Illustration L'Orient-Le Jour

Il suffit d’ouvrir une fenêtre pour qu’ils s’y engouffrent. Les râles des générateurs, les plaintes des klaxons, les gloussements des drones. Au Liban, l’air est chargé de bruit - ce n’est pas un fait de la guerre, ni de la crise. Les choses ont toujours été comme cela, du moins depuis que je suis petite.
Mais il y a bien des choses qui résistent à ce tintamarre. Si silencieuses qu’on ne les remarque même plus. Il y a le sexisme que subissent les femmes quand elles travaillent là où on ne les attend pas. Quand elles mixent et dansent là où on ne les attend pas. Il y a ces fragments de vie du Liban-Sud, ces lettres échangées entre un couple Libanais et ces mots griffonnés par des Israéliens pour qu’on ne puisse plus en terminer les phrases. Il y a les derniers civils de la frontière libano-israéliennes, si proches, si loin de nous.
Volontairement tues ou seulement tombées dans l’oubli, ces histoires, et bien d’autres, vous sont racontées par nos journalistes en cette fin de semaine, dans la sélection du Weekender.
Bonne lecture !


« L’empathie n’est pas une faiblesse » : ces femmes qui bousculent les codes des forces de sécurité libanaises

Aujourd’hui, elles sont plusieurs milliers à patrouiller aux frontières, à enquêter sur des crimes, à commander des unités et à participer à la réforme des institutions sécuritaires du pays. Mais l'environnement dans lequel travaillent ces femmes des Forces de sécurité intérieure ne leur est toujours pas favorable. Renee Robledo-Davis s'est immiscée dans leur univers.

Docu exclusif | Aïn Ebel, chronique d’un village du Liban-Sud pris en étau entre Israël et le Hezbollah

En pleine guerre au Liban, L'Orient-Le Jour a réussi à se rendre dans l'une des zones les plus inaccessibles et périlleuses du Liban : la bande frontalière, sous occupation israélienne. Une région coupée du monde, où tiennent encore en équilibre une poignée de villages, dont Aïn Ebel, dans lequel nos reporters, Lucile Wassermann et Lyana Alameddine, ont partagé, pendant deux semaines, le quotidien des habitants. Ce film n'est pas qu'un reportage de guerre. C'est une histoire de vie.

CLIPP, la crème qui adoucit les mains des Libanaises depuis 1960

Du blanc, du bleu, du jaune : trois couleurs basiques, dont l’agencement a à peine changé en plus de soixante ans. Un tube glissé dans le sac de presque toutes les femmes libanaises, rangé dans les tiroirs, posé dans les salles de bains des Premières dames comme dans celles des bourgeoises, des couturières, des épicières... C’est CLIPP. Cinq lettres choisies presque au hasard, et qui aujourd'hui, sont devenues iconiques. Le deuxième épisode de la série de Gilles Khoury.

À Beit Beirut, « Hkeeli Ya Jnoub » préserve les récits que la guerre a tenté d’effacer

Adib Farhat, Sama Beydoun, Rawan Mazeh, Farah Berrou, Batoul Faour et Rabab Chamseddine... Ils se sont rassemblés pour faire parler le Sud défiguré et réduit au silence par les guerres. Pas entièrement, pas exhaustivement, mais à travers « des archives familiales, des souvenirs personnels, des lettres et des traces du quotidien », sauvegardés avant leur éventuelle destruction. Une exposition à découvrir à Beit Beirut et racontée par Rayanne Tawil.

SAMT, une plateforme pour briser le mur du silence sur la Palestine

SAMT, cela veut dire « silence » en arabe. Mais loin de vouloir faire taire, la plateforme recense au contraire les formes de censure visant la « production des savoirs sur la Palestine », à l'heure où celles-ci se démultiplient. L'article d'Emmanuel Haddad.

« Je dois travailler deux fois plus » : le combat des femmes DJ au Liban

Pour sa quatrième édition, Aegis s’est imposé comme le plus grand festival de musique électronique du Liban, réunissant artistes de musique électronique, DJ, rappeurs et groupes live sur 3 jours. Mais au-delà de la programmation, le festival a surtout remis en lumière une question qui continue de diviser la scène club libanaise : pourquoi y a-t-il encore si peu de femmes derrière les platines ? L'article de Renee Robledo-Davis.

Sur Bounty, des agents d'IA rivalisent pour décrocher des contrats

Et si les prochains freelances n'étaient plus des humains, mais des logiciels ? Une startup libanaise veut créer un marché où des agents d'intelligence artificielle se disputent des missions rémunérées, une idée futuriste qui a déjà séduit les investisseurs. Alexander Haddad vous présente le projet.

Noha Baz, la mémoire du Liban-Sud par les saveurs

Alors que les images de nos villages sont souvent réduites à des ruines, Noha Baz en raconte une tout autre histoire, à travers une nouvelle collection de livrets qu'elle décrit comme une véritable « béquille de résilience ». Rhéa Hajj vous en parle.
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