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Liban - L’éclairage

Risque d’une solution en Syrie qui menacerait la sécurité du Liban

Alexei Nikolsky/Sputnik/AFP

La décision de la Russie de « limiter » sa présence militaire en Syrie semble avoir initié une nouvelle phase dans la région, orientée vers le dialogue et les négociations dans la résolution des conflits, constate une source diplomatique informée.
À la suite de ce retrait, le cessez-le-feu en Syrie est en passe de devenir une trêve permanente, maintenue par des pressions internationales, dans le cadre d'un accord russo-américain « sérieux » autour d'un compromis. C'est ce que le secrétaire d'État américain aux Affaires étrangères, John Kerry, pourrait éventuellement débattre avec son homologue Sergueï Lavrov mardi prochain à Moscou.

D'un point de vue tactique, le retrait militaire de Moscou, ainsi que son intervention, obéiraient au même objectif : inciter les différentes parties au conflit (le régime et l'opposition) à négocier une solution à la crise.
Des observateurs conviennent que l'intervention russe a atteint son objectif : elle a empêché la chute du régime et fortifié sa position sur le terrain, améliorant ainsi sa place à la table des négociations. Le retrait russe a, quant à lui, servi à éviter que son intervention militaire ne soit interprétée comme un appui illimité au régime de Damas. Certains responsables syriens, « armés du Sukhoï » russe – expression imagée d'un observateur –, étaient allés jusqu'à opposer un refus catégorique au dialogue avec l'opposition. Moscou aurait donc tenu à empêcher le régime syrien d'exploiter la carte russe en vue de faire échouer les négociations de Genève et forcer une solution hâtive au conflit. La Russie aurait ainsi réussi à rééquilibrer un tant soit peu les rapports de force, ratissant le terrain des pourparlers auxquels Moscou voudrait prendre part.


(Lire aussi : L'opposition syrienne tolérée par Damas s'invite aux négociations de Genève)


Le retrait de la Russie pourrait donc conduire à réajuster ses rapports diplomatiques avec nombre de décideurs occidentaux et arabes, de Paris, Washington et Berlin notamment, jusqu'à Riyad, Téhéran et Istanbul – des rapports qui avaient été affectés par l'intervention militaire de Moscou. En plus du secrétaire d'État américain, des responsables européens et saoudiens seraient attendus au cours des prochaines semaines dans la capitale russe. Ces rencontres pourraient préparer une visite prochaine du roi Salmane d'Arabie à Moscou. Les entretiens diplomatiques viseraient à examiner une solution au conflit régional, et précisément le phénomène du terrorisme. La création d'une plateforme régionale et internationale pour lutter contre le terrorisme ferait partie des velléités russes.

Surtout que la décision de Moscou de se retirer de Syrie semble avoir mis un terme à toutes les spéculations autour des scénarios de partition ou de fédéralisme dans ce pays en conflit. La vive opposition internationale et arabe à ce projet aurait pour motif commun la crainte qu'un système de partition n'encourage certaines zones ou régions à plus de radicalisation, qui dégénérerait en longues guerres confessionnelles et fratricides, semblables à la guerre de Cent Ans en Europe. Le retrait de la Russie constituerait ainsi une opportunité pour étudier des solutions viables et équilibrées au conflit syrien, qui préserveraient l'intégrité territoriale et frontalière du pays, renforceraient son armée et réformeraient son système politique.


(Lire aussi : « Washington ne doit plus s'embourber dans les marécages du Proche-Orient »)



Reste à évaluer la réelle influence d'un compromis en Syrie sur la situation au Liban. Le point de vue du courant du Futur, rapporté par un de ses députés, est que certaines parties ont lié le déblocage institutionnel à la solution syrienne : le compromis au Liban dépendrait ainsi des contours de cette solution.
Mais il est un effet plus dangereux que celui de la paralysie institutionnelle : celui d'une dégradation sécuritaire au Liban, postérieure à une solution politique en Syrie. Un ancien responsable libanais affirme craindre qu'une partition, ou même un système fédéral en Syrie, ne conduise à créer un canton qui s'étende de Lattaquié jusqu'au sud du Liban, et qui longerait l'Anti-Liban, jusqu'aux frontières nord du Liban et de la Syrie. Le risque d'instabilité aux frontières libanaises serait important, surtout que ce cas de figure maintiendrait le Liban-Sud comme passerelle entre l'Iran et la zone alaouite. Autrement dit, toute solution en Syrie (fondée ou non sur la partition) qui conduirait à établir un canton monochrome, soumis à un seul pouvoir central et limitrophe du Liban, pourrait menacer la cohésion intérieure, voire l'entité libanaise. C'est pourquoi un ancien ministre réclame, à l'heure actuelle, de compléter le tracé des frontières avec la Syrie et de régler définitivement les divergences sur ce point. Plus d'un responsable révèlent que cette demande pourrait être soumise officiellement au secrétaire général de l'Onu lors de sa visite prochaine à Beyrouth.

 

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commentaires (10)

N'allons pas trop vite en besogne! La question kurde est une question sérieuse qui mérite de trouver une solution régionale et internationale... Région autonome ou à statut spécial etc. Que les turques empêcheront de toutes leurs forces même... otanesque. Le reste ne peut en aucun cas être sujet à une quelconque division.

Ali Farhat

16 h 50, le 18 mars 2016

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Commentaires (10)

  • N'allons pas trop vite en besogne! La question kurde est une question sérieuse qui mérite de trouver une solution régionale et internationale... Région autonome ou à statut spécial etc. Que les turques empêcheront de toutes leurs forces même... otanesque. Le reste ne peut en aucun cas être sujet à une quelconque division.

    Ali Farhat

    16 h 50, le 18 mars 2016

  • Cette fois ci Mr Abi Akl si j'ai bien compris votre article je ne suis pas du tout d'accord ne vous éloignez pas du sujet et ne rentrer pas dans la paplotage a tige moumana3iste !! Oui avsnt le grand liban comprenais tartous avsnt MAIS PLUS JAMAIS MAINTENANT !!

    Bery tus

    14 h 00, le 17 mars 2016

  • Mais vous avez grandement raison ! il y a danger pour la région avec des frontières pas sûres pour le Liban et ses voisins ! tous ses voisins ! passez moi au moins l'avis que le hezb résistant va rentrer au Liban encore plus fort !

    FRIK-A-FRAK

    12 h 27, le 17 mars 2016

  • Très bien écrit . Et la frontière qui s'étire entre le nord , partant de Lattaquieh jusqu'au sud Liban , un grand danger pour israel . Des fois que les iraniens NPR venaient à y installer des missiles tout proche !!!!

    FRIK-A-FRAK

    11 h 57, le 17 mars 2016

  • C'est probablement aux vues de ces développements et la raison pour laquelle le Royaume d'Arabie Saoudite a suspendu son soutien financier militaire au Liban. Le Liban n'en aurait tout simplement plus besoin dans le contexte de detente régionale a venir. Le monde entier veut en finir avec ce chaos avant la fin du mandat de M. Obama. Aux Libanais d'elir vite un President Tawafouki avant la fin de l’année!

    Bibette

    11 h 53, le 17 mars 2016

  • Rien de tout cela pour ce qui est du Liban. Poutine a enfin finalement, finalement, finalement, compris qu'il ne lui servait à rien de continuer de se mettre à dos le monde Arabo-Sunnite pour maintenir au pouvoir en Syrie un régime minoritaire Alaouite lui est déjà acquis et qui ne tiendrait pas une seule heure sans le soutien de Moscou. Les intérêts stratégiques des USA ont évolué de manière à quasiment lâcher prise des pays du golfe Arabo-Persiques. Ce qui permet donc à la Russie de se rapprocher de ces pays qui luis sont plus limitrophes et partenaires dans la lutte contre l’Islamisme radical, et pays avec lesquels elle partage des intérêts économiques communs : le Pétrole. Ni fédéralisme ni découpage régional, sinon ce serait éterniser l’enfer actuel aux portes de l’Europe, de la Russie et d’Israël ! Et les pays du Golfe nouveaux amis de la Russie veulent une Syrie sunnite et un Liban multiconfessionnel intégral et neutre ! Ils ont déjà qualifié le Hezbollah d’entité terroriste sans que cela ne fasse broncher no l’Iran ni le Régime Syrien, ni Moscou :((. A bon entendeur Hezbollah ! Va falloir se recycler et vite !

    Bibette

    10 h 58, le 17 mars 2016

  • LE FEDERALISME EN SYRIE NE MENACERA GUERE LE LIBAN... IL AIDERA AU FEDERALISME LIBANAIS AUSSI... ET AUCUNE PUISSANCE N'ACCEPTERAIT QU'UNE ENTITÉ FÉDÉRALE LIBANAISE AILLE SE COLLER A UNE ENTITÉ FÉDÉRALE SYRIENNE... RÊVENT CEUX QUI LE CROIENT OU QUI EN ONT PEUR !!!

    LA LIBRE EXPRESSION PARLE AU PEUPLE.

    10 h 08, le 17 mars 2016

  • Pas du tout d'accord ..avec cet article fourre tout ...mais surtout... orienté contre l'action positive de la politique régionale de Vladimir Poutine .... Mal nommé les choses ,c'est ajouté aux malheurs du monde ..(Albert Camus)

    M.V.

    09 h 44, le 17 mars 2016

  • On revient au même plan de 1975 diviser le Liban et maintenant la Syrie pour qu’ Israël puisse vivre en paix . Révoltant et triste .

    Sabbagha Antoine

    08 h 07, le 17 mars 2016

  • "Un ancien responsable libanais affirme craindre qu'une partition, ou même un système fédéral en Syrie, ne conduise à créer un canton qui s'étende de Lattaquié jusqu'au sud du Liban, et qui longerait l'Anti-Liban, jusqu'aux frontières nord du Liban et de la Syrie." ! Ou, en plus clair, une partition ou même un système fédéral en Syrie conduira derechef à une partition ou à un système fédéral.... au Liban. Il ne faut pas chercher midi à quatorze-heure !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    05 h 14, le 17 mars 2016

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