Liban - Économie numérique

Quinze start-up libanaises partent se faire accélérer à Londres

Le programme libano-britannique d'accélération de sociétés technologiques a lancé hier son deuxième volet qui permettra à quinze start-up de poursuivre leur formation en Angleterre.

Les start-up sélectionnées et les organisateurs du UKLTH. Photo D.R.

L'excitation était palpable dans la salle de la Banque du Liban (BDL) où 25 start-up étaient réunies pour recevoir leurs certificats de participation au programme du UK Lebanon Tech Hub (UKLTH). Entre mai et août, 45 d'entre elles ont suivi des sessions de formations intensives à Beyrouth. Début novembre, 15 s'envoleront pour Londres afin de conquérir les marchés internationaux. « Cette première étape à Beyrouth nous a aidé à développer notre plan d'affaires et renforcer notre stratégie marketing. Mais la vraie valeur ajoutée de ce programme est cette seconde phase à Londres : c'est l'un des premiers marchés du jeu à l'international ! », s'enthousiasme Lara Noujaim directrice marketing du développeur de jeux mobiles Game Cooks, dont les trois quarts des utilisateurs sont au Moyen-Orient. Une fois là-bas, six mois de mentorat et de réseautage les attendent avec des partenaires locaux, explique Lama Zaher, chargée de communication du UKLTH.

Compétition avec les meilleurs
Un parcours qui n'est pas dénué d'obstacles, reconnaît Colm Reilly, directeur général de l'UKLTH. « Ils seront en compétition avec les meilleures entreprises au monde et devront se différencier par leurs idées. » Il reste néanmoins confiant dans le potentiel des entrepreneurs, soulignant que l'un d'eux a déjà déposé un brevet aux États-Unis. Certaines entreprises, déjà solidement implantées à l'international, cherchent à cibler l'Europe en particulier, telle Roadie Tuner, un accordeur automatique de guitare relié à une application mobile, essentiellement vendu aux États-Unis, au Canada et en Australie.

« Nous voulons également travailler sur la conception d'un deuxième produit à partir de l'Europe », précise mystérieusement Bassam Jalgha, l'un des deux cofondateurs, qui refuse d'en dire plus. Lancé en 2013, la start-up est déjà passée par deux accélérateurs, dans la Silicon Valley aux États-Unis, ainsi qu'en Chine, où il a produit 9000 outils vendus 99 dollars l'unité. Basée à Beyrouth, l'entreprise y possède un atelier électronique où elle conçoit ses produits. « Nous aimerions produire au Liban, mais notre accordeur a besoin d'une certaine expertise qui existe peu ici. Lorsque nous avons approché des fabricants libanais à nos débuts, ils se sont moqués de nous ... », se souvient Bassam Jalgha.

Initialement, seules les 15 meilleures start-up devaient être sélectionnées pour cette deuxième phase du programme. Mais 10 autres ont finalement été choisies pour poursuivre leur formation dans la capitale libanaise. « En moyenne, dans ce type de programme, seulement un tiers des entreprises sont sélectionnées pour une deuxième phase plus poussée. Mais le jury s'est rendu compte qu'au vu de la qualité de leurs plans d'affaires et de leurs prototypes, ces start-up méritaient de continuer à travailler avec nous », rapporte fièrement Colm Reilly, directeur général de l'UKLTH.

(Pour mémoire : Une quarantaine de start-up libanaises espèrent décrocher leur billet pour Londres)

Cible régionale
Depuis Beyrouth, elles visent essentiellement le marché régional : « Cela n'avait pas de sens pour nous d'aller à Londres. Nous voulons encore travailler sur notre chaîne de production, qui est intégralement située ici. Nous sommes en négociation avec des écoles, des musées et des centres éducatifs aux Émirats, au Qatar et en Arabie saoudite. Là-bas, les jeux éducatifs progressent de 20 % par an et le secteur des musées est en pleine expansion », explique Sabine de Maussion, cofondatrice d'Urbacraft, qui propose un jeu de construction reproduisant n'importe quel environnement urbain, via un logiciel. Même son de cloche à Bluering, qui développe des logiciels pour le secteur financier et bancaire.

« Avec les ressources limitées que nous avons, nous préférons rester à Beyrouth afin de nous développer dans des marchés proches qui sont similaires aux nôtres », explique le PDG Farès Kobeissi. Déjà implanté en Jordanie, l'entreprise vient de développer un partenariat avec une banque à Bahreïn et multiplie les voyages d'affaires dans la région.
En subventionnant l'UKLTH à 100 % – pour un montant que les organisateurs n'ont pas souhaité communiquer – via sa circulaire 331 qui vise à développer l'économie de la connaissance libanaise, les intentions de la BDL sont claires : « J'espère que vous deviendrez riches et que vous paierez vos impôts au Liban », lance son gouverneur Riad Salamé. « Au total, 250 millions de dollars ont été investis dans ce secteur via la circulaire. Ce type de montant est rare, et j'espère qu'à terme, nous pourrons garder nos talents afin qu'ils créent des entreprises au Liban et augmentent la compétitivité du pays. »

 

*Cet article a été modifié le 9 octobre 2015 à 13h.

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