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Liban - Suivi de la 1701

Sigrid Kaag devant le Conseil de sécurité : Le Hezbollah menace gravement la souveraineté et la stabilité du Liban

« Il y a dix ans était adoptée la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité de l'Onu. Le Liban n'est plus le même et la région est marquée par la violence. Il est la volatilité même. L'impact de la crise syrienne est très lourd sur le pays. » C'est ce qu'a a déclaré hier Sigrid Kaag, la coordonnatrice spéciale de l'Onu pour le Liban, lors d'une conférence de presse tenue au Palais de Verre, avant de présenter au Conseil de sécurité le dernier rapport du secrétaire général de l'Onu sur l'application de la 1701. La coordonnatrice de l'Onu arrive devant le Conseil avec un nouveau regard. Elle porte « un message fort » et plaide en faveur du Liban pour sortir de l'ornière.

« Toxicité des défis »
« Afin d'aider le Liban, j'aborderai au Conseil la toxicité des défis auxquels fait face le Liban. Les principaux problèmes relèvent de la paix, de la sécurité, la stabilité et la stabilisation du pays », dit-elle. Il a toujours été question, pendant dix ans, « de la stabilité fragile du Liban. Il ne faut pas confondre calme relatif et progrès en vue d'un cessez-le-feu, tel est le message fort au Conseil, relève-t-elle. Nous devons jeter un nouveau regard. Nous avons besoin de savoir ce qui peut être fait et comment peut-il être réalisé, estime-t-elle. Nous parlerons de la radicalisation et du jihad global et aussi de l'armée libanaise qui a fait un travail phénoménal pour la stabilisation du pays, sa protection, et pour son intégrité territoriale, a-t-elle poursuivi. Nous devons tenir compte aussi de la population marginalisée et de la nécessité d'investir dans le pays. Car la marginalisation est liée à la radicalisation. Il y a encore beaucoup à faire, » note-t-elle.

Érosion des institutions
« Vingt-deux mois sans chef d'État ! a déploré Mme Kaag. Cette vacance présidentielle n'aurait pas été si importante si elle n'avait pas un impact sur la marche quotidienne des affaires du pays, sur le pays dans son ensemble et sur l'efficacité du gouvernement. Il y a une constante. Mais ce qui est le plus important est l'érosion des institutions de l'État. Cela est très important lorsqu'on considère que la société de ce pays est pluraliste et démocratique, a relevé Mme Kaag. Le Liban est l'un des derniers bijoux du Moyen-Orient, qui fait face à la violence constante, y compris le radicalisme, a-t-elle ajouté. Il est donc important que ses institutions fonctionnent, car elles sont précieuses et importantes pour l'avenir du pays. »

(Pour mémoire : Kaag appelle à mettre un terme à la vacance présidentielle)

 

Investir dans le développement
Quelle suite donner à la Conférence de Londres est un autre point important soulevé au Conseil de sécurité avec les « grandes promesses » de donations faites pour le Liban ? « Nous devons savoir quel montant sera attribué, car les pauvres, le million et 100 000 réfugiés syriens ainsi que les réfugiés palestiniens de 1948 méritent tout aussi bien l'attention. Au-delà de l'humanitaire, il est important d'investir dans le développement du pays pour le sortir du marasme économique, conséquence des événements récents et de la polarisation sectaire continue. Un grand travail reste à faire. Sans vouloir vous déprimer, c'est une évaluation sombre », a souligné Sigrid Kaag. La responsable de l'Onu a lancé dans ce cadre un appel à la communauté internationale pour ne pas prendre la stabilité du pays pour acquise, car le Liban n'a pas échoué. « Elle a lancé aussi un appel à investir de manière significative au Liban. C'est la voie pour plus de démocratie, d'une société pluraliste dans la région. »

(Pour mémoire : Pour l’Onu, « il est impératif de protéger le Liban à tous les niveaux »)

 

Le Hezbollah
S'agissant des armes du Hezbollah et la condamnation de la participation de citoyens libanais dans le conflit syrien, la coordonnatrice de l'Onu fait référence à ce que le secrétaire général a écrit dans son rapport sur ce sujet. « Contrairement à ce que prétend le Hezbollah, en continuant de détenir des armes, il n'apporte pas une protection au Liban mais nuit à l'État de droit dans le pays et menace gravement sa souveraineté et sa stabilité. Près de dix ans après une guerre destructrice et évitable entre le Hezbollah et Israël, en continuant de détenir ces armes, le Hezbollah et d'autres groupes échappant au contrôle de l'État continuent d'aller à l'encontre des obligations qu'imposent au Liban les résolutions 1559 et 1701. Je suis profondément préoccupée par le fait que le Hezbollah soit prêt à utiliser ses moyens en violation de la résolution 1701, comme l'a montré l'incident survenu le 4 janvier sur la ligne bleue. La menace faite le 16 février par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, contre les civils israéliens est un exemple sinistre de déclaration inacceptable, que je condamne. Si la possession d'armes par le Hezbollah ou ses tentatives de se procurer des armes sophistiquées venaient à provoquer un conflit, les conséquences pour le Liban et la région pourraient être très graves... »

(Pour mémoire : « Les armes du Hezbollah, une grave menace pour la souveraineté et la stabilité du Liban », souligne l'Onu)

 

Liban modèle unique
Mardi, Sigrid Kaag avait participé à un débat à l'International Peace Institute (IPI), un important think tank que préside Terjé Roed-Larsen, sur le thème « Comment garder le Liban stable dans une région instable ». La conversation a été menée par Warren Hoge, conseiller spécial d'IPI pour les relations extérieures et ancien journaliste au New York Times qui a souvent visité le Liban, notamment lors de la guerre de 2006. Cet événement s'inscrit dans le cadre de la série de conférences sur les défis auxquels l'Onu a été confrontée durant ces dernières années dans différents points chauds de la planète. La visite de Sigrid Kaag tombe deux ans après l'intervention de son prédécesseur, Derek Plumbly, pour parler des activités de l'Onu au Liban.
Mme Kaag a analysé la situation du Liban dans son contexte régional, mettant en exergue son modèle unique. « Ce qui se passe dans la région est très important. Il est nécessaire et utile d'avoir une plus grande attention nationale, un soutien et une orientation, a-t-elle déclaré. Nous devons nous pencher sur le Liban à la fois comme un bien public régional, comme un modèle existentiel unique, et une identité politique, et comme un moyen rapide
pour aider à reconstruire leMoyen-Orient aux niveaux des droits de l'homme, de l'identité, et la citoyenneté. »

Et d'ajouter : « La crise au Moyen-Orient depuis des décennies montre le déficit en matière de gouvernance et de légitimité. La résolution de la crise actuelle dépend en premier chef du conflit en Syrie. Une fois la sécurité, la stabilité et la légitimité rétablies à long terme, il faudra bâtir une société inclusive, une vraie citoyenneté, et aussi un contrat social avec tous les droits ; y compris la santé et l'éducation. » Pour la responsable de l'Onu, « le message-clé est que la stabilité du Liban est très fragile. Nous applaudissons à la résilience des Libanais et le fait que le Liban reste toujours debout. N'est-il pas merveilleux ? Il ne faut pas perdre de vue toutefois qu'il est fragile dans de nombreux domaines : économique, politique et sécuritaire. L'image que nous avons du pays du Cèdre d'aujourd'hui ne peut être durable. Les dirigeants libanais devraient agir en responsables, sans compter sur les autres, pour tenir en main propre la gestion des affaires de l'État. Il leur appartient de mettre de l'ordre chez eux. »

 

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commentaires (4)

Lâââïkéééh, ici ce sont des Libanais(h) äâïynéééh, des Libanais(h) ! Compris ?! F'hémtéééh ?!

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

10 h 31, le 17 mars 2016

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Commentaires (4)

  • Lâââïkéééh, ici ce sont des Libanais(h) äâïynéééh, des Libanais(h) ! Compris ?! F'hémtéééh ?!

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 31, le 17 mars 2016

  • BON RÉVEIL ! IL A FALLU 10 ANS POUR LE COMPRENDRE ?

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    09 h 38, le 17 mars 2016

  • "Le Hezbollah menace gravement la souveraineté et la stabilité du Liban". Pourquoi faut-il toujours que ce soient des étrangers qui formulent cette évidence? Comment peut-elle échapper à nos dirigeants? Comme le dit la Bible des idoles: "Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas". Il n'est de pire aveuglement que volontaire.

    Yves Prevost

    07 h 24, le 17 mars 2016

  • Sigrid Kaag : "Les dirigeants libanais devraient agir en responsables. Il leur appartient de mettre de l'ordre chez eux." ! Dites, elle se prend pour qui cette Kääëk-là ? Elle ne sait pas de qui elle paaarle ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    05 h 56, le 17 mars 2016

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