X

La Dernière

Le droit et le devoir de s’exprimer, selon Ramsay Najjar

Beirut Insight

Le sens de la communication, il l'a dans le sang, dans les mots et même les silences, avec un regard aiguisé sur cet univers dans lequel il évolue. Ramsay Najjar poursuit sa série de « Communication and... », dans un ouvrage qui vient de sortir : « The right not to remain silent » (éd. Hachette Antoine).

Carla Henoud | OLJ
12/05/2016

« Vous avez le droit de garder le silence. Si vous renoncez à ce droit, tout ce que vous direz pourra être et sera utilisé contre vous devant une Cour de justice. » Parce que nous ne sommes pas des accusés à qui il est également demandé de se lever, parce que la communication et la justice sont aujourd'hui deux alliées qui doivent apprendre la complémentarité, deux ennemies adorées qui peuvent se faire autant de bien que de mal, Ramsay Najjar a choisi de développer et d'expliquer la relation qui unit aujourd'hui ces deux pouvoirs. Dans un siècle où, précise-t-il, les réseaux sociaux permettent à un passant de devenir reporter, un téléphone de se transformer en caméra et tout instant devenir un live récupéré par une justice qui se veut transparente, puissante et juste.

L'ouvrage vient de paraître en deux versions, anglaise, sous le titre The right not to remain silent et, arabe, sous l'intitulé al-Haraka wal soukoun. Deux versions, et non pas juste une traduction, chacune adaptée à sa propre culture. Le titre, également direct et efficace, est, souligne l'auteur, « un pont créatif que j'ai voulu dresser entre le judiciaire et la communication. Bien qu'étant des piliers rapprochés du temple de la démocratie, ils ne se parlent pas et n'ont aucune communication à long terme. J'ai donc décidé de lier le troisième pouvoir, le judiciaire, avec le quatrième, celui des médias et de la communication. Pour rendre le titre plus percutant, j'ai brisé le fameux idiome "le droit de garder le silence" qui est devenu "le droit de ne pas garder le silence" ».


La liberté d'expression

Ce droit de s'exprimer, Ramsay Najjar se l'est octroyé jusqu'à en faire plus qu'une passion, son métier. Ses mots pour le dire, il les a d'abord utilisés dans la pub, avec des agences telles que Lead, Intermarkets, Trust ou encore Saatchi & Saatchi, puis dans le fameux jeu télévisé al-Moumayazoun qu'il avait produit. Ce parfait « vétéran des médias et de la pub », comme il se qualifie, a trouvé sa place, son espace de... communication(s) en 2002 en fondant S2C, une société de consulting qui propose son expertise à des sociétés privées et publiques. « C'était pour moi une deuxième réincarnation, sans perdre la mémoire de la première, quel privilège ! soutient-il. J'ai eu le courage de quitter un métier dans lequel j'étais à mon apogée, mais où je sentais que je n'avais plus rien à apprendre et de transformer mon know-how en conseils. » Depuis quatre ans, Ramsay Najjar a sorti le premier ouvrage de la série, mûri pendant dix ans. Après Views, Reviews and Previews, media, communications and the Arab Spring, il renouvelle la réflexion et l'exercice avec The right not to remain silent où il pose deux questions essentielles : « Comment le pouvoir juridique doit-il communiquer et, d'abord, pourquoi doit-il le faire ? Il n'existe pas de référence sur le sujet, du moins dans le monde arabe et le tiers-monde. Pas de réelle substance qui remplisse le manque d'informations. »

« L'ouvrage s'adresse à plusieurs genres de lecteurs, poursuit-il. Le grand public qui veut savoir, et à qui j'offre des explications plutôt accessibles. Les étudiants en droit et les juristes. Et enfin, toutes les personnes intéressées par ces deux puissants piliers de la démocratie. » Pour rendre les choses un peu plus légères, Najjar a clôturé son livre avec un dernier chapitre dans lequel il revient sur 17 procès historiques, de Jeanne d'Arc à OJ Simpson, en passant par Martin Luther, Galileo, Alfred Dreyfuss, Jack l'éventreur, Anastasia Romanova, Sacco et Vanzetti, Jack Kevorkian, Michael Jackson et bien sûr Saddam Hussein et Rafic Hariri. Des cas qu'il analyse en partageant une multitude de détails passionnants qui aident à comprendre le verdict et déterminer l'importance des médias et des réseaux sociaux, s'ils avaient existé alors.

Après avoir détaillé d'une voix calme et rassurante, une heure durant, ces propos et son rêve d'un troisième pouvoir qui saura user des moyens qui lui sont offerts pour s'imposer face aux politiques, vaincre la corruption et savoir « où et comment s'exprimer, pas seulement en soupirs et en onomatopées, Ramsay Najjar propose d'user de ses conseils, remplir les vides, utiliser la technologie et changer les choses ». Sa feuille de route est « claire » : poursuivre la série Communication and... en s'attaquant à la communication et les loisirs. « Et bien sûr, m'occuper des causes nobles chères à mon cœur : l'éducation, la communication et la femme. Parler des abus, proposer des références et construire une structure, comme pour les ouvrages précédents. »
« Optimiste quant à l'avenir de ces deux pouvoirs ? Non... réaliste », conclut-il.

 

Lire aussi
En matière de communication politique, les réseaux sociaux talonnent la télé

Pierre el-Daher à « L'OLJ » : Il faut à tout prix sortir les chaînes de télévision des urgences

À la une

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Nous, sales Arabes...

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le Hezbollah entame « la quatrième phase » de son parcours

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué