Quatre jours après le meurtrier putsch manqué contre le régime du président Recep Tayyip Erdogan, le pouvoir turc poursuivait mercredi une purge généralisée de l'armée, la justice et l'appareil d'État pour raffermir son contrôle du pays. Reuters
Sous l’œil inquiet de ses partenaires internationaux, le pouvoir turc intensifiait une purge généralisée de l'Etat et de la société, quatre jours après le putsch manqué contre le régime du président Recep Tayyip Erdogan.
Les cibles des purges
Selon le vice-Premier ministre, Numan Kurtulmus, 9.322 militaires, magistrats et policiers faisaient mardi l'objet d'une "procédure judiciaire". Parmi eux, au moins 118 généraux et amiraux ont été placés en garde à vue. Vingt-six généraux et amiraux, dont l'ancien chef de l'armée de l'air, le général Akin Oztuk, sont en détention préventive, inculpés notamment d'avoir tenté de renverser l'ordre constitutionnel et de tentative d'assassinat du président Erdogan. Le général Oztürk a nié toute implication. Après le limogeage de 9.000 policiers et gendarmes, les purges ont gagné mardi l'enseignement et les médias.
Le Haut-conseil turc de la radio et de la télévision a retiré leur licence aux télévisions et radios proches du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'être derrière la tentative de putsch.
L'autorité de supervision des universités a réclamé la démission de 1.577 recteurs et doyens, incluant tous les dirigeants des facultés d'Etat, tandis que 15.200 fonctionnaires du ministère de l'Education ont été suspendus.
Plus de 200 employés des services du Premier ministre ont aussi été mis à pied, ainsi que près de 500 de l'agence des affaires religieuses. Les fonctionnaires démis ont été interdits de sortie du territoire.
(Lire aussi : Pourquoi les Kurdes n'ont pas soutenu le putsch ?)
Le Who's who des conjurés
Selon le pouvoir, l'instigateur du putsch est Fethullah Gülen, ennemi juré de M. Erdogan depuis 2013 après avoir été son plus proche allié. A la tête d'un réseau actif dans une centaine de pays, cet influent prédicateur, installé aux Etats-Unis depuis 1999, a démenti toute implication.
Ankara a dit préparer une demande officielle d'extradition et avoir envoyé des "dossiers" pour soutenir cette requête, alors que Washington avait réclamé des "preuves" sur l'implication de M. Gülen dans le coup de force.
Au niveau opérationnel, la tentative de renversement du régime a été selon l'état-major le fait d'une minorité de militaires.
L'"écrasante majorité" de l'armée turque n'a "rien à voir" avec cette affaire, a assuré l'état-major, qui, pour la première fois dans la riche histoire des coups d'Etat militaires en Turquie, n'a pas été aux commandes de la tentative de putsch, son chef ayant même été pris en otage par les rebelles à Ankara.

Au niveau opérationnel, la tentative de renversement du régime semble avoir été le fait d'une minorité de militaires sans soutien dans la haute hiérarchie.
Pour la première fois dans la riche histoire des coups d'Etat militaires en Turquie, l'état-major n'a pas pris les commandes, son chef ayant même été pris en otage par les rebelles à Ankara.
(Lire aussi : La rechute de « l'homme malade », le commentaire de Christian Merville)
Quid de l'Etat de droit ?
Les grandes capitales ont soutenu, quoique sans précipitation, la nuit du putsch le gouvernement turc démocratiquement élu, mais l'ampleur et la rapidité des purges ont vite provoqué leur inquiétude. Elles ont mis en garde M. Erdogan contre toute tentation d'exploiter ces événements pour en finir avec une démocratie et des libertés qu'il est déjà accusé d'avoir beaucoup malmenées.
"Nous appelons le gouvernement de Turquie à respecter les institutions démocratiques de la nation et l'Etat de droit", a martelé le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, à l'issue lundi d'une réunion à Bruxelles avec les ministres des Affaires étrangères de l'UE.
"Nous disons aujourd'hui que l'Etat de droit doit être protégé pour le bien" de la Turquie, a déclaré de son côté la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini
"L'ordre constitutionnel doit être totalement préservé en vertu des principes de démocratie et des droits fondamentaux, y compris le respect total de la liberté d'expression et de réunion et de procès en bonne et due forme", selon l'Onu.
M. Erdogan s'est aussi attiré une ferme mise en garde de l'UE pour avoir évoqué un rétablissement de la peine de mort, abolie en 2004. Mme Mogherini, lui a signifié que cela mettrait fin aux négociations d'adhésion de son pays, ouvertes en 2005.
Le FMI a aussi appelé à "préserver" les institutions démocratiques, "piliers" des progrès économiques de la Turquie.
Face à cette volée d'avertissements, le Premier ministre turc Binali Yildirim a rejeté mardi tout "esprit de vengeance", qui est "inacceptable dans l'Etat de droit".
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AUJOURD,HUI JE VIENS DE LIRE DANS UN ARTICLE LA CONFIRMATION DE LA CONNIVENCE AMARICANO-RUSSE... D,OU LA MISE A L,ECART DU PRETENDU SULTAN... ET DANS UN AUTRE L,HISTOIRE QUI SE REPETE... D,OU LES NERON, LES HITLER, LES BERIA ET STALINE RESSUSCITES VIA DES CLONES FONT REPETER LES MALHEURS ET L,HISTOIRE AVEC LES LOURDS TRIBUS QUI EN RESULTERAIENT TOUT COMME DANS LE PROCHE PASSE ... MERCI MESSIEURS POUR VOS ANALYSES TRES OBJECTIVES !
15 h 15, le 19 juillet 2016