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Gaby Moawad, un Libanais aux avant-postes de la chirurgie robotique

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07/12/2015

Si depuis une dizaine d'années les robots occupent une place de plus en plus importante dans les blocs opératoires, la maîtrise de ces outils reste un défi de taille, que seuls quelques chirurgiens maîtrisent. Gaby Moawad, qui pratique et enseigne à l'Hôpital universitaire George Washington (GW) aux États-Unis, est l'un d'eux.

Cet obstétricien et gynécologue de 39 ans effectue sur ses patientes des opérations chirurgicales extrêmement complexes, en utilisant des robots à la pointe de la technologie.
Son parcours rigoureux et ses efforts ont propulsé le médecin libanais aux avant-postes de son domaine. Le 2 décembre, il a ainsi été nommé par le comité exécutif de la American Association of Gynecologic Surgeons (AAGL), pour briguer le poste de vice-directeur de l'association. Il sera en compétition avec un seul autre médecin. Les résultats devraient bientôt être annoncés.

En 2014 déjà, l'hôpital GW avait été sélectionné par l'AAGL en tant que Centre d'excellence en chirurgie mini-invasive (Center of Excellence in Minimally Invasive Gynecology, COEMIG). Et Gaby Moawad avait été désigné par l'établissement, avec deux autres médecins, pour effectuer des interventions chirurgicales robotiques. Le médecin libanais se félicite de faire ainsi partie d'un club sélectif de 100 médecins de par le monde qui forment ce centre d'excellence.

Par ailleurs, l'Institute for Surgical Excellence (ISE, organisme public à but non lucratif, qui œuvre à l'amélioration de la chirurgie et de la prise en charge des patients) a annoncé un partenariat avec l'hôpital GW afin d'améliorer la formation à la chirurgie robotique. Dans le cadre de cette coopération, le Dr Moawad rejoindra le Conseil consultatif de l'ISE et sera en charge du programme du Réseau de formation robotique (RTN) à l'hôpital GW. « Il apportera à l'ISE une expérience considérable dans le domaine », assure l'institut dans un communiqué. « En étant associé à cet effort global, nous assurerons de manière constante des traitements de qualité », explique le médecin.

Autre reconnaissance d'une belle réussite, le Washingtonian Magazine a récemment choisi le jeune Libanais dans sa liste des meilleurs gynécologues et obstétriciens en 2015. « 12 000 médecins participent à ce sondage afin de choisir les meilleurs parmi leurs pairs, issus de 40 filières différentes », explique Gaby. Moawad. « C'est un honneur que d'être désigné par ses confrères. Cela montre le degré de confiance qu'ils ont en vous. C'est également une validation de votre dur labeur », affirme-t-il.

Je n'avais « jamais eu l'intention d'émigrer »

Né à Zghorta, Gaby Moawad a obtenu en 2002 son diplôme de médecine générale de l'Université libanaise. Pendant deux ans, il exerce dans les hôpitaux de Beit Chabab, Trad, et Saydet Zghorta, avant de rejoindre l'Université Balamand, où il se spécialise en obstétrique et gynécologie.

La carrière de Gaby Moawad aurait pu se poursuivre au Liban, le jeune homme expliquant n'avoir « jamais eu l'intention d'émigrer ». Mais en 2006, la guerre israélienne qui ravage le Liban le pousse à revoir ses plans de carrière. « La situation du pays était instable et le marché saturé par le nombre croissant de praticiens. J'ai également ressenti le besoin de me spécialiser davantage », explique ce père d'une fillette de six mois.

En 2007, le Dr Moawad s'envole pour Washington et entre à l'Hôpital universitaire George Washington où il approfondit ses connaissances en obstétrique et gynécologie jusqu'en 2011, avec une sous-spécialisation en chirurgie robotique et mini-invasive. Aujourd'hui, il est professeur assistant en obstétrique et gynécologie, codirecteur de la bourse universitaire de chirurgie mini-invasive et directeur de la gynécologie robotique à l'Hôpital GW.

L'avantage de la robotique? «La précision, le recours à des incisions relativement petites qui permettent aux patients de sortir de l'hôpital le jour même et de reprendre leurs activités quotidiennes après 10 à 14 jours», explique le Dr Moawad. Le tout, avec un minimum de douleur, de cicatrices et de complications.

Les Libanais, « une source d'inspiration »

Que pense le Libanais de la médecine au Liban ? « Le Liban possède un grand potentiel et constitue un pôle d'attraction pour la médecine, estime-t-il. Mais le système de santé a besoin de réformes majeures. Des certifications doivent être imposées aux médecins et le suivi de celles-ci doit être assuré. Il faut également réguler le marché des assurances-maladie. Les hôpitaux doivent eux aussi être amenés à assurer une qualité de soins supérieure et standardisée. Le système de santé doit être détaché de la politique ». Pour Gaby Moawad, « la vie humaine doit être traitée loin des considérations financières. Le respect de la dignité humaine prime sur tout le reste ».

S'il vit et exerce aux États-Unis, le médecin libanais n'oublie pas ses racines. « Les Libanais sont une source d'inspiration et de soutien, ils méritent le meilleur système de santé au monde », dit-il, avant d'adresser un message à ses pairs libanais : « Rappelez-vous que ce qui compte, c'est ce que l'on apporte à la vie des autres. Ayez pour ambition d'assurer les meilleurs soins à vos patients. »

En août prochain, le Dr Moawad sera l'un des principaux intervenants au Congrès international de chirurgie robotique, qui se tiendra à New York.


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Zaarour Beatriz

Quelle merveille pour les pays qui accueillent ces jeunes hautement formés dans toutes les disciplines! Mais quel dommage pour le Liban qui se vide des jeunes professionnels si doués, dont nous sommes tous fiers!

Félicitations au jeune Professeur Gaby Moawad et à sa famille!

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