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Le street art de Yazan Halwany encapsulé pour un grand horloger

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05/09/2016

Ses œuvres, qui ont donné une nouvelle vie à certains quartiers de Beyrouth, ont tapé dans l'œil de l'une des plus grandes marques du monde. Le talentueux artiste de rue libanais Yazan Halwany, auteur de nombreuses fresques sur les murs de la capitale, combinant calligraphie arabe et portraits de personnalités, a été choisi par le grand horloger suisse Tag Heuer pour dessiner l'un des cadrans électroniques qui ornera la montre connectée de la marque.

« C'est un honneur d'avoir été choisi par cette grande marque de montres, connue dans le monde entier, d'autant qu'elle colle parfaitement au concept artistique que je tends à développer depuis quelques années », a déclaré Yazan Halwany, interrogé par L'Orient-Le Jour.

Au fil des années, l'artiste a marqué Beyrouth de son empreinte. Le portrait de Fayrouz ou celui de Gibran Khalil Gibran inséré dans un billet de banque peint sur un mur à Gemmayzé sont signés Yazan. Les fresques de Hamra, montrant le poète palestinien Mahmoud Darwich, une Sabah rayonnante et le visage d'un sans-abri recouvert d'une épaisse barbe blanche, c'est encore lui. Ce portrait d'un singe en costume-cravate pour dénoncer la république bananière qu'est devenu le Liban, c'est toujours Yazan Halwany qui le signe en 2013.

Pour le compte de l'horloger suisse, l'artiste a présenté un projet intitulé « Le temps n'attend pas ». Ce projet reprend les grandes lignes de ses compositions murales de facture traditionnelle, qui ont franchi Beyrouth et les frontières du Liban jusqu'en Europe et à Singapour. Le projet de l'artiste sera révélé le 7 septembre, au moment de la fête de l'Adha. « Je vois beaucoup de points communs entre la calligraphie et l'horlogerie. L'horlogerie est un art traditionnel qui a su s'adapter à son temps. La calligraphie, telle que je l'envisage, doit suivre le même chemin, explique Yazan Halwany. Cette idée de cadran classique dans une montre connectée rejoint la façon dont j'envisage la calligraphie et mon exercice artistique. Je me suis toujours interrogé sur la dichotomie qui a été faite entre la tradition, ancrée dans des canons ancestraux, et la modernité ou l'innovation. Je considère aujourd'hui que la calligraphie ne doit pas être figée dans la tradition, mais qu'elle doit être le moyen d'exprimer ce que sont l'environnement et le monde d'aujourd'hui », explique le jeune homme talentueux de 23 ans.

Ce n'est pas la première fois que Yazan Halwany collabore avec une enseigne. À l'occasion du lancement d'un millésime, Château Kefraya s'était attaché les services du street artist pour la création d'un étiquetage imprimé en édition limitée.

Préserver la mémoire et l'identité de Beyrouth

Sa réflexion sur les graffitis, l'artiste la mène depuis son enfance passée à Beyrouth. « Il y avait une heure d'autocar entre l'école et chez moi. De la fenêtre du véhicule, j'ai vu fleurir des graffitis basiques aux couleurs flashy, inspirés de ce qui se faisait en Europe ou aux États-Unis. J'ai aussi constaté qu'il y avait à Beyrouth beaucoup de surface à utiliser », se souvient-il.

S'il se met à dessiner tôt, c'est à 18 ans que se produit le déclic. « Je me suis rendu compte que ce que je faisais ne correspondait pas à ce qu'était Beyrouth, capitale du Liban et ville arabe », raconte-t-il. Il tombe alors sur un livre sur la calligraphie arabe. Le point de départ de la réflexion sur son art. À partir de là, il créera et développera sa nouvelle police calligraphique.

Voilà maintenant huit ans qu'il redessine Beyrouth en puisant dans l'identité de la cité, motivé par l'envie de préserver la mémoire et l'identité de la capitale. « Le problème de Beyrouth, c'est qu'il y a beaucoup d'activités et d'événements culturels. Mais tout cela me semble volatile », déplore-t-il. Gravées dans les murs, les œuvres de Yazan Halwany sont appelées à rester.


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