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Dossier spécial : Historique et impact de la crise des déchets

spécial
OLJ
31/03/2016

 

Pour des solutions diversifiées et innovantes

 

Au terme d'une période de huit mois marquée par des rues inondées d'ordures ménagères, celles-ci sont finalement collectées pour être emmenées à la décharge de Naamé, dans le cadre du plan de sortie de crise adopté récemment par le gouvernement. La solution ainsi avalisée – qui a mis fin, il faut bien le reconnaître, à une (très) longue attente désespérée et angoissée des Libanais – a fait grincer bien des dents, en dépit du fait que, malgré tout, elle a tourné la page du cauchemar des dépotoirs sauvages qui se sont répandus par centaines dans les villages du Mont-Liban et les quartiers du Grand Beyrouth. Le problème des déchets ménagers est-il radicalement et définitivement réglé pour autant ? Rien n'est moins sûr puisque l'on demeure dans la logique du plan d'urgence, et que l'avenir reste incertain.

C'est dans ce contexte que L'Orient-Le Jour se propose de lancer, avec ce Spécial comme point de départ, une démarche médiatique soutenue visant à mettre en valeur, lorsque le cas se présente, les initiatives positives entreprises à travers le pays dans le domaine du traitement des ordures ménagères. D'autant que le dernier plan d'urgence adopté par le gouvernement présente, contrairement à celui adopté en 1997, et en dépit de nombreuses lacunes, un grand avantage : celui de donner aux municipalités et aux collectivités locales le choix d'entreprendre des projets ne dépendant pas des solutions centralisées proposées par l'État.
Le succès sera-t-il au rendez-vous ? Les fonds alloués aux municipalités leur seront-ils versés pour qu'elles puissent, si elles le souhaitent, atteindre une certaine autonomie dans le domaine de la gestion des déchets ? Combien d'entre elles feront-elles cet effort ? Autant de questions qui se posent constamment et qui placent la presse et les médias face à leurs responsabilités dans l'objectif de soutenir les initiatives locales.

Comme première étape, il demeure nécessaire de tirer les leçons de cette crise des déchets qui a constitué un échec cuisant autant pour le gouvernement (qui s'est retrouvé avec un nouveau plan d'urgence ne couvrant qu'une partie du Liban, au lieu du plan durable qu'il promettait à la population) que pour la société civile dans ses multiples composantes, qui n'a pas su avancer des propositions constructives et réalisables – se cantonnant, le plus souvent, dans un négativisme obstructionniste – et qui n'a pas su aussi faire valoir les valeurs fondamentales qu'elle se proposait de défendre.
Mais au-delà des échecs et des perspectives offertes par les nouvelles solutions centralisées (notamment les incinérateurs), le progrès dans la gestion locale des déchets reste un combat de longue haleine, mené par des soldats souvent inconnus et méconnus. C'est à eux que revient le mérite de changer les mentalités, de faire un pas de géant vers l'avenir.
De fait, le problème des déchets n'est pas qu'un casse-tête au Liban (même s'il a été mêlé, dans ce pays, aux différentes failles du système). Il représente en quelque sorte l'un des grands problèmes « culturels » de notre temps, si l'on peut s'exprimer ainsi. Ce que le gouvernement a souvent négligé, et qu'il est de notre devoir de mettre en évidence dans ces colonnes, c'est que ce problème-là est l'affaire de tous. Il doit être réglé de manière rationnelle et sereine, loin des surenchères et de l'effervescence qui ont régné jusque-là.

Ce Spécial présente un historique de la crise des déchets ainsi que l'impact de cette crise au plan de la santé, avant d'exposer des expériences pilotes mises en chantier dans ce domaine ainsi que les deux programmes lancés par l'Union européenne au bénéfice des régions périphériques. Il marque dans ce cadre le coup d'envoi d'une série d'articles et de reportages, étalés dans le temps et portant sur des projets privés ou municipaux, qui seront mis en relief dans la mesure où ils constitueront des solutions possibles et innovantes, adaptées aux besoins des communautés locales, dans le respect des normes universellement reconnues de l'environnement.

 

Lire dans notre dossier spécial :


 

 

Le dénouement de la crise des déchets, qui passe par la réouverture de la décharge de Naamé et par un plan de remblayage de la mer, pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Lire la suite



Le ramassage des déchets : une opération qui s’étendra sur plusieurs semaines. Photo Nasser Traboulsi

 

Le ramassage des ordures au terme d'une longue crise de huit mois a certes suscité un soulagement au niveau de la population, les paysages désolants des immondices disparaissant progressivement des rues. Du point de vue de la santé publique, toutefois, le mal est déjà fait. La pollution de l'eau et de l'air est désormais un fait. La question est de connaître son ampleur à l'échelle nationale. Lire la suite



Les experts sont catégoriques : la pollution microbiologique et chimique de l’eau et de l’air est un fait. Il n’y a aucun doute à ce niveau. Photo d’archives Michel Sayegh

 
 

Lancés par l'Union européenne et le ministère de la Réforme administrative en début d'année, les programmes Swam 1 et Swam 2 sont porteurs d'espoir face à la crise des déchets qui perdure depuis juillet 2015. Lire la suite



Des employés trient les déchets à l’usine de Baalbeck.

 

La direction de l'ABC a lancé ces derniers mois plusieurs initiatives dans les centres d'Achrafieh et de Dbayeh afin de contribuer à promouvoir la culture de sauvegarde de l'environnement. Lire la suite


Photo d'archives

 

 

 

 

Les municipalités de Bickfaya et Mhaidsé, avec l'aide de l'association Arcenciel, ont construit leur propre centre de tri pour faire face à la crise des déchets. Un exemple de décentralisation qui mériterait d'être généralisé. Lire la suite



Le tri se fait manuellement.

 
 
Caline Moawad et Freddy Ouaiss ont conjugué leurs efforts afin de mettre en place un centre de tri et de compression des ordures ménagères pour faire face à la crise des déchets qui a asphyxié leur région pendant de longs mois. Lire la suite



Des jeannettes et louveteaux des Scouts du Liban en visite au nouveau centre de tri à Tabarja.

 

 

 

À Moukhtara, une usine de tri et de compostage des déchets a vu le jour et semble connaître un franc succès dans la région. Lire la suite

 

 

 

Le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) a été au cours des derniers mois la cible de critiques virulentes en raison de sa supervision, jugée défaillante et peu transparente, de la gestion des déchets solides. Lire la suite

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George Sabat

ATTENTION! GARE A LA DECENTRALIZATION qui risque de tout chambarder, et de faire le jeu de ceux qui tirent les ficelles dans cette tragi-comedie des dechets.
La solution ne peut provenir d'un abandon du pouvoir central au profit de municipalites qui ne SONT PAS PRETES A EN ASSUMER LA FRESPONSABILITE.
Il nous faut un PLAN DIRECTEUR murement reflechi et inclusif. UN PLAN qui serait le fruit d'une participation de tous les acteurs concernes, c'est a dire les Autorites, la Societe Civile, les partis politiques, et les donateurs etrangers sans parti-pris et desseins caches.Je sais. Ce que je demande est quasi impossible a atteindre, mais rien de concret ne peut etre realise autrement.

Zaarour Beatriz

Une vaste campagne est nécessaire! Il faudrait former des "enseignants" capables d'instruire les enfants en garderie, en âge scolaire et jusqu'aux universitaires, sur la façon d'effectuer le tri: séparer chaque genre de déchet, nettoyer, sécher et mettre dans le sac indiqué pour chaque produit en réservant le plus petit pour le compost!!!

Bickfaya, Mhaidsé et bien d'autres sont un exemple à suivre. BRAVO LES MUNICIPALITÉS QUI PAR LEUR EFFORT, ARRIVERONT À CONVAINCRE LES HABITANTS À RESPECTER L'ENVIRONNEMENT!

Il ne faut pas perdre espoir. Le Liban le mérite!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AVEC LA MENTALITE DE : HALLA WI2FET 3ALA IL ZBELE TABA3I... LE PAYS SE TRANSFORME EN DEPOTOR ! LE MONFOUTISME EST SECULAIRE...

Beauchard Jacques

Est-ce que les libanais se sont mis à trier? Quels sont les quartiers qui s'y mettent? Et ceux qui résistent? Y a t -il des portraits d'acteur du refus ou au contraire de l'engagement? Que font les intellectuels? Les commerçants? Les journalistes? Les politiques?

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