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Liban - Environnement

Plan de l’UE pour la gestion des déchets dans les régions périphériques

Les programmes Swam 1 et Swam 2, d'une valeur de 35 millions d'euros, ont pour objectif de construire des usines de tri et de compostage, et d'aménager des décharges sanitaires dans plusieurs régions du pays.

Christina Lassen et Nabil de Freige entourés des présidents des fédérations et des conseils municipaux bénéficiaires du projet Swam 1. Photo Nasser Trabulsi

Le ministre d'État pour la Réforme administrative, Nabil de Freige, et la chef de la Délégation de l'Union européenne (UE) au Liban, Christina Lassen, ont lancé hier, au cours d'une conférence de presse tenue au siège du ministère, à Starco, deux programmes visant à renforcer les capacités des municipalités à gérer les déchets solides.

Baptisés Swam 1 et Swam 2, ces projets, financés par l'UE pour une valeur totale de 35 millions d'euros, s'inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale pour la gestion des déchets, approuvée par le Conseil des ministres en 2006 puis modifiée en 2010. Celle-ci vise à implanter des usines de tri et de compostage dans les différents cazas et une décharge sanitaire pour les déchets inertes, c'est-à-dire les déchets ni organiques ni recyclables, par mohafazat. Ces projets n'englobent toutefois pas Beyrouth et le Mont-Liban du fait qu'ils ont été développés alors que Sukleen était en charge de ces deux zones.

D'une valeur de 14 millions d'euros, Swam 1 est consacré aux régions de la Békaa et du Akkar. Son exécution a déjà commencé, a expliqué Roula Kabbani, directrice du programme des déchets solides au bureau du ministre d'État pour la Réforme administrative (Omsar), précisant qu'il bénéficie aux fédérations municipales de Bouhaira Jeb Jannine, dans la Békaa-Ouest, et Sahel al-Katih Srar au Akkar, comme aux municipalités de Baalbeck et de Zahlé, dans la Békaa. Des protocoles d'entente avec les présidents de ces fédérations et municipalités ont été signés hier.
Swam 2 a été approuvé en 2015 par le Conseil des ministres pour une valeur de 21 millions d'euros. Il est dédié à « la majorité des régions libanaises », a noté Mme Kabbani. Les dossiers doivent encore être complétés pour pouvoir signer les accords d'entente avec les bénéficiaires. Ces projets seront exécutés par Omsar sur une période s'étalant sur cinq années.

En ce qui concerne les régions et les parties bénéficiaires, elles ont été choisies en fonction de la Stratégie nationale des déchets solides, mais aussi en fonction des régions dans lesquelles Omsar est déjà intervenu depuis 2007 dans le cadre du projet Arla, et ce pour « parfaire la gestion des déchets dans ces régions ». Également financé par un don de 14,4 millions d'euros de l'UE, ce projet avait permis la mise en place de dix usines pour le traitement des déchets, l'organisation de campagnes de sensibilisation, l'achat de bennes et l'acquisition de véhicules pour le transport des déchets.


(Lire aussi : Hamadé : C'est une folie, mais l'exportation est tout ce qui nous reste !)

 

Traiter 60 % des déchets solides
Se penchant sur les projets Swam 1 et 2, le directeur des projets à Omsar, Mohammad Baraké, a expliqué que ceux-ci visent à construire des usines de traitement de tri et de compostage, et aménager des décharges sanitaires pour les déchets inertes à Jeb Jannine, ainsi qu'à Batroun, Koura, Zghorta et Denniyé au Liban-Nord, sachant qu'une usine existe déjà à Tripoli. Une usine et une décharge destinées à la région du Akkar sont également prévues à Srar. À Baalbeck, l'usine qui existe sera agrandie, et une décharge sanitaire destinée à la région de Baalbeck-Hermel sera aménagée. À Zahlé, une usine de compostage sera mise en place et l'usine de tri sera modernisée. Une décharge sera également aménagée à Nabatiyeh. À Saïda, le projet consiste à transporter les tanneries, qui se trouvent actuellement sur le littoral, vers un terrain défini par le conseil municipal. À Tyr, enfin, l'usine de tri et de compostage sera modernisée, la décharge de Ras el-Aïn sera traitée et une décharge sanitaire aménagée.
Des équipements pour la production de RDF (Refuse-Derived Fuel), ou « combustible dérivé des déchets », seront par ailleurs assurés pour les régions de Zahlé, de Baalbeck et de Srar.

M. Baraké a expliqué que l'exécution de ces projets permettra de traiter 60 % de l'ensemble des déchets solides, de fixer entre 18,5 et 25 dollars le prix de tri et de compostage de la tonne des déchets, de diminuer la proportion d'enfouissement des déchets inertes à 15 % contre 40 à 45 % actuellement et d'augmenter la proportion des déchets recyclables.


(Lire aussi : Gestion de la crise des déchets : Le recours à la science, pour changer...)

 

77 millions d'euros
Ces projets sont d'autant plus importants que le Liban ne possède pas une infrastructure pour traiter les déchets solides. Un problème aggravé par le grand nombre de réfugiés syriens et par la fermeture de la décharge de Naamé le 17 juillet dernier, a constaté de son côté Mme Lassen, qui a fait remarquer qu'aujourd'hui seuls 8 % des déchets sont recyclés au Liban et 9 % compostés, contre 27 % et 15 % des déchets respectivement recyclés et compostés en Europe.
Soulignant que l'Europe a l'expertise nécessaire dans la gestion des déchets solides, elle a rappelé que l'UE œuvre depuis 2004 dans ce secteur au Liban. À ce jour, a-t-elle noté, quelque 77 millions d'euros ont été alloués pour plusieurs projets dans ce sens. L'ensemble de ces projets profitent à 540 municipalités et permettent la création de 600 emplois, a précisé Mme Lassen. Ils permettent également de traiter près de 2 400 tonnes par jour, « soit 43 % de l'ensemble des déchets solides au Liban ».

De son côté, M. de Freige a appelé à « une meilleure coopération entre les villes et villages relevant des municipalités ou des fédérations municipales, pour qu'ils envoient les déchets dans les usines dans leurs régions ». « Nous savons que plusieurs villages ne le font pas, malgré l'usine qui dessert leur région », a-t-il ajouté, faisant remarquer qu' « avant le déclenchement de la crise, nous comptions au Liban quelque 960 dépotoirs sauvages ». « Aujourd'hui, le nombre de ces sites frôle les 3 000, a-t-il déploré. Nous vivons donc une crise environnementale au quotidien. »
M. de Freige a en outre invité les municipalités à organiser des campagnes de sensibilisation sur les techniques de tri à la source, et ce pour pouvoir produire un compost de bonne qualité. Il a annoncé que son ministère signera dans ce cadre des accords de coopération avec des organisations de la société civile pour aider les municipalités à mener ces campagnes. « Des projets pilotes ont été organisés dans certaines régions et les résultats sont satisfaisants, a avancé M. de Freige. Cette expérience doit être généralisée sur l'ensemble du territoire. Or les ONG ne peuvent pas accomplir cette tâche seules. Il est du devoir des conseils municipaux de les aider. »


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