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Moyen Orient et Monde

« La Turquie n’a pas changé de position concernant la Syrie »

Conférence de presse

L'ambassadeur de Turquie au Liban, Çagatay Erciye, estime que le coup d'État avorté n'aura pas d'impact sur la diplomatie turque.

26/07/2016

L'ambassadeur de Turquie au Liban, Çagatay Erciye, a reçu hier à l'ambassade une dizaine de journalistes pour expliquer et commenter la tentative de putsch qui a eu lieu en Turquie dans la nuit du 15 juillet.
Revenant sur le déroulement des événements au moment du coup d'État avorté, l'ambassadeur s'est contenté de reprendre la version officielle, sans apporter d'éléments nouveaux. Il a rappelé que le coup d'État avait été perpétré par une petite partie de l'armée turque et que la chaîne de commandement n'était pas impliquée. Il a également accusé les membres de la confrérie de Fethullah Gülen, le principal ennemi du président turc Recep Tayyip Erdogan, qualifiée « d'organisation terroriste », d'être derrière le coup d'État qui a fait 246 morts et 2 186 blessés. « Nous sommes absolument certains, sans le moindre doute, que Fethullah Gülen et son organisation terroriste sont derrière ce coup d'État », a-t-il déclaré avant d'ajouter que la Turquie avait fait une demande officielle aux États-Unis pour réclamer l'extradition de M. Gülen, qui vit actuellement en Pennsylvanie.

 

Déroger aux obligations
Selon M. Erciye, la confrérie se serait infiltrée dans plusieurs structures de l'État parmi lesquelles figurent en premier lieu l'armée, la police et l'appareil judiciaire. Ce qui justifierait, selon l'ambassadeur, la mise en garde à vue de 13 000 suspects parmi lesquels des officiers et des soldats, des juges et des procureurs, des employés publics et des civils et l'arrestation de 5 837 personnes. L'état d'urgence ayant été déclaré pour une période de trois mois, la Turquie a le droit, dans ces circonstances, « de déroger aux obligations de la Convention européenne des droits de l'homme », a-t-il commenté.

« La Turquie est pleinement consciente de ses obligations en matière de démocratie, de droits humains (...) et ses obligations seront strictement remplies », a-t-il dit avant de préciser que l'état d'urgence n'aurait aucun impact sur les droits fondamentaux et les libertés des citoyens turcs et que « nos amis libanais pouvaient continuer de venir en Turquie comme ils le faisaient auparavant ».

 

(Lire aussi : Pour Fethullah Gülen, la Turquie n'est plus une démocratie)

 

Établir des comparaisons
M. Erciye a estimé que c'est le peuple turc, qui est descendu dans la rue, qui a réclamé le rétablissement de la peine de mort. « Ce n'est pas le président qui prendra cette décision mais cela devrait être discuté au sein du Parlement », a-t-il affirmé, en répondant ensuite aux critiques des Européens concernant le non-respect de l'État de droit en Turquie ces derniers jours : « Nos amis européens ne doivent pas nous dire ce qu'on doit faire et ce qu'on ne doit pas faire. »

Selon l'ambassadeur, le coup d'État avorté ne devrait pas vraiment impacter la diplomatie turque : pas de remise en question de l'accord avec l'UE (Union européenne) concernant la gestion des flux de réfugiés, pas de remise en question de la participation de la Turquie au sein de l'Otan, pas de changement de position concernant l'Égypte, avec qui la Turquie est en froid depuis la destitution du président Mohammad Morsi. « Il y a eu un coup d'État contre le gouvernement élu en Turquie. Il y a eu, il y a quelques années, un coup d'État contre le président élu en Égypte. C'est à vous, les médias, d'établir des comparaisons entre ces deux situations », explique-t-il.

Pas non plus de changement de position en Syrie. Malgré la réconciliation avec la Russie, l'un des principaux soutiens de Damas, Ankara et Moscou ne tiennent pas des « négociations directes concernant la Syrie », pour l'instant. « En Syrie, nous continuons de soutenir l'opposition modérée et nous réclamons une solution politique », a-t-il déclaré.

 

Tous les groupes terroristes
Concernant un possible affaiblissement de l'armée, alors que la purge a touché près d'un tiers des généraux, l'ambassadeur a estimé qu'il faudra la restructurer mais qu'elle en sortira plus forte. « Nous continuerons de combattre tous les groupes terroristes à savoir la confrérie güleniste, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), le PYD (Parti de l'union démocratique) et Daech », a-t-il conclu.

En pleine conférence de presse, l'on apprenait, via Reuters, que certains ambassadeurs turcs allaient être relevés de leurs fonctions en raison de leurs liens avec le putsch manqué du 15 juillet. « Qui vous a rapporté cela ? Je ne suis pas au courant. Je n'ai rien à dire sur le sujet », a dit M. Erciye à L'Orient-Le Jour à la fin de la conférence de presse.

 

 

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Interrogé au sujet de la dernière conversation téléphonique du président turc, Recep Tayyip Erdogan et son homologue iranien, Hassan Rohani, l'ambassadeur de Turquie en Iran a déclaré que malgré les divergences de vue entre les deux pays au sujet des événements de l'Irak et de la Syrie, le président Erdogan a annoncé qu'il serait disposé à coopérer davantage avec l'Iran, mais aussi avec la Russie, dans les dossiers irakien et syrien.

"La Turquie n'a pas l'intention de changer radicalement sa politique étrangère. Mais en ce qui concerne les événements de la région, toutes les parties devront reculer d'un pas de leurs positions initiales respectives, afin que nous puissions trouver ensemble des solutions appropriées pour la Syrie et l'Iran, en tenant compte des intérêts de toutes les parties", a déclaré Riza Hakan Tekin.

Pour apporter de l'eau au moulin de cette interview ...

BOSS QUI BOSSE

Excusez moi de vous dire ça Mr Samrani , mais je le dis amicalement , vous êtes un peu ironique voir même cynique , lol.

« Nos amis européens ne doivent pas nous dire ce qu'on doit faire et ce qu'on ne doit pas faire. »
c'est leur dire basta on vous a trop écouté , on en fera qu'à notre tête , melez vous de vos affaires .

Malgré la réconciliation avec la Russie, l'un des principaux soutiens de Damas, Ankara et Moscou ne tiennent pas des « négociations directes concernant la Syrie », pour l'instant. « En Syrie, nous continuons de soutenir l'opposition modérée et nous réclamons une solution politique », a-t-il déclaré.

J'ai noté le " pour l'instant" ça veut dire on verra plus tard .
Et nous soutenons une opposition modérée et une solution politique , ça veut dire , plus de bactéries autorisés à passer par chez nous .

En pleine conférence de presse, l'on apprenait, via Reuters, que certains ambassadeurs turcs allaient être relevés de leurs fonctions en raison de leurs liens avec le putsch manqué du 15 juillet. « Qui vous a rapporté cela ? Je ne suis pas au courant. Je n'ai rien à dire sur le sujet », a dit M. Erciye à L'Orient-Le Jour à la fin de la conférence de presse.

Mr Samrani , vous nous avez fait lire une interview de quelqu'un qui apparemment n'est au courant de rien ... hahahaha ....

Merci pour cet amusement ...

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