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Liban - Victimes de l’attentat d’Istanbul

Rita et Haykal, une « princesse » et un jeune marié qui aimaient la vie

Rita Chami et Haykal Moussallem ont perdu la vie à Istanbul, dans la nuit de samedi à dimanche, lors du réveillon de la Saint-Sylvestre. Partis en Turquie pour fêter la nouvelle année et passer de bons moments, Rita et Haykal continuent d'être perçus comme des êtres pleins de vie par leurs amis les plus proches. « L'Orient-Le Jour » a recueilli leurs témoignages.

Rita Chami, une « princesse » de 26 ans
Cette étudiante en relations publiques, pleine de vie et toujours souriante, avait perdu sa mère quelques mois plus tôt mais affichait son sourire habituel malgré tout. Les obsèques de la jeune femme auront lieu aujourd'hui en l'église de l'archevêché grec-catholique, rue de Damas. Elle sera ensuite enterrée dans son village natal de Joun (Iklim el-Kharroub).

Tarek Osman a rencontré Rita en 2014... lors d'un voyage en Turquie. « J'ai fait la connaissance de Rita en Turquie, alors qu'elle était en voyage avec sa mère. On devait retourner ensemble en Anatolie l'été prochain, mais son amour pour la Turquie l'a tuée avant qu'on ne le fasse », indique Tarek, la voix troublée.
« Rita était une princesse très souriante, sauf quand sa mère est morte. Sa mère lui manquait, mais elle est allée la rejoindre trop tôt, ajoute-t-il. Je prépare ses noces, demain (aujourd'hui) c'est son mariage et il y aura une zaffé pour lui dire adieu. On distribuera aussi des pins à son effigie, des roses et des bougies devant l'église. »

Jihad Abdel Rahim, un autre ami proche de Rita, se rappelle une jeune femme « souriante malgré ses problèmes personnels et familiaux ».
« Sa mère est morte il y a quatre mois. Elle a commencé depuis à s'occuper un peu d'elle-même, mais la mort l'a fauchée. Son père est très malade et dans un état critique depuis l'annonce de sa mort », souligne Jihad.
Maria Dheini, amie de Rita depuis 6 ans, n'arrive pas à accepter la mort de cette dernière, et c'est par écrit qu'elle nous parle d'elle, trop émue pour s'exprimer de vive voix. « Rita était pleine de vie et positive. Elle est restée souriante même quand elle a perdu sa mère. Bouchra Doueihy (blessée lors de l'attentat) était sa meilleure amie et a réussi à la faire sourire à nouveau », ajoute Maria.

Nathalie, une autre amie de Rita, explique qu'elle la considérait comme sa sœur. « J'ai toujours voulu avoir une sœur et Dieu a répondu à mes prières en 2012. Notre amitié était incroyable, c'est le genre d'amitié qu'on ne rencontre pas souvent. La vie est trop courte, mais je sais que j'ai maintenant un ange qui veille sur moi », a-t-elle confié.

(Lire aussi : L’arrestation de Ramzi Kadi, entre liberté d’expression et atteinte à l’ordre public)

 

Haykal Moussallem, 36 ans, l'entraîneur aux ondes positives
Georges Sahyouni est entraîneur sportif et athlète professionnel. Il a connu Haykal Moussallem il y a quelques années, dans le cadre du cursus d'éducation sportive à l'Université antonine où Haykal enseignait. Flairant le potentiel du jeune homme, Haykal était devenu rapidement son entraîneur personnel et le poussait à être au top de sa performance. « Haykal a été mon préparateur physique en arts martiaux mixtes et en boxe thaïe. Il m'a dit que j'avais beaucoup de potentiel. Il m'a même sponsorisé en tant qu'athlète, il m'entraînait gratuitement », confie Georges à L'OLJ.

« Haykal peut être considéré comme le numéro 1 dans le domaine du sport au Liban. C'était un homme aimant qui aidait tous les joueurs. Personnellement, c'est grâce à lui que j'ai amélioré ma performance. Il a préparé les plus grands joueurs de basket au Liban », ajoute-t-il.
« Avant Noël, on s'est parlé au téléphone pour mon entraînement de 2017. Je devais le voir le 1er janvier pour commencer les préparatifs. Quand j'ai su ce qui s'était passé à Istanbul, je lui ai envoyé des messages qui sont restés sans réponse... » souligne Georges. « Je veux marcher sur ses pas, je le prends pour exemple. J'aimerais avoir les connaissances qu'il avait. Je lui ai promis quelque chose concernant ma performance en 2017 et nous devions y travailler ensemble. Je vais tenir ma promesse », conclut-il.

Philippe Massoud est athlète professionnel dans le domaine des arts martiaux mixtes et était également coaché par Haykal depuis deux ans. « Haykal répandait tout le temps des ondes positives. Je ne suis pas resté longtemps à son enterrement (mardi, à Biré dans le Chouf). Je voulais garder de lui une image souriante », confie-t-il.
« Je l'ai vu il y a dix jours, et je devais le revoir aujourd'hui (hier) pour commencer ma préparation physique. J'ai une compétition dans un mois. Nous avions également un projet de travail ensemble, moi en tant qu'entraîneur et lui en tant que préparateur physique, ajoute-t-il. Il était tout le temps de bonne humeur et nous motivait en permanence. »

 

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