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Économie

Les Libanais dépensent-ils moins pour les fêtes de fin d’année ?

Conjoncture

Alors que la période des fêtes est cruciale pour les commerçants, les professionnels interrogés se veulent optimistes, alors que le constat est plutôt mitigé.

24/12/2016

Toute la semaine, les préparatifs des fêtes de fin d'année ont battu leur plein, comme en témoignent les bouchons sur les routes libanaises et la foule qui se bouscule dans les centres commerciaux et les rues marchandes. Une effervescence qui semble satisfaire les commerçants locaux, sans toutefois réussir à combler totalement leurs attentes.

« Les ventes de décembre auraient pu dépasser ou égaler celles enregistrées à la même période en 2015, mais le retard dans la formation du nouveau gouvernement a négativement impacté l'activité ce mois-ci », déplore ainsi le président de l'Association des commerçants de Beyrouth (ACB), Nicolas Chammas. Selon lui, le vent d'optimisme et le regain de confiance qui avaient été induits par l'élection de Michel Aoun à la présidence, le 31 octobre, ont eu le temps de retomber pendant le mois et demi de négociations politiques qui a suivi. « Jusqu'au 20 décembre, les performances (des commerçants) étaient en baisse de 5 à 10 % par rapport à la même période l'année dernière. Puis, la formation d'un gouvernement dimanche dernier a provoqué un début de reprise pour les secteurs concernés par les fêtes ces quatre derniers jours », ajoute M. Chammas, qui table, au mieux, sur une stagnation, voire même une baisse de 5 % de l'activité par rapport à l'année précédente.

 

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Les professionnels interrogés par L'OLJ veulent, eux, se montrer plus optimistes, la période des fêtes représentant une part importante de leur chiffre d'affaires annuel. « Le niveau des dépenses en décembre est équivalent à celui enregistré un an plus tôt, et, vu la situation économique aux niveaux local et régional, nous en sommes satisfaits », explique Tony Salamé, PDG de la chaîne Aïshti. « Nous avons ressenti une crispation du marché sur les premiers jours de décembre, mais qui s'est (progressivement) atténuée (à l'approche des fêtes) », observe de son côté le PDG de Khoury Home, Romen Mathieu, qui prévoit de terminer l'année en hausse de 15 %, avec des performances en décembre peu ou prou égales à celles enregistrées sur la même période en 2015.

« Nous avons constaté une amélioration (de l'activité) depuis la deuxième semaine de décembre », constate pour sa part Michel Abchee, PDG du centre commercial City Mall, évoquant des ventes « en hausse de 10 ou 20 % par rapport à décembre 2015 ». Un enthousiasme également partagé par le groupe ABC, qui l'attribue à l'arrivée d'un « plus grand nombre de visiteurs (étrangers) » pendant cette période ainsi qu'à « la confiance des Libanais qui commencent à revenir grâce à un environnement global de stabilité qui s'installe dans le pays ». Hier, le nouveau ministre du Tourisme, Avédis Guidanian, a déclaré au micro de La Voix du Liban que « plus de 250 000 visiteurs » étaient attendus durant le mois de décembre ».

 

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Attendre les offres
Reste que, pour l'ensemble des professionnels interrogés, la tendance est claire : les Libanais cherchent à dépenser moins. Un diagnostic confirmé par Nicolas Chammas, qui relève une baisse du ticket moyen des clients, et une tendance de ces derniers à préférer acheter des produits moins chers. « Nous sentons que les consommateurs ont la volonté de moins dépenser, la valeur moyenne par article acheté a diminué », confirme de son côté Tony Salamé, sans plus de précisions.

Quelques exceptions subsistent cependant, à l'image des achats de foie gras. « Nos produits sont moins chers de 40 % par rapport à ceux qui sont importés, mais certains Libanais (préfèrent) acheter des marques françaises », explique Jihane Féghali, directrice associée de l'enseigne de fabrication artisanale de foie gras La Ferme Saint-Jacques. Selon elle, le niveau des ventes atteint par sa société en décembre est équivalent à celui enregistré sur la même période en 2015.

Résultat, les offres promotionnelles se font de plus en plus nombreuses. « Les promotions n'ont pas arrêté depuis le Black Friday (qui s'est déroulé du 25 au 30 novembre cette année) », relève Michel Abchee, pour qui le phénomène est lié à « une question d'offre et de demande » et ne peut pas constituer « un indicateur de la santé du secteur ». Un phénomène qui peut parfois atteindre des proportions spectaculaires : Khoury Home affirme ainsi avoir réalisé un chiffre d'affaires de 10 millions de dollars pendant les 5 jours du Black Friday, battant ses records de vente sur dix ans. « Les consommateurs attendent d'avoir de meilleures offres pour faire leurs achats, à cause de la situation économique. Mais cela ne signifie pas pour autant que nos ventes diminuent sur le reste de l'année, car cet événement possède son propre marché », conclut Romen Mathieu.

 

 

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