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Décryptage

Clinton pourrait-elle changer la donne en Syrie ?

La candidate démocrate met sur un pied d'égalité les luttes contre l'EI et contre Assad.

Hillary Clinton lors de son speech jeudi, à Las Vegas. David Becker/Getty Images/AFP

Yes, yes and yes. Parce qu'elle a dit oui à toutes les interventions américaines depuis celle, en 1999, contre Slobodan Milosevic en Serbie, puis contre Saddam Hussein (2003) et Mouammar Kadhafi (2011), la candidate démocrate à l'élection présidentielle américaine, Hillary Clinton, s'est forgé au fil des ans une réputation de « va-t-en-guerre ». En novembre 2008, une semaine après que les premières rumeurs ont circulé sur sa nomination à la tête du département d'État des États-Unis par Barack Obama, l'hebdomadaire américain proche des conservateurs, The Weekly Standard, la décrivait déjà comme une « reine guerrière », « plus proche de Margaret Thatcher que de (la féministe) Gloria Steinem ».

Investie la semaine dernière par le Parti démocrate dans la course à la Maison-Blanche, Hillary Clinton aurait mis en tête de liste de ses priorités, si jamais elle venait à l'emporter, un changement de stratégie politique complet en Syrie. La semaine dernière, l'un de ses conseillers en politique étrangère, Jeremy Bash, a déclaré au Telegraph qu'elle allait chercher à mettre fin au « régime meurtrier de Bachar el-Assad ». Fervente partisane d'une intervention musclée contre celui qu'elle a toujours qualifié d'« assassin », Hillary Clinton n'a jamais digéré le fait de « n'avoir pas réussi à convaincre Obama », confie un haut diplomate arabe contacté par L'Orient-Le Jour. « Elle aurait souhaité que les États-Unis contribuent à détrôner Assad le plus tôt possible », poursuit-il.


(Lire aussi : Alep : pourquoi les Américains ont décidé de ne pas bouger)

 

Même combat
En août 2013, M. Obama avait refusé de frapper la Syrie, alors que la ligne rouge qu'il avait lui-même fixée avait été franchie, après que le régime eut utilisé des armes chimiques, ce qui avait profondément irrité Mme Clinton qui « met sur un pied d'égalité le combat contre le groupe État islamique et celui contre Assad », soulève le diplomate.
Durant la course à l'élection présidentielle, Hillary Clinton a préféré ne pas désavouer ouvertement le président. « Sur la plupart des sujets, elle essaie de coller au plus près à l'héritage d'Obama pour profiter de sa popularité qui demeure très forte aux USA, à plus de 52 % en fin de mandat. La seule question sur laquelle elle a marqué à plusieurs fois ouvertement sa différence est précisément la question syrienne », précise Karim Bitar, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

En cas de victoire, ce qui selon les derniers sondages semble plutôt bien amorcé, Hillary Clinton semble décidée à infléchir la politique américaine sur la Syrie. Mais à mesure que le temps passe, sa marge de manœuvre se rétrécit. Pour le diplomate arabe, si un changement de politique est très probable, cela ne pourra se faire de manière rapide, suite à son intronisation. Si une fermeté certaine viendrait à émaner de la probable future présidente des États-Unis, « cette posture de "faucon" ne se traduira pas forcément par des prises de risque inconsidérées », estime pour sa part Karim Bitar. Après les interventions désastreuses en Irak, puis en Libye, auxquelles Hillary Clinton était favorable, cette dernière a notamment « pris conscience du fait que l'opinion publique américaine est devenue réticente aux expéditions militaires hasardeuses au Moyen-Orient », estime le chercheur. Mme Clinton tentera d'établir une no-fly zone, ainsi que la possibilité de lancer des attaques ciblées sur le terrain syrien, comme elle l'a notamment exprimé le 15 avril 2016 lors du débat démocrate télévisé à New York, face à Bernie Sanders : « Je soutiens toujours une zone d'exclusion aérienne, car je pense que nous devons mettre en lieux sûrs ces pauvre Syriens qui fuient Assad et l'EI (...). » Ce plan a notamment été critiqué par les proches d'Obama, comme ne permettant absolument pas de « régler le problème ».

 

(Lire aussi : La présidentielle US gèle les perspectives en Syrie, estime Naïm Kassem)

 

Alliance circonstancielle
Si elle tente de rectifier le tir sur le dossier syrien, Hillary Clinton devra se confronter à deux acteurs incontournables, principaux alliées de Damas, la Russie, d'une part, et l'Iran, de l'autre, qui sont pour l'instant en position de force sur ce dossier. Si Washington et Moscou ont pour l'heure quelque peu accordé leurs violons, après un accord de coopération militaire en Syrie contre les groupes jihadistes, conclu en juillet, cette alliance circonstancielle pourrait faire long feu. « Je crois que les Russes sont en train de prendre les devants. Les Américains suivent bon gré mal gré, expriment parfois une réserve ou une critique, mais ne se donnent pas les moyens de proposer aux Russes une alternative et n'exercent pas de pression sur eux », explique le diplomate arabe. Avant d'ajouter : « Cela risque de changer » si Hillary Clinton investit la Maison-Blanche car « celle-ci est favorable à une politique de confrontation, si ce n'est de pression sur les uns et les autres ».

Une victoire de Hillary Clinton est l'un des derniers espoirs de l'opposition pour obtenir le départ de Bachar el-Assad. Mais, même si celle-ci est élue, elle devra gérer un Moyen-Orient en pleine décomposition et rassurer ses alliés historiques. Si les États-Unis se sont quelque peu désinvestis du Moyen-Orient, « l'une des priorités » de la possible présidente américaine « sera de reconsolider les liens historiques des États-Unis avec leurs alliés saoudiens et israéliens, alors que Barack Obama est le premier président à avoir pris un minimum de distance avec ces deux pays. La position définitive d'Hillary Clinton sur la question syrienne tiendra également compte des intérêts et des positions de ces deux pays », conclut Karim Bitar.

 

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Yes, yes and yes. Parce qu'elle a dit oui à toutes les interventions américaines depuis celle, en 1999, contre Slobodan Milosevic en Serbie, puis contre Saddam Hussein (2003) et Mouammar Kadhafi (2011), la candidate démocrate à l'élection présidentielle américaine, Hillary Clinton, s'est forgé au fil des ans une réputation de « va-t-en-guerre ». En novembre 2008, une semaine...

commentaires (11)

LA DONNE CHANGE DEJA ! APRES SIX MOIS CE SERA POUR LES PRETENDUS MOUMANA3ISTES FANATIQUES ET RACISTES : HOUNALIKA AL BOUKAOU WA SARIROU AL ASNANI... HAHAHA

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

12 h 57, le 08 août 2016

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Commentaires (11)

  • LA DONNE CHANGE DEJA ! APRES SIX MOIS CE SERA POUR LES PRETENDUS MOUMANA3ISTES FANATIQUES ET RACISTES : HOUNALIKA AL BOUKAOU WA SARIROU AL ASNANI... HAHAHA

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    12 h 57, le 08 août 2016

  • Non elle ne pourrait pas changer la donne. Pas un iota. Elle est responsable,, au moins en partie, avec ses leçons de 'démocratie' assénées aux pays arabes, du chaos et du ' BIG Bang ' qui a frappé le levant et l'afrique du nord. Le b..del que Bush a crée, elle l'a parachevé. Ainsi va la politique étrangère des Etats-Unis au MO.

    LeRougeEtLeNoir

    07 h 11, le 07 août 2016

  • Compter sur Dieu et prier selon le terme pessimiste "Saum. Wa sala" La paix au Proche Orient...un rêve des proche orientaux...que des intérêts divers et variés des amis et ennemis rendent improbable

    Chammas frederico

    22 h 19, le 06 août 2016

  • et Poutine rigole de toutes ces déclarations

    FAKHOURI

    15 h 19, le 06 août 2016

  • attention je ne suis avec personne mais il y a un minimum, un standard a respecter !! meme que trump est plus proche de la mouvance de 14 mars que hillary ..il suffit de voir la tete de 2 de ces conseiller un de l'ombre et l'autre publique

    Bery tus

    14 h 51, le 06 août 2016

  • Je vous prévient si Trump Gagne ... Mais comme je l'ai affirmé depuis le début il ne verra pas meme pas de prets le bureau oval ... Mais s'il gagne vous serait TOUS son derniers soucie !! Quand on connaît pas l'environnement dans lequel ses 2 personne évolue il faut privilégier le silence !!

    Bery tus

    14 h 16, le 06 août 2016

  • Il a rit Trump...! d' être pas aussi médiocre en politique et en histoire du Moyen orient...car Hillary ne fait pas mieux que lui ...! d'ailleurs, confondre les criminogènes anti-islam moderne , de l'EI et le sérieux de la parole donnée de la dynastie des Assad ...ce n'est pas équivalent ...et c'est vérifié en 40 ans de... de paix sur le Golan ... !

    M.V.

    13 h 37, le 06 août 2016

  • Pour l'instant elle n'est que candidate fantasmée des bactéries wahabites. Lol. Quand elle occupera le siège si jamais Trump ne lui colle pas une surprise elle se rendra compte que les résistants ne l'ont pas attendu , donc elle fera comme.convenu cad appliquer les ordres qui lui seront intimés. . Nothing else. ...

    FRIK-A-FRAK

    13 h 22, le 06 août 2016

  • C'est comme si Hillary demandait au russes de faire l'impossible pour gagner la guerre AVANT sa possible election a la presidence

    gaby sioufi

    09 h 35, le 06 août 2016

  • C'est une déclaration qui démontre qui finance les Clinton... Cela va faire durer les guerres au MO, mais ceci est le cadet de ses soucis comme elle le répète Yes yes and yes... C'est aussi affligeant que des déclarations de Trump. Je revois mon opinion.

    Sam

    09 h 05, le 06 août 2016

  • Hillary Clinton ,représente typiquement, l'expression de la démagogie occidentale, tel que l'invention anxiogène du printemps arabe ....

    M.V.

    08 h 08, le 06 août 2016