, à Zahrani et à Choukine – entre 2015 et 2020, le ministre a annoncé le lancement d'un appel d'offres pour la production de plus de 120 MW d'électricité à travers la construction de parcs solaires (voir encadré).

Concernant l'hydraulique, le plan propose la réhabilitation des cinq centrales hydrauliques préexistantes, la construction de nouvelles centrales, ainsi que la mise en place de microcentrales hydrauliques. Ces investissements permettront à terme de fournir 331 MW d'électricité supplémentaires d'ici à 2020. « Nous avons demandé à l'Office des eaux de Beyrouth et du Mont-Liban d'avancer dans le dossier de réhabilitation de la centrale hydraulique de Jeïta », a mentionné le ministre lors de sa conférence de presse.
Quant à l'éolien, le ministre a ajouté : « Le dossier concernant l'énergie éolienne devrait être transmis dès la mi-février au Conseil des ministres, qui émettra trois licences de production d'environ 200 MW », a-t-il indiqué. « Nous espérons que ces projets seront réalisés avant la fin 2017 », a-t-il encore déclaré.
Pour y parvenir dans le contexte de monopole de production détenu par Électricité du Liban, le ministre Abi Khalil a rappelé que cette production d'énergie renouvelable nécessitait de s'appuyer sur le mécanisme législatif mis en place par la loi 288 du 30 avril 2014. Le texte permet au Conseil des ministres d'octroyer des licences de production d'électricité au secteur privé sur une période de deux ans. Le mécanisme fut renouvelé à travers l'adoption de la loi 54 en octobre 2015, pour une durée allant jusqu'à avril 2018.

 

 

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