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La Dernière

Les traditions culinaires libanaises à l’honneur à New York

This is America

Le trophée du « Successful Lebanese Emigrant » décerné à Philippe Massoud.

15/06/2016

Les traditions culinaires libanaises étaient à l'honneur il y a quelques jours avec un débat autour du thème Nourriture et identité : une célébration de la cuisine libanaise à New York. Organisé par le consulat général du Liban et la Lebanese American University (LAU), cet événement, qui s'est déroulé à la LAU, a réuni de nombreux restaurateurs et entrepreneurs américains d'origine libanaise qui ont su donner ses lettres de noblesse à la cuisine nationale, la hissant au rang de la grande gastronomie new-yorkaise.
« Merveilleuse participation ! » s'est exclamé le consul du Liban, Majdi Ramadan, devant une salle comble. « La cuisine libanaise constitue non seulement une alimentation nutritive de bonne santé, mais c'est aussi une expérience sociale que l'on partage avec la famille et les amis, au cours de dîners qui durent des heures autour d'un verre d'arak », a-t-il relevé. « Au fil des générations, les traditions alimentaires et culinaires de la diaspora libanaise sont restées un signe identitaire et d'attachement à la patrie », a rappelé à son tour Lina Beydoun,
PhD et directrice académique de la LAU.

Entrepreneurs innovateurs
Animant la discussion, Lloyd Baroody, entrepreneur d'origine libanaise, ami de la LAU et amateur enthousiaste de foodie libanaise, pose d'emblée plusieurs questions : en dehors des villes cosmopolites, les Américains savent-ils distinguer la cuisine libanaise de la méditerranéenne ? Est-il vrai que la qualité de la cuisine d'un restaurant peut être déterminée par la qualité du hommos et du baba ghannouj (crème de pois chiche et purée d'aubergines) ? L'huile d'olive libanaise est-elle vraiment meilleure qu'ailleurs ? Le taboulé est-il meilleur le premier jour ou le deuxième ?
Ce délicieux débat a suscité de nombreuses élucubrations amusantes autour du sujet.
Maintenues depuis des générations, les traditions culinaires libanaises sont transmises avec fierté et réinventées par les jeunes groupes d'émigrants. La conversation savoureuse et piquante des quatre panélistes explique cette quête. Manal Kahi, fondatrice de Eat Off Beat, une entreprise sociale novatrice qui embauche des chefs parmi les réfugiés ; Philippe Massoud, célèbre restaurateur-star de l'incontournable restaurant libanais ilili, et premier Libanais à recevoir pendant deux années consécutives le prestigieux Star Diamond Award, numéro un de Zagat pour la meilleure cuisine méditerranéenne de New York, et numéro un sur Open Table ;
Charlie Sahadi, à la tête de Sahadi & Co, célèbre épicerie libanaise familiale emblématique établie à Brooklyn, sur Atlantic Avenue ; et Matthew Jaber Stiffler, directeur de recherche et de contenu au Musée national arabo-américain de Dearborn, Michigan. Le public a pu également déguster les spécialités de nombreux restaurants et établissements culinaires libanais de New York.

 

(Lire aussi : Aux États-Unis, même la salade a son mois national !)

 

Success stories
Chaque intervenant avait une belle histoire à partager. C'est avec humour que Manal Kahi narre son aventure tissée d'une expérience simple : impressionnée par la qualité et la diversité du beurre d'arachide à son arrivée à New York, mais déçue par le hommos, elle commence à faire le sien propre, se basant sur une recette familiale que ses amis apprécient. En bon commerçant libanais, son frère Wissam flaire l'aubaine. Par l'intermédiaire du Comité international de secours, une agence de réinstallation à New York, le duo embauche des chefs réfugiés d'Irak, du Népal et d'Érythrée. Ils viennent d'inclure le chef Juan dans l'équipe, ce qui leur a permis de se hisser au niveau du Michelin. Eat Off Beat a fait l'objet de nombreuses couvertures médias, y compris dans les pages du Guardian, du Huffington Post et de Newsweek.
Philippe Massoud est le PDG du restaurant ilili, fondé en collaboration avec son frère Alex en 2007, qui connaît un succès éclatant avec salle comble tous le soirs. Cet audacieux restaurateur a joué un rôle-clé dans la renaissance du Flatiron District, devenu la destination des fins gourmets new-yorkais. Prenant des risques, le chef inspiré a réussi à faire revivre une cuisine ancienne, la réinventer et proposer le concept à un public qui ne l'a jamais expérimenté. Une mission bien réussie.
Charlie Sahadi est à la tête de Sahadi, une épicerie familiale emblématique établie à Brooklyn Heights depuis 1948. Né et ayant grandi à Brooklyn, il vient de lâcher les rênes de l'affaire au profit de son fils et de sa fille. En 2003, il a été nommé par la revue Crain de New York parmi les 100 plus puissants chefs d'entreprise des minorités. Il est détenteur de la fameuse distinction honorifique Lebanese Heritage Day Award qui lui a été décernée en 2007 à Brooklyn Borough Hall.
Originaire d'Amioun, Matthew Jaber Stiffler est le directeur de recherche et de contenu de l'Arab American National Museum à Dearborn, Michigan. Il supervise le développement des archives arabo-américaines et de la bibliothèque. Il mène une sensibilisation communautaire du musée et un travail pour l'égalité sociale, y compris avec Yalla Eat ! Culinary Walking Tour Program. Matthew est également chargé de cours de culture américaine à l'Université de Michigan où il a obtenu son PhD en 2010. Son travail scientifique explore les relations entre identité religieuse et culturelle des Américains d'origine arabe, particulièrement à travers la nourriture et les rituels alimentaires.

Philippe Massoud honoré
Au cours de cette soirée, le consul général du Liban a remis à Philippe Massoud le trophée honorifique du Successful Lebanese Emigrant décerné par le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil. Il s'ajoute aux nombreux prix que ce jeune restaurateur continue de collectionner. La lettre du ministre Bassil qui l'accompagne salue sa réussite professionnelle à New York. « L'ambitieux projet que vous avez construit en 2007, avec l'ouverture du restaurant primé ilili au cœur de New York, est la preuve d'une véritable célébration de la cuisine libanaise », a-t-il écrit.

 

Pour mémoire

L'idée-force de Gebran Bassil : « Créer des liens entre les Libanais et la diaspora »

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