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Cinéma

Jimmy Keyrouz ira-t-il jusqu’aux Oscars ?

Récompense

Une fois de plus, un Libanais vient inscrire son nom au haut de l'affiche. Jimmy Keyrouz et son film « Nocturne in black » sont présélectionnés dans la catégorie « fiction » parmi les prix des « Student Academy ». Verdict le 22 septembre.

08/09/2016

L'Académie qui a instauré en 1972 les prix « Student Academy » pour encourager l'excellence cinématographique au niveau universitaire a, pour sa 43e édition, sélectionné parmi 1 749 films présentés, provenant de 286 universités et écoles locales et de 95 internationales, les œuvres de 17 étudiants seulement. Parmi ces nominés, le film d'un Libanais, Jimmy Keyrouz, étudiant à l'Université de Columbia et qui s'intitule Nocturne in black.

Ces 17 œuvres qui se partagent entre les différentes catégories comme fictions, documentaires, animations et alternatifs, recevront des médailles d'or, d'argent et de bronze, et les gagnants concourront à la prestigieuse cérémonie des Oscars. Prestige absolu pour ce jeune étudiant dont le film a été projeté à la salle Metropolis Empire Sofil au Liban et qui a séduit et ému les spectateurs.

Dans Nocturne in black, c'est l'histoire d'un piano que l'on veut casser. C'est l'histoire d'une musique qu'on veut faire taire. C'est l'histoire de l'homme civilisé, humain, qu'on veut massacrer, éliminer et faire disparaître pour que règne l'ère animale. Que dire ? Sauvage. L'action se situe en Syrie, dans cette époque maudite où les Barbares tentent d'effacer tout esprit d'humanité, à commencer par l'art, et notamment la musique.
Contacté par L'Orient-Le Jour, Jimmy Keyrouz a répondu à nos questions.

 

Avez-vous toujours voulu être un metteur en scène ? Qu'est-ce qui vous a le plus inspiré pour faire du cinéma?
Les films Disney étaient les premiers films que je regardais quand j'étais enfant. Et à chaque fois, je me sentais emporté dans un monde de magie, de beauté, de mystère, ouvert à toutes les possibilités. Le sentiment était tellement fort que j'avais envie de faire mes propres films et de partager ces sensations avec les autres. Être en quelque sorte une passerelle d'émotions. En grandissant, j'ai réalisé quel est l'impact et le pouvoir des films dans notre vie. Ils peuvent être soit porteurs de messages, soit un simple divertissement qui fait évader les spectateurs de la réalité quotidienne.

 

Quel est votre souci primordial dans un film ? Scénario, concept, image ?
C'est tout d'abord et principalement le script. Sans un bon scénario, il est impossible de faire un bon film, même si la mise en scène, les images ou le casting sont excellents. À mon avis, il y a énormément de bons cinéastes et beaucoup d'excellents acteurs et actrices, mais il est difficile, voire très rare, de tomber sur un bon scénario.

 

Comment a commencé le projet de « Nocturne in black» ?
Tout a commencé quand j'ai lu nombre d'articles de presse narrant comment les régions occupées par les nouveaux terroristes sont interdites de tabac, d'activités divertissantes et surtout de musique. Ils instauraient un nouveau code de vie et ces activités étaient passibles même de sentence de mort. Je trouvais que c'était inconcevable, étant moi-même un pianiste. Puis, un jour, un ami m'envoie un article dans lequel on lisait : « Un musicien conjure l'espoir dans le camp de Yarmuck, affamé. » Tout a donc commencé par cet article. J'appelle le musicien Aeham Ahmad (sujet principal de l'article) qui me raconte l'enfer dans lequel ils vivaient. Quand le corps est emprisonné, l'esprit peut demeurer libre et s'envoler. Aeham jouait pour alimenter l'espoir dans le cœur de ses compatriotes. Je n'ai pas écrit un scénario basé sur son histoire, mais inspiré par elle. Par la suite, j'ai rencontré Marc Fadel, mon producteur. Avec lui, nous avons réuni une équipe principalement libanaise, sauf pour les figurants qui sont syriens. Je voulais tourner en Syrie, mais c'était quasiment impossible.

 

Parlez-moi de votre sélection...
Nous avons soumis le film à la « Student Academy » des prix en mai 2016 et nous venons d'apprendre que nous sommes parmi les trois médaillés de la catégorie fiction. De plus, c'est un honneur car l'Académie cette année a accepté 1 749 films.

 

... Et de la suite de l'aventure.
La suite, vous la connaîtrez le 22 septembre. Mais d'ici là, être parmi ces dix-sept films internationaux et locaux sélectionnés est une chose « cool » en soi. Être allé si loin est une récompense ultime. Et puis, si je suis qualifié à la 89e édition des Oscars, que dire ? C'est super ! Par ailleurs, nous avons été admis au Festival du film de Telluride et à celui des courts métrages de LA et reçu plusieurs récompenses. Je suis donc plus qu'heureux.

 

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