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Économie

Alexandre Aoun pense révolutionner l’industrie pharmaceutique canadienne

Interview express

Le Libano-Canadien Alexandre Aoun, 24 ans, a récemment cédé Medago, son application mobile de mise en relation entre médecins et pharmacies, à PetalMD, le plus grand réseau de médecins du
Canada. Il revient sur ce succès inattendu.

18/02/2016

Comment vous est venue l'idée de Medago et qu'apporte cette innovation à l'industrie pharmaceutique ?
Lorsque j'ai fini mes études en 2012, j'ai fondé une clinique dentaire avec ma mère. J'avais fait des études de finance et de marketing, donc je m'occupais de tout le côté business de l'entreprise. Et, parfois, les patients devaient revenir à la clinique lorsqu'ils perdaient leur prescription ; ou bien les pharmaciens nous rappelaient pour avoir plus d'informations de la part des dentistes alors que ceux-ci étaient en pleine intervention chirurgicale.
À la rentrée 2014, j'ai donc eu l'idée de créer une application pour les médecins afin qu'ils puissent préparer et renouveler leurs prescriptions depuis leur Smartphone. Pendant 6 mois, et jusqu'à juin 2015, j'ai élaboré le produit en partenariat avec un autre Libanais qui s'occupait du côté technique, en finançant personnellement ce développement – pour un montant que je ne préfère pas préciser. Nous avons développé ainsi une première version assez complète de Medago, à partir de laquelle le médecin rédige sa prescription et l'envoie directement à la pharmacie qui la reçoit via un portail web spécifique. Ensuite, le patient reçoit un e-mail avec l'adresse de la pharmacie, et, quand c'est prêt, il est également averti. L'appli est sortie sur l'Apple Store en juillet et est gratuite pour les médecins et les dentistes, et commercialisée à travers des forfaits à l'unité ou mensuels aux pharmacies.

 

Qu'est-ce qui a poussé PetalMD à racheter cette application ? Et pour quel montant ?
Je me suis rendu compte que les médecins perdaient du temps à naviguer entre le logiciel qui contenait les informations de leurs patients et Medago, dans laquelle ils devaient retaper toutes ces informations. Du coup, j'ai cherché une solution à ce problème et j'ai été mis en contact en septembre dernier avec PetalMD, qui automatise la gestion d'horaire des médecins et leur permet de communiquer entre eux via une messagerie sécurisée. Dès ma première rencontre avec le PDG, j'ai compris que nos deux produits étaient complémentaires. Ce qui les intéresse, c'est que je leur propose une technologie innovatrice incluant les pharmacies, un marché intéressant pour eux. De mon côté, rejoindre le plus grand réseau de médecins du Canada me permet d'accélérer le déploiement de Medago. Les négociations ont duré plusieurs mois, et l'acquisition a été annoncée le 25 janvier, pour un montant non dévoilé.

 

Comment envisagez-vous l'avenir de Medago ? Visez-vous d'autres marchés, comme le Moyen-Orient ?
J'ai rejoint l'équipe de PetalMD afin de travailler sur l'intégration de Medago, mais pas seulement. Je me concentre surtout sur la fusion de son nouveau service de prise de rendez-vous en ligne avec mon nouveau produit qui sera lancé cet été. Nous réfléchissons à une intégration optimale, et certaines choses peuvent changer, tels les forfaits des pharmacies, et même le nom de l'application. Je consolide ainsi les relations déjà entamées avant l'acquisition et pense que nous allons révolutionner l'industrie médicale et pharmaceutique. En outre, au Canada, d'autres professionnels de santé hors médecins, telles les infirmières spécialisées, peuvent prescrire une ordonnance, et c'est un marché que nous voulons pénétrer. Donc, pour l'instant, je me concentre sur ce projet. Mais il est vrai que d'autres marchés sont attractifs, tant aux États-Unis qu'au Moyen-Orient. Au tout début de Medago, j'avais discuté de mon projet avec des amis et des médecins au Liban qui pensaient qu'il pouvait bien réussir là-bas. Il ne faut pas s'élargir trop vite, mais c'est une possibilité...

 

 

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