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L'armée syrienne et le Hezbollah reprennent le contrôle d'une colline stratégique à Lattaquié

syrie

Tensions entre les Kurdes et le régime à Qamichli.

OLJ/AFP
16/12/2015

Les troupes loyales au régime syrien de Bachar el-Assad ont repris mercredi le contrôle d'une colline stratégique dans la province côtière de Lattaquié, berceau de la famille Assad, a rapporté l'agence officielle Sana.

Citant une source militaire, l'agence a indiqué que des unités de l'armée et des milices pro-régime avaient "pris le contrôle total du stratégique Jabal Nuba après avoir tué un certain nombre de terroristes".
Les forces pro-régime appuyées par l'aviation russe ont intensifié ces dernières semaines leurs attaques dans cette zone. Mercredi, elles ont mené des opérations militaires dans "une forêt dense et un terrain accidenté", avant de déminer la zone, a ajouté l'agence.
L'armée continuait à "resserrer l'étau" autour d'autres positions rebelles, y compris le village de Salma, contrôlé depuis plus de deux ans par les opposants au régime Assad et cible régulière des frappes russes. La Russie a commencé à intervenir militairement en Syrie le 30 septembre en frappant des groupes armés antirégime, des modérés aux jihadistes.

"Jabal Nuba a été la première ligne de défense du village Salma et il surplombe les principales routes d'approvisionnement des rebelles sur la route entre Lattaquié et Alep", a expliqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. L'ONG a confirmé que des forces de l'armée appuyées par des éléments du Hezbollah avaient pris le contrôle de Jabal Nuba.

Jabal Nuba, qui s'élève entre 500 et 800 mètres, surplombe l'autoroute Lattaquié-Alep, un axe stratégique qui n'est plus utilisé depuis 2012, et le fief rebelle de Salma, selon le géographe Fabrice Balanche.
"Sa prise permet de contrôler l'accès ouest de Salma tandis que l'accès oriental est déjà entre les mains de l'armée qui a beaucoup progressé sur la ligne de crête depuis septembre(...) La prise du Jabal Nuba annonce la chute prochaine de Salma, ce qui sera célébré comme une victoire majeure", a-t-il précisé.

Cette avancée de l'armée coïncide avec de violents affrontements dans les régions de Jabal Akrad et Jabal Turkman, a ajouté l'OSDH.  Le régime syrien tente en effet depuis des mois de reprendre plusieurs zones contrôlées par les rebelles à Lattaquié.
Le 24 novembre, des groupes rebelles ont tiré sur un hélicoptère russe l'obligeant à faire un atterrissage d'urgence près de Jabal Nuba.


(Lire aussi : Moscou et Washington annoncent une réunion vendredi à New York sur la Syrie)


Tensions entre Kurdes et régime à Qamichli
Par ailleurs, des accrochages ont eu lieu mercredi entre des combattants kurdes et des membres des forces pro-régime à Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, ont indiqué dans un communiqué les forces de sécurité kurdes. Les combats sont généralement rares entre les combattants kurdes et les forces pro-régime car ces deux groupes collaborent habituellement dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), très actif dans le nord-est de la Syrie.

Les accrochages ont commencé mardi soir après qu'un membre des services de sécurité du régime en état d'ivresse a ouvert le feu sur un policier de la circulation kurde, ont indiqué les services de sécurité intérieures kurdes, appelés Assayech. "Nos forces l'ont arrêté ainsi que neuf autres officiers", précise-t-on.
Mercredi matin, quand les Forces de défense nationale (FDN), la principale milice pro-régime, ont arrêté deux membres des Assayech, "il y a eu un accrochage entre les deux parties".
"Un de nos membres a été blessé et nous avons arrêté 11 miliciens pro-régime", ajoutent les Assayech.

Le contrôle de Qamichli est partagé entre le régime et les forces kurdes qui ont créé des "zones d'administration autonome" dans plusieurs parties du nord et du nord-est de la Syrie.
Les troupes syriennes et les combattants kurdes ont coordonné leurs opérations de sécurité dans la province de Hassaké, dont dépend Qamichli, où l'EI a tenté d'avancer.
Mais des tensions ont souvent lieu entre les deux parties en raison de la volonté du régime d'imposer la conscription obligatoire des jeunes, notamment kurdes.
"Récemment, les pratiques autoritaires du gouvernement contre des citoyens désarmés se sont accrues (...) sous le prétexte de recrutement et de conscription", ont indiqué les Assayech.

Les autorités kurdes ont proclamé en 2013 un régime d'autonomie dans les régions qu'elles contrôlent, notamment dans la province de Hassaké.
Le gouvernement syrien et les forces kurdes ont imposé chacun un service militaire obligatoire et des habitants se sont plaints de devoir les faire tous les deux.

Selon l'OSDH, au moins trois combattants kurdes ont été arrêtés par les forces du régime et des membres des forces gouvernementales sont détenus par les Assayech. Le directeur de l'OSDH a indiqué que le gouverneur de Hassaké, qui est nommé par le régime, avait été détenu brièvement mardi soir par les forces kurdes.

 

 

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