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Diaspora

« Les forêts racontent », les contes pour enfants de Michel Saad

Rencontre

Établi à La Réunion, l'auteur d'origine libanaise vient de publier un ouvrage pour la jeunesse. Il avait écrit en 2015 un récit autobiographique.

05/09/2016

Michel Saad est un écrivain né en 1943 à Doueir el-Remmane, au Mont-Liban, et installé sur l'île de La Réunion, dans l'océan Indien, depuis de nombreuses années (voir la page des Libanais dans le monde de L'OLJ du 16/11/2015). Dans son nouvel ouvrage, Les forêts racontent, il relate deux contes pour enfants. L'ouvrage est édité aux éditions Édilivre, Saint-Denis : www.edilivre.com.
Le premier conte, intitulé «Meyssa, princesse des forêts », raconte l'histoire d'une fille de bûcherons, Meyssa, qui élève seule son petit frère. Devenu grand, celui-ci se marie avec une femme qui le contraint à se débarrasser de sa sœur. Quand il suit les ordres de son épouse, une malédiction s'abat sur lui. Le deuxième conte, « Le destin de Jénane » : pour des raisons inconnues, les sept garçons du bûcheron Madlouk ont quitté la maison familiale avant la naissance de leur sœur Jénane. Quand celle-ci apprend leur existence, elle se lance à leur recherche, guidée par sept galettes magiques.
Michel Saad est l'auteur de plusieurs livres, entre romans, recueils de poèmes, pièces de théâtre, textes d'opéra... Ses écrits sont toujours inspirés de – et destinés à – la jeunesse de Madagascar, de La Réunion et du Proche-Orient. L'auteur est lauréat de plusieurs prix littéraires. En outre, il a reçu en 2010 des habitants de Doueïr el-Remmane le prix du Cèdre, en récompense de l'ensemble de ses œuvres scientifiques, littéraires et artistiques. Son avant-dernier ouvrage (2015), Autrefois, un village du Liban, est un récit largement autobiographique, publié au Liban par la maison d'édition Dar Saër el-Mashrek.

Un art de conter hérité de sa grand-mère
À L'OLJ, à partir de son île de La Réunion, Michel Saad explique pourquoi il a opté pour les contes, après avoir publié des ouvrages tels La Noria, Les Tourments du cèdre, Fatine bergère du Liban, Autrefois, un village, et d'autres... « Je n'avais qu'à suivre l'inspiration du moment, affirme-t-il. On naît poète, on grandit écrivain, on vieillit conteur, on meurt philosophe (rires). Les grands-parents ont plaisir à raconter des histoires à leurs petits-enfants. »
À la question de savoir de qui il tient l'art de raconter, Michel Saad déclare, sans hésitation : « Je l'ai hérité de ma grand-mère, Oum Saïd. Je lui dois la matière de ces contes, même si elle aurait du mal à se retrouver dans mes versions. Il est plus facile de bâtir sur les vestiges des anciens que sur le sable du désert. »
Serait-ce un coup d'essai ? « Pas vraiment, répond-il. Je ne suis pas débutant. J'ai toujours aimé ce genre littéraire. Des contes tels que La petite fille aux allumettes ou encore La petite sirène sont très touchants. Dans mes premiers balbutiements d'auteur, Nelly et les pailles-en-queue était un conte dédié aux enfants de La Réunion, mon île d'adoption. »
Auriez-vous l'ambition de dépasser l'auteure de Harry Potter ? « Oh que non ! s'exclame l'auteur. J. K. Rowling est inégalable dans son genre. Je n'ai ni son souffle ni son imagination pour tenir en haleine de jeunes lecteurs peu enclins à la lecture. Mes contes sont plus courts, moins axés sur le monde fantastique... À la sorcellerie, la magie, la double transformation d'humains en inhumains, ils opposent la poésie, le questionnement, le doute, surtout le doute. L'imaginaire se traduit par l'illusion vécue par les héros. »
Au fait, comment inciter les enfants à aimer la lecture ? « Je m'attendais à cette question, rétorque-t-il, observant un moment de réflexion. De mon temps, professeurs, éducateurs et parents obligeaient les enfants à lire certaines œuvres de leur choix. Il faut dire aussi qu'il y avait moins de livres, moins d'auteurs, moins de tablettes entre les mains, moins de distractions. De nos jours, même si les livres sont attrayants au niveau des couleurs et de la présentation, les enfants hésitent à se lancer, d'autant que la lecture demande un certain effort. Ils préfèrent se rabattre sur des textes courts ou imagés tels les mangas, les BD, ou regarder des vidéos, des films... Pour cela, il est souhaitable d'organiser des stages « immersion-lecture » d'une semaine, à l'intention des jeunes, avec un éducateur-documentaliste, au cours desquels les élèves pourront rencontrer des écrivains, des journalistes, des animateurs et donner leur avis sur les ouvrages qu'ils auront lus. »
En réponse à une question-boutade sur ce qui devrait suivre, et si cet ouvrage risque d'être le dernier, l'auteur répond en riant, sur le même ton : « Je n'ai jamais dit cela ! J'espère pouvoir terminer ma carrière par un chef-d'œuvre ! »

Cette page est réalisée en collaboration avec l'Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

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