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Liban - L’éclairage

Face aux développements en Syrie, la stabilité au Liban reste une ligne rouge

OZAN KOSE/AFP.

Le cessez-le-feu en Syrie parrainé par la Russie et la Turquie tiendra-t-il en vertu de l'accord conclu avec l'Iran à Moscou, qui oblige le régime syrien à respecter la trêve et à permettre l'arrivée de l'aide humanitaire aux civils ? Le sommet de Moscou a ouvert la voie à des réunions à Astana, au Kazakhstan, entre des représentants des groupuscules syriens modérés de l'opposition et des responsables russes, et à Ankara, entre ces mêmes groupes syriens, et des responsables russes et turcs, qui ont débouché sur l'accord de cessez-le-feu signé par les sept formations rebelles. L'État islamique, naturellement, n'est pas englobé par cet accord. Par ailleurs, les milices non syriennes qui se battent au côté du régime Assad, dont le Hezbollah, sont appelées à se retirer du territoire syrien.

Les représentants des groupuscules ont bien entendu rejeté tout rôle de Bachar el-Assad dans les négociations en vue de la trêve ou toute participation à la solution, dans la mesure où il ne saurait faire partie de l'étape à venir. Un point qui, à n'en point douter, constitue une pomme de discorde entre Russes, Américains et Saoudiens. Ce n'est pas que Moscou tienne particulièrement au président syrien. Mais tout se monnaie, et une carte aussi importante ne saurait être abandonnée au bas prix. C'est avec l'administration Trump que Vladimir Poutine entend négocier le sort d'Assad.

L'administration Obama, elle, a bien accueilli le cessez-le-feu, soutenant les efforts déployés par la Russie et la Turquie, tout en restant attachée à ses propres conditions. En fait, pour qu'il perdure, le cessez-le-feu a besoin d'une couverture régionale et internationale, ce qui n'est toujours pas le cas actuellement, en raison du conflit sur la période à venir, que ce soit le mécanisme des négociations ou leur teneur. De sources diplomatiques occidentales, il s'avère en effet qu'aucune partie ne souhaite la partition ou la fédéralisation de la Syrie. Toutes affirment être attachées au respect de la souveraineté, de l'indépendance et de l'unité de la Syrie en tant qu'État démocratique et laïc, aux différentes coutumes et religions, conformément à l'article premier de la déclaration de Moscou du 20 décembre. Selon les sources précitées, la Russie ne souhaite nullement s'enliser dans le bourbier syrien. Une fois l'accord conclu, elle a immédiatement décidé de retirer un certain nombre de ses troupes de Syrie. Moscou et Ankara souhaitent parvenir à un compromis politique qui empêcherait toute partition ou division du territoire syrien, et souhaitent élargir leurs concertations pour assurer une couverture internationale au cessez-le-feu.

Mais les craintes que ce dernier ne tienne pas sont particulièrement fortes, en raison des nombreuses interférences et du méli-mélo d'intérêts des différentes forces régionales et internationales. La Syrie, comme le Liban autrefois, est devenue une arène de règlements de comptes, la « boîte aux lettres » de la région. De plus, le cessez-le-feu reste fragile du fait de l'absence de participation américaine et européenne. Il doit donc s'accompagner d'un mécanisme politique à même de le consolider et de provoquer le début de négociations en vue d'une solution à la crise.

Le Liban risque-t-il de souffrir des développements en cours en Syrie ? Des parties lésées pourraient-elles y trouver un moyen de déstabiliser les efforts de solution en cours si elles n'en font pas partie ? C'est une éventualité. D'autant que le pays du Cèdre reste l'arène de prédilection du Hezbollah, qui a joué un rôle fondamental dans les combats en Syrie. Cependant, des sources sécuritaires précisent que les forces militaires et sécuritaires sont sur le qui-vive pour empêcher toute tentative de déstabilisation sur la scène locale. Des mesures préventives ont été prises pour empêcher toute retombée des développements en Syrie. La préservation de la stabilité au Liban est une ligne rouge, souligne ainsi un responsable sécuritaire. C'est d'ailleurs ce que le président de la République, Michel Aoun, a affirmé lorsqu'il a reçu les responsables des services de renseignements militaires et sécuritaires. Toutes les mesures sont prises pour consolider la stabilité du pays, surtout durant les fêtes.

Des sources loyalistes mettent en exergue le ton positif adopté par le Hezbollah, jeudi, à Bkerké, et sa politique de la main tendue à l'égard des Forces libanaises (FL). Ce geste fait suite aux déclarations du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, reconnaissant la légitimité des FL en milieu chrétien et leur présence sur le plan national. Des sources FL lient cette nouvelle attitude aux développements en cours sur la scène syrienne, en vue du retour des combattants du parti chiite au Liban, conformément à l'accord de Moscou. De même, les réfugiés syriens devraient pouvoir rentrer chez eux, dans des zones sûres. Le Liban officiel, lui, préserverait ses distances vis-à-vis du conflit, en vertu du discours d'investiture du président Aoun et en attendant la nature du compromis en Syrie.

 

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