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Madaya : "Aucun moyen d'y entrer ou d'en sortir, juste mourir"

syrie

Vingt trois personnes mortes de faim dans la ville assiégée depuis le 1er décembre, selon MSF.

OLJ/AFP
08/01/2016

Vingt-trois personnes sont mortes de faim depuis le 1er décembre dans la ville syrienne de Madaya assiégée, a annoncé vendredi Médecins sans Frontières (MSF), alors que l'Onu prépare une livraison d'aide dans la zone. MSF a précisé que parmi les 23 morts de faim enregistrés dans son centre médical, six avaient moins d'un mois et cinq étaient âgées de plus de 60 ans.

Selon les agences des Nations Unies basées à Genève, quelque 40.000 personnes, dont la moitié sont des enfants, ont un besoin d'aide alimentaire d'urgence dans cette localité située dans une zone rebelle assiégée par l'armée syrienne depuis six mois.

"La situation est horrible", a déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'homme, Rupert Colville, soulignant que le nombre de victimes et l'étendue des souffrances subies par la population de Madaya étaient difficiles à vérifier, étant donné le manque d'accès.
Face à un tollé international, le régime de Damas a finalement donné son accord jeudi pour que l'Onu et la Croix-Rouge acheminent une aide humanitaire.

Par ailleurs, selon l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme (OSDH), treize autres personnes ont été tuées par l'explosion de mines posées par les forces du régime syrien ou par des franc-tireurs en tentant de quitter la localité pour trouver de la nourriture, précise cette ONG basée en Angleterre qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre.

"C'est un exemple clair des conséquences que provoque le recours au siège (d'une ville) comme stratégie militaire", a commenté le directeur des Opérations de MSF, Brice de le Vingne dans un communiqué.
Le personnel médical de Madaya est contraint de nourrir les enfants avec des sirops pharmaceutiques, seule source disponible de sucre et d'énergie, a-t-il dit, ajoutant que la ville assiégée est "effectivement une prison à ciel ouvert" pour près de la moitié de ses habitants.  "Il n'y a aucun moyen d'y entrer ou d'en sortir, juste y mourir", a-t-il déploré.
MSF a accueilli avec satisfaction la décision de Damas d'autoriser la livraison de nourriture, mais souligne que "l'acheminement immédiat de médicaments doit également être une priorité".


(Lire aussi : Dans Madaya assiégée, on a « oublié le goût du pain »)

 

Pas avant dimanche
L'Onu et le CICR doivent faire parvenir de l'aide aux habitants de Madaya mais aussi aux 20.000 habitants des deux localités chiites de Foua et Kafraya, encerclés par les rebelles dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Selon le porte-parole du CICR à Damas Pawel Krzysiek, l'acheminement de l'aide humanitaire aux populations de ces villes ne devrait pas commencer avant dimanche en "raison de sa complexité". "Il s'agit d'une opération énorme et complexe car elle doit être synchronisée entre Madaya, Kafraya et Foua et elle implique beaucoup de parties. C'est pourquoi je ne pense pas que cela puisse commencer avant dimanche", a-t-il dit.

"Logiquement, l'opération va commencer par le plus urgent. Le CICR et le Croissant rouge syrien (SARC) vont fournir l'aide médicale et le Programme alimentaire mondial (PAM) la nourriture, puis, par la suite, nous livrerons le reste comme des couvertures ou d'autres matériels", a précisé M. Krzysiek.
La distribution prendra du temps, a-t-il souligné, rappelant que qu'il avait fallu huit heures pour mener à bien l'opération la dernière fois que le CICR avait pu se rendre dans cette cité.

La dernière fois que des convois humanitaires ont pu atteindre les villes rebelles de Zabadani et Madaya ainsi que les localités de Foua et Kafraya remonte au 18 octobre.

 

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